‹ Etude sur la folie puerpéraleChapitre 12 sur 17 · OBSERVATION IL · texte numérisé non relu

OBSERVATION IL

Lypémanie avec prédominance d’idées réligieilseè, à, la suite de couches.

Heureuse convaléscence.

( Service de M. le docteur Dauby ).

Là nommée Mélà'nfe G., âgée de 40 ans', était admise pour lâ première fois, au, mois de mai 1876, à Tasile de Saint-Alban, ët voici quels sont les renseignements que noufe 'aV'bns pu recueillir àùprès du inari dè la malade.

Il y à deux mûis'q;ù'é Mélànie G. ^présentait des signés d’aliénatioh mentale, et c’est quinze joUrs aphès Un àccbüchemettt’, qui d’ailleurs s’était fait d’une façon très-régulière, que Ton constata les troublés ’pSychiqu'ëè, carkctéiAséè d’aboïd par dès idées

bizarres, et ensuite par de véritables accès de manie. Ces troubles intellectuels coïncidèrent avec un embarras gastrique assez intense, et depuis ce moment, notre malade mange très-irrégulièrement ; elle a même passé plusieurs jours sans vouloir prendre aucune nourriture.

On constate des perversions sensorielles du côté des organes de la vue et de l’ouïe; elle voit très-souvent, pendant la nuit, des fantômes, des animaux et peut-être aussi des personnages religieux ( bon Dieu, Sainte-Vierge, etc. ). Ellé entend des voix qui l’accablent et l’injurient. v

Antécédents. — Jusqu’à l’âge de 18 ans, Mélanie G. a joui d’une excellente santé ; mais à cette époque, elle eut une fièvre typhoïde très-grave, qui fut suivie d’une convalescence très-pénible ( et il est bon de signaler qu’on n’a observé aucun trouble psychique). Elle se marie à l’âge de 24 ans, et depuis cette époque, elle n’a jamais été sérieusement malade ; seulement elle avait très-souvent la migraine et avait un caractère très-impressionnable.

Le mari, d’une intelligence assez obtuse, homme d’ailleurs brusque, n’avait jamais compris cette susceptibilité en quelque sorte maladive de sa femme. Des querelles s’élevaient fréquemment, et Mélanie G. avait été obligée de quitter à trois ou quatre reprises le domicile conjugal.

Trois enfants sont issus de cette union: deux sont morts, l’un à l’âge de trois ans à la suite d’un accident, l’autre à la suite de convulsions, enfin le troisième vit et sa porte très-bien jusqu’à aujourd’hui.

Ascendants. — Nous ne possédons sur eux aucun renseignement sérieux; quant aux collatéraux, une sœur a eu des attaques d’hystérie.

■ État de la malade à son entrée. — Mélanie G. ne répond pas aux questions qu’on lui pose et paraît vivre dans un monde tout-à-fait imaginaire ; au commencement de la visite, nous la trouvons à genoux, aux pieds de son lit. Pressée de questions, elle dit enfin qu’elle demande pardon à Dieu des fautes qu’elle a commises, car elle est indigne d’être mère. Les perversions sensorielles signalées par le mari sont confirmées par l’examen auprès de la malade.

Rien de particulier à signaler du côté de la sensibilité générale. Au point de vue physique, l’état de cette malade est très-mauvais ; on constate de l’amaigrissement et même de l’inanition, une odeur gastrique très-forte s’échappe de son haleine ; sur les gencives, ont voit des ulcérations qui nécessitent un traitement assez énergique et qui prouvent son état adynamique profond.

Mélanie G. est visitée ainsi pendant trois semaines environ ; grâce à un traitement général tonique et reconstituant, la malade reprit un peu d’embonpoint et son état sohiatique et intellectuel s’améliora. Elle commença à s’intéresser aux personnes et aux choses qui l’entouraient et demanda à s’occuper.

Les hallucinations devinrent moins fréquentes et la malade était en bonne voie de guérison, au moment où nous avons quitté l’asile.

Voici les principales prescriptions employées : vin de quinquina , 100 grammes chaque jour; fer réduit par l’hydrogène, 25 centigrammes au repas. Potion; chloral.

1 gramme chaque jour.

Collutoire : décoction de quinquina. 50 grammes

— de feuilles de ronces. 50 —

— alun. 4 —

— miel rosat. 30 —

Au commencement de la convalescence, on institua un traitement hydrothérapique consistant en douches générales froides, de deux à trois minutes. Le travail manuel, les courses à la campagne, l’air vif des montagnes ont aussi contribué à la guérison.

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