Les Orientaux même poussent si loin le respect de la
vie qu'ils se refusent à ce massacre final et préfèrent sacrifier la beauté de leurs soies. Le cocon une fois percé par
le papillon se dévide à grand peine et ne donne qu'un fil irrégulier .
L’étouffage est très important au point de vue économique, puisqu'il oblige le filateur à resserrer ses achats dans un très bref délai : il doit se faire dans les quinze jours, suivant la température. C’est de plus une opération délicate, parce qu'il faut éviter que le fil de soie ne souffre des diverses manipulations.
Aussi a-t-on essayé plusieurs systèmes.
On a expérimenté sans grand succès des étouffoirs par le froid, appelés « glacières ».
On a essayé aussi l’acide sulfureux, l'hydrogène sulfuré, les vapeurs de sulfure de carbone, le gaz ammoniac; mais M. Francezon (1) a prouvé que l'emploi de pareils procédés avait une influence fâcheuse sur le rendement.
Le système usuel qui donne de bons résultats est le suivant : on a dans un endroit clos des caissons à claire-voie superposés, dans chacun desquels on met environ 6 kilos de cocons ; et dans lesquels on fai passer pendant cinq minutes de la vapeur humide. Avec une équipe composée de 1 étouffeur et de 4 femmes on peut ainsi tuer 3.000 chrysalides à la fois.
Un autre bon procédé, auquel la filature reconnaît des avantages, est celui de l’étouffoir à air chaud : avec un courant d’air chaud à 80 degrés ou de la vapeur d’eau à une température également élevée.
1. Note pour servir à l'étude de la soie, par Paul Francezon. Lyon, 1880.