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première ponction avec le trocart de l’aspirateur Dieulafoy. Cette ponction donna issue à 1.200 grammes environ d’un liquide ambré qui, par le refroidissement, se prit en caillot. Examiné au microscope celiquide contenait une grande quantité d’embryons de la filaire de Wucherer. Leurs caractères morphologiques parurent identiques à ceux des embryons décrits par Crevaux et figurés dans l’ouvrage de M. le professeur Nielly.
Plusieurs observateurs purent les étudier. Ils furent notamment vus par les D's Legras, Mac-Auliffe, Nègre. La quantité d’embryons contenus dans ce liquide était telle que sur chaque préparation microscopique on pouvait en découvrir de cinq à six.
Cette première ponction fut suivie d’un grand nombre d’autres qui furent pratiquées à des intervalles de douze à quinze jours, suivant le plus ou moins de rapidité avec laquelle la tumeur se reformait.
Ces nombreuses saignées lymphatiques ne paraissaient pas, du reste, nuire à la malade. La grossesse suivit son cours normal. A chaque ponction il fut possible de constater dans le liquide extrait, la présence de nombreux embryons de filaires.
Vers le 1®* décembre, à la suite d’une dernière ponction, la malade fut prise tout à coup d’un violent frisson suivi bientôt d’une élévation considérable de la température. Le thermomètre accusa 40° 4. En même temps la région de l’aisselle se tuméfiait, elle était rouge, douloureuse et on voyait apparaître tous les symptômes d’un phlegmon diffus. Pendant plusieurs jours la vie futen danger par suite du développement d’une lymphangite généralisée. Des plaques érysipélateuses se montrèrent dans diverses régions du corps. Ce fut pendant le cours de cette redoutable complication que la malade accoucha prématurément d’un enfant mort.
Malgré toutes ces circonstances, la convalescence put s'établir. Le phlegmon de l’aisselle entraîna la suppuration de tout le tissu cellulaire de la région, les symptômes généraux s’amendèrent peu à peu, et, trois mois après, la malade pouvait reprendre ses occupations. SP
Elle est aujourd’hui, 16 août 1885, parfaitement guérie et ne présente plus aucune trace de la tumeur. |