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Ce système est préconisé surtout dans les grandes exploitations parce qu'il supprime l’étendage, opération qui doit suivre l’étouffage. En effet, avec les étouffoirs à air chaud les cocons sont complètement secs après quelques heures (de trois à cinq): on n’a plus besoin des grands locaux appelés «coconnières » qui contiennent les claies sur lesquelles on doit placer les cocons pour les laisser sécher.
Avant l’étendage, le filateur fait procéder à un triage sommaire pour retirer les cocons morts ou « chiques » : comme ce cocon mal venu se pique facilement, il pourra en tirer parti en le filant tout de suite.
Le dévidage du cocon percé est difficile, non pas parce que le fil de soie est rompu, et n’est plus continu, ce qui est rare, mais parce que pour être dévidés les cocons doivent surnager dans la bassine où ils sont placés. Or, s’ils sont percés, l’eau pénètre, ils tombent au fond et le dévidage devient impossible.
Après ce triage, les cocons sont placés sur des claies.
Il faut les remuer souvent pendant le premier mois afin que la chrysalide ne porte pas toujours sur le même endroit du cocon: ce qui pourrait en altérer le tissu.
Enfin, la dernière opération avant l’utilisation du cocon est le tri.
Tous les jours, des trieuses ont pour travail de mettre de côté les cocons abimés et de séparer les cocons simples des cocons doubles, dont le filage est prévu dans les lois de 1892, 1898 et 1909 (1)
(art. 4).
Le cocon peut maintenant être dévidé, et voici dans quelles conditions l'opération sera faite.
La fileuse a un appareil dont les éléments principaux sont :
a) Une bassine : récipient destiné à l’eau chaude où trempent les cocons;
b) Un jette-bout : disque métallique maintenu audessus de la bassine et doué d’un rapide mouvement
1. &« Le plus souvent, dit Malpighi, chaque ver à soie fait un seul cocon; mais parfois ils se mettent à deux pour un cocon unique et entremêlent leurs fils à tel point qu'il est impossible de les dévider ensuite sans les rompre, ces cocons sont deux fois plus épais que les autres et formés d'environ 12 couches soyeuses; ils n’ont aucune cloison au dedans; la cavité qu'ils offrent est donc simple. Extérieurement leur forme est bien différente de celle des autres; pourtant presque toujours ils sont plus ramassés et plus larges ; on dirait que les 2 cocons qui les composent ont été juxtaposés et réunis en un seul.
» La proportion de leur production en France est de 5 à 6 0/0.»
La dernière statistique du ministère du Commerce sur les primes à la filature indique qu'il y a deux filatures dans le Gard qui ne filent que des cocons doubles. En 1908, La filature de Bagnols-sur-Cèze avec 5% bassins a produit 7.623 kgr. 227, et la filature de Codolet avec ses 38 bassines a filé 8.654 kgr. 280 de soie.