‹ Etude sur la folie puerpéraleChapitre 14 sur 17 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Premier accouchement, manie. — Deuxième accouchement, lypémanie à, forme dépressit/ie. — Guérison.

Madame V... née P..., âgée de 32 ans;, a été atteinte de manie puerpérale à la suite d’un premier accouchement, qui eut lieu le 18 août 1874.

Ce premier accès d’aliénation mentale fut caractérisé, d’après les notes transmises par notre père le docteur Chabanon, par une irrascibilité extraordinaire qui la poussait à des menaces et à des voies de fait, noii-seulemerit contre les personnes qui l’approchaient, mais encore contre son enfant lui-même, si bien qu’on fut obligé de soustraire ce dernier à sa vue. Elle était souvent sous l’empire d’idées homicides, et son état exigeait alors une surveillance continuelle.

Cette folie dura six niois environ ; à partir de ce moment, les accès devinrent de plus en plus rares et disparurent insensiblement.

Nous croyons devoir signaler, que, malgré un délire aussi irttense, la malade ne fut envoyée dans aucun asile.

Il y a deux ans et demi environ,^ nous avons soigné cette femme pendant sa grossesse; elle était très-irrascible, se livrant parfois à des gestes furieux, à des paroles désordonnées, mais sans voies de fait.

Après l’accouchement qui fut naturel, cette femme tomba tout-à-coup dans un état de dépression profonde : elle voyait tout en noir, se plaignait de tous ceux qui l’entouraient. Continuellement obsédée par des visions terrifiantes, elle se tenait accroupie-dans un coin de sa chambre, implorant le pardon de tous ceux que la curiosité attirait auprès d’elle. Pressée de questions, elle nous répondit à grand’ peine qu’elle était indignée de vivre et qu’on ne pourrait jamais lui pardonner les fautes qu’elle avait commises. Nous l’invitons alors à calmer ses sens et à prendre quelque nourriture pour réparer le délabrement profond dans lequel elle était plongée. En présence de son mari, .et pour nous assurer s’il n’y avait pas une relation intime entre la suppression lochiale et les manifestations cérébrales, nous proposons de faire l’examen des organes génitaux. Elle se mit alors dans une très-grande colère et nous dûmes nous borner à recueillir les renseignements du mari. Il nous affirma que depuis les premières manifestations délirantes de sa femme, il y avait eu suppression de tout écoulement, et que la sécrétion mammaire elle-même était considérablement diminuée.

Ce deuxième accès dura trois mois environ et fut tour-à~tour traversé par des périodes de calme et d’agitation. Enfin une amélioration progressive s’établit, et sous l’influence du travail à la campagne, des soins affectueux de son entourage, elle reprit ses anciennes habitudes et demanda son enfant, que nous avions prudemment

éloignée d’elle. Maintenant elle a repris définitivement son ancien genre de vie, et se souvient très-bien des moindres détails de son délire.

Le traitement que nous avons institué a été basé sur les indications suivantes : relever avant tout l’état anémique de cette malade, que la saignée intempestive d’une sage-femme avait aggravé.

En même temps, des moyens hydrothérapiques furent employés. Les fonctions digestives, troublées et caractérisées par une constipation opiniâtre, et l’état saburral des premières voies fut, combattu par des purgatifs légers et souvent répétés (eau de Sedlitz, un verre tous les jours).

Sirop de quinquina et sirop d’écorces d’oranges amères.

Antécédents héréditaires. — Si nous remontons aux causes qui ont pu provoquer ces différents accès d’aliénation, nous trouvons du côté de l'hérédité : mère dont la faiblesse originelle des fonctions intellectuelles est manifeste. Père d’un caractère violent et emporté, d’une avarice sordide. Ajoutons du côté des parents un mariage consanguin avec lymphatisme et scrofule, séjour prolongé dans des habitations huîs, où nous avons observé souvent le goitre et le crétinisme.

- D’une mauvaise constitution, d’un tempérament lymï (engorge mglionnaire) , d’une forte complexion, la femme P. ..

sions : elle a été réglée à l’âge de 16 ans , et s’est iseignements au point de vue pathologique ; notons inné défectueuse, l’étroitesse du front et la petitesse

du crâne proportionnellement à la face.

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