OBSERVATION X
(PERSONNELLE
Eléphancie de la ‘jambe gauche. — Lymphangectasies HÉNIES AO chylurie. — Embryons de la filaire de Wucherer.
Mie R..., âgée de vingt-Cinq ans see créole de Maurice, est atteinte pour la deuxième fois d’hémato-chylurie. Elle pré-
sente une éléphancie de la jambe gauche qui s’est développée à :
la suite de plusieurs crises érysipélateuses avec fièvre. D’autre part on constate dans les régions inguinales des tumeurs molles, fluctuantes, du volume du poing. Ces tumeurs ne gênent pas la malade au moment où elle se soumet à l’examen en juillet 1882.
M'e R... est atteinte depuis deux mois d’hémato-chylurie. Elle a déjà été atteinte de cette affection en 1880 et celle-ci na cédé qu'après six mois et demi. Les urines présentent tous les caractères des urines d’hémato-chylurique, elles sont abondantes et cette lympho-hémorrhagie fatigue beaucoup la malade qui est très pâle, très anémiée.
Examinés à plusieurs reprises, les caillots sanguins contiennent de nombreux embryons de la filaire de Wucherer.
Malgré le traitement le plus rationnel mis en vigueur, malgré son séjour assez prolongé sur les hauteurs, aux environs de Saïnt- Denis, malgré la médication empirique à laquelle M®° R... avait eu recours, son affection, qui avait semblé s’amender un peu, récidivait dans le courant de novembre. Traitée à Salazie, la guérison ne fut pas obtenue. Quelque temps après elle partit pour l'Ile Maurice; il a été impossible de savoir ce qu'elle était devenue.
Ces observations où nous voyons réunis des cas d’éléphantiasis, d’hémato-chylurie, de lymphangites, de dilatations variqueuses, de tumeurs lymphatiques, etc., semblent bien
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Me prouver la coïncidence qui existe entre les diverses aïfections dévolues à la présence de la filaire de Wucherer dans l'organisme.
Le cadre de ces affections est considérable ; et, en effet, dans ce groupe viennent se ranger : l’hématurie chyleuse de Wucherer, l’éléphantiasis des arabes, le scrotum lymphatique (Lewis, P. Manson, Araujo, Félicio dos Santos), la pachydermie lactifiuente (Fuchs), certaines diarrhées de l'Inde (Lewis), des dermatoses, craw-craw (O'Neill, Araujo), des lymphangites, des hydrocèles, des orchites, etc. :
«Toutes ces maladies, dit Da Silva-Lima, sont liées à la même individualité étiologique et représentent les symptômes très variés d'une même infection parasitique animale, l'helminthiase de Wucherer, appellation qui consacrerait le titre incontestable de l’éminent professeur de la Faculté de -Bahia, à la découverte du parasite embryonnaire (1). »
Nous le voyons, l’hématurie d'Égypte ne rentre pas dans ce groupe pathologique; l’hématurie d'Égypte, en effet, reconnaît pour cause, non la filaire de Wucherer, mais le. distome de Bilharz (Distoma Bilharzia), et ce n'est pas du tout une maladie semblable à l’hémato-chylurie, d’origine Wucherienne.
Un seul symptôme est commun, le pissement de sang’, et encore ce symptôme peut-il manquer dans la chylurie proprement dite, car il y a des urines chyleuses d'emblée.
« À la Bilharzia revient done l'hématurie d'Egypte, du «Cap, simple, non chyleuse, symptômes d’altérations vési- « cales, dont l’origine vermineuse n'est plus mise en doute, « une certaine forme de dysenterie propre au même pays, un « groupe de troubles pathologiques mal définis. L'ensemble « de ces affections constitue un groupe pathologique qu’on « pourrait englobersous le nom d’Ae/minthiase de Bilharz (2).
Q) Arch, mé. nav., t. XXIX, p.202. : 4 (2) DA Sizva-Lima, Trad. et analyse de Bourel-Roncière; 4rch. de méd. nav. p- 213, mars 1878.
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