‹ Etude sur la folie puerpéraleChapitre 5 sur 17 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Un ancien professeur de Montpellier s’exprime ainsi dans son discours préliminaire sur la manière d’observer et d’étudier les maladies chroniques : « On ne doit pas s’attendre à y trouver l’intérêt soutenu que procurent, dans les maladies aiguës, la rapide succession des phénomènes et l’étonnante singularité des événements » (2).

Cette proposition ne nous paraît pas d’une exactitude parfaite pour la ■ folie puerpérale ; ici, en effet, on trouve surtout, au début de la maladie,

(1) H. Byasson, thèse de Paris, 1868.

(2) Gh.-L. Dumas, Doctrine générale des maladies chroniques.

des symptômes p^cessÎYfinjient variés ^et souvent très-inobUps ; l’état fébrile qui complique presque toujours cette affection vient pléter la scène e^t rendre le diagppstic très-difficile pour les j;çédecins qui n’ont pas l’habitude (Tobserver les malades atteintes de ,vésanie.

Dans l’éfude du diagnostic de ja folie puerpérale, nous paeeerons successivement e,n revue maladies des différents appareils et pfga,n,es q,ui peuvent, par leprs manij^estetions, présenter cee);ains peints dp ressemblance avec la folie des pouvelles accouchées.

Nous commencerons notre description par l’éjt.ude des nia,lhdie,s du système nerveux , et ce sont les affections piguës du cerveau , aipsi qup les manifestations eëjCéphalique^ dë s différentes diathèses, qui nous occuperont principalement.

délire que l’on constate cfiez les femmes en couches, peut ê,tre SQUs la dépendupce d’upe fièvre'soit éruptive soit essentielle.

.'foptes Ips pyrexies peuvenjt yenir compliqner l’élnt puerpéral et provoquer un délire qui pourra faire croire à un açcès de manie.

hes phéponiènes cérébraux que l’on observe très-souvent dans la fièvre typhoï’de ) peuvent induire |e médecin en erreuy, e|; réciproquenaent, cppame Je dit Moycé, la manie puerpérale qui coexiste fréquemnient avec la sécheresse de la langue , de la doujeur qJ)dominaIe, de Je fièyre, peut à son début, et quand le délire est peu intense , donner pendant quelques jours l’idée d’une fièvre typhoïde.

La folie puerpérale peut être confondue avec une fièvre cérébrale ou méningite. En effet, si dans, les cas ordinaires, la méningite présente des symptômes qui permettent de la reconnaître assez facilement des autres maladies, il n’en est plus de même lorsque cette affection éclate chez une femme en couche ; les vomissements , Passoupissement ou l’agitation , l’état du pouls, etc., peuvent alors être rattachés à la puerpéralité , lorsqu’au contraire ils sont sous la dépendance de la lésion encéphalique. Et qu’on nous permette de dire ici, qiëun médecin qui se trouve en présence d’un individu qui délire et qui a de la fièvre^ doit examiner attentivement et longtemps un .malade , avant de pronojacer le mot: aliénation mentale.

On faiit admettre, én eé^et, chaque année , dans les asiles d’aliénés un nombre considérable de malheureux qui arrivent dans les états les plus déplorables: fièvre intense, maigreur considérable, fuliginosités, etc. La plupart du temps, ces malades meurent quelques jours après leur admission, et ràut'ôpsie révèle qu’ilL ont succombé à la suite de granulie ou d’une alfection tjphique quelconque , méconnue par le médecin étranger a rétablissement.

Le délire, dans l’état puerpéral, peut n’être qu’une manifestation d’unè diathèse, et dans ce cas la connaissance précise des antécédents de la malade, surtout au point de vue héréditaire, rendra de précieux services au liièdecin.

La cHbrée peut se manifester par des accès de manie, dés hallucinations ou bien par une lypémanie â forme dépressible (1); or, par suite, oïl comprend très-bien toute l’importance qu’il y ade savoir si la malade en préséiice" de laquelle on sé trouve a ètè, soit dans son enfance, soitàl’âge de la puberté, éii proie à des accès choréiaueè.

Puisque nous venons dé parler de chorée, nous croyons qu’il n’est pas déplacé de dire ün mot de la diathèse rhumatismale. Tout le monde connaît, surtout depuis les travaux deBotrel dans sa thèse inaugurale, et de Germain Sée (2), le rôle important que joue cette diathèse dans la production de la chorée et même dans la manifestation d’accidents cérébraux. Le rhumatisme cérébral devient dé plus en plus fréquént, et l’on a très-souvent à soigner des' malades qui sont atteintes de cette terrible affection ; aussi, lorsqu’on se trouve en présence d’une nouvelle accouchée qui délire, oh doit, avant dé poser lin diagnostic, s’enquérir pour savoir si céé troublés cérébraux ne sont pas sous la dépendance de la diathèse arthritique.

L’herpetîsnié, la diathèse tuberculeuse peuvent se manifester cHez les fèmrriëé en couchés par des troubles psychiques ; mais nous ne ferons que citér cés états morbides, pour arriver au diagnostic des différentes

(1) Trousseau, Clinique médicale, t. II, p. 240.

(2) G. Sée, Dé la chorée (Mém. de l’Acad. de méd., 1850).

névroses qui peuvent être confondues avec fa folie puerpérale, et principalement l’épilepsie larvée et l’hystérie.

Au premier abord, il semble étonnant que l’on vienne parler d’épilepsie au sujet de folie puerpérale ; mais cette névrose revêt des formes si variées, que nous croyons qu’il faut toujours, en médecine mentale, se tenir en garde contre celte terrible affection. Ainsi, une femme peut avoir eu des absences épileptiques dont personne-ne se soit aperçu; l’état puerpéral arrive, et ces deux causes réunies peuvent provoquer un accès de fureur qui sera bien plus sous la dépendance de l’épilepsie que de la puerpéralité.

Un accès d’hystérie peut être pris pour une manie ; on remarque, en effet, chez les hystériques, des perversions sensorielles et une loquacité qui se rapproche beaucoup de la manie. D’autres fois, c’est un délire lypémaniaque qui domine, mais dans tous ces cas, les antécédents du sujet aident le médecin à poser un diagnostic. Souvent même, en présence du docteur, les malades sont prises d’attaques d’hystérie qui ne permettent plus d’avoir des doutes sur la nature de la maladie.

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