‹ Étude sur la filiaire de wuchererChapitre 26 sur 29 · DT PE ST RE NS CPE PUR A · texte numérisé non relu

DT PE ST RE NS CPE PUR A

VS DE d’une augmentation dans les chiffres de l’urée et de l’acide urique éliminés, que la chylurie comme l’albuminurie débute par l’hématurie, que la polyurie à été souvent observée dans l’hémato-chylurie (nous avons constaté ce fait dans nos observations personnelles, observation VII) qu’il y a polyphagie dans le diabète, l’albuminurie et la chylurie, et qu’enfin, dans ces trois affections, il y tantôt conservation de la santé, tantôt cachexie consécutive.

La physiologie semble donc rendre compte de tous les phénomènes, et cette doctrine émise par le docteur Guès semble donc bien ressortir des opinions que nous allons maintenant énumérer.

Théorie du sang graisseux

«Les urines chyleuses ressemblent au sang d’un animal en digestion ou plutôt à celui des oïes que l’on engraisse.... Il en est de la graisse du sang, comme du sucre; de même que le diabète est dû à l’exagération de la fonction glycogénique du foie, de même l’état laiteux du sang vient de l’exag'ération de la propriété de cet organe de faire de la graisse (1).»

Cette opinion est aussi soutenue et développée par les professeurs Robin et Bouchardat. Ce dernier signale en effet, dans l'Annuaire de Thérapeutique de 1862, que « la graisse des urines dites chyleuses présente toutes les propriétés des graisses du sang ef non du chyle. Il y a donc non pas chylurie ou lymphorrhagie, mais pimélurie avec hématurie.

M. le professeur Picot indique lui aussi ce passage de la graisse dans l'urine: «Lorsque l'obésité ou la polysarcie sont arrivées à un degré extrême, que le sang est surchargé de graisse, il est fréquent de voir s'établir, chez les sujets atteints, une évacuation de matières grasses par la voie intestinale... Les urines elles-mêmes peuvent contenir de

(1) CI. Bernard, Liq. de l’organisme, 1829, t. 11, page 141-143.

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la graisse qui provient du plasma sanguin. Chez les obèses et les polysarciques la quantité des urines n’est généralement pas augmentée (1).

MM. Leroy de Méricourt et Layet pa l’hématochylurie par « une altération rapide des hématies qui, avant

d’être rejetés au dehors perdent leur forme, deviennent

crénelés, muriformes, laissent échapper, sous forme de granulations, leur graisse de composition, et finalement se résolvent en détritus granuleux (2) ».

Enfin, M. Monvenoux a publié dans un long mémoire les résultats de sesnombreuses investigations. « Certaines maladies, dit-il, présentent toujours des matières grasses dans l'urine, ce symptôme dominant les autres, telles sont la chylurie et l’hémato-chylurie, la lipurie, la galacturie, l’éclaïurie, dans lesquelles les urines sont chyleuses, graisseuses, laiteuses, huileuses (3). »

Telles sont les théories physiologiques émises pour expliquer la production de l’hémato-chylurie. Voyons maintenant celles que l’on a présentées pour expliquer la nature de l’éléphantiasis, en dehors de la cause parasitaire,

L’éléphantiasis, éléphantiasis des Arabes, lymphangite réticulaire et vasculaire des pays chauds (Mazaé-Azéma), lymphangite superficielle (Vinson) jambe des Barbades, lympho-serotum (Manson, Lewis, Bancroft), règne presque exclusivement dans les climats torrides et dans les climats chauds. Très répandu dans l’Hindoustan, nous le trouvons aussi assez fréquemment à la Réunion et à Madagascar. Ajoutons qu'il a été aussi observé en Espagne et au Japon.

Cest en se basant sur ce fait, que l’éléphantiasis ne règne

(1) Les grands processus morbides, par J.-J. Picot. (2} Article Ile Maurice et Réunion, Dict. encycl. des sciences médicales, t. IV, 3me série.

(3) Revue scientifique, année 1885, p. 601.

que sous les climats torrides, que les théories non parasitaires cherchent à expliquer la production de cette singulière affection.

En effet, l’'éléphantiasis ne s’observe guère que chez 1 : races colorées, chez les indigènes des pays torrides soum: aux causes d’anémie, de déchéance organique, si commun s$ sous ces climats. Les causes prédisposantes sont nombreuses : mauvaises conditions hygiéniques, malpropreté, misère physiologique, paludisme invétéré, syphilis, cette diathèse si commune dans ces pays, semblent tous concourir d’une part à l’appauvrissement du sang, à la déglobulisation, de l’autre à la torpeur des actes de la dénutrition, torpeur qui entraîne avec elle un engorgement plus où moins considérable du système lymphatique : « Anémie et lymphatisme sont sans aucun doute les attributs manifestes des éléphantiaques. » (Mazaé-Azéma, Mac-Auliffe, Laure.)

Que la peau maintenant vienne à être atteinte dans sa vitalité et l’éléphantiasis peut apparaître. Les causes qui peuvent ainsi atteindre l'intégrité de la peau sont nonbreuses : les coups, Les blessures, les contusions, les coups de soleil si fréquents, les érysipèles à répétition si communs dans les pays chauds, la malpropreté qui entraîne avec elle une série d’éruptions à manifestations plus ou moins profondes, eczéma, ecthyma, etc., la suppression de la transpiration sous l'influence des changements brusques de température, sont des raisons plausibles pour expliquer, en dehors du parasitisme, la production de cette maladie éléphantiasique, relativement si répandue dans les colonies.

Disons aussi que l’on a voulu attribuer à l’éléphantiasis une origine purement palustre et considérer cette maladie comme une des formes multiples de l’intoxication paludéenne. On voit cette opinion exprimée par Parner (1), mais

(1) Gaz. méd., de Paris, 1835.

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