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prit de Ihomnie est un rayon émané ou découlant •'de l'Intelligence Suprême, ou bien si. du néant, elle a été appelée à l'existence par un pur acte de volonté de la Puissance Infinie qui l:i doua d'immortalité et d'une intelligence à l'image de l'Intelligence Divine ; dans les deux cas, on peut dire que, chez l'homme, le Divin est uni à l'Humain. Le Triangle equilateral inscrit dans le Carré est un symbole de cette union ».
Pike reprend : « Nous voyons l'âme, dit Platon, comme les hommes virent la statue de Glaucus retirée de la mer où elle avait été enfouie pendant de nombreuses années. Lorsqu'ils la virent, il ne leur fut pas facile, en admettant qu'il leur fût possible, de discerner quelle avait été sa nature originelle. Ses membres en partie brisés, et le reste usé et défiguré par l'action des vagues et par les coquillages, les roseaux, les cailloux y adhérant, elle ressemblait plutôt à un monstre étrange qu'à ce qu'elle était lorsqu'elle quitta la Source Divine. Ainsi, dit-il, nous voyons l'âme déformée par une multitude de choses qui l'ont blessée, mutilée, défigurée. Mais le Maçon qui possède le Secret Royal, peut ici discuter avec le philosophe et lui montrer qu'étant donné l'amour qu'a l'âme de la Sagesse, ses tendances à s'allier avec ce qui est divin et immortel, ses aspirations élevées, ses combats — même alors qu'ils ont abouti à la défaite — contre les obstacles que lui opposent les sens et les passions, et l'esclavage où ils voudraient la tenir, on peut affirmer que. lorsqu'elle aura été dépouillée de la matière qui l'entoure et qui l'a subjuguée, lorsqu'elle aura été débarrassée de la gangue qui la déforme, la défigure, l'âme retrouvera sa vraie nature, et qu'elle s'élèvera par dfegrés, au moyen de l'échelle, mystique des sphères, pour regagner son premier séjour, son lieu d'origine ».
Non, l'initié ne discute pas sur les termes de la Genèse ; il les accepte sans mol dire avec la théorie kabbalislique des émanations. Que la créature soit une parcelle de Divinité et par conséquent ne fasse qu'un avec la Substance Divine ; que, de l'abîme du néant, elle ait été appelée à l'être, et soit alors tout à fait distincte de la substance divine, voilà des considérations qui sont de pures bagatelles pour l'initié, puisque, dans les deux cas, nous avons l'union du Divin et de l'Humain I Dans la première hypothèse, les deux sont identifiés ; dans la seconde, ils sont distincts et non identifiés — de telles puérilités ne sont pas pour troubler la surface placide d'une intelligence maçonniquemenl éclairée.
Pauvre Divinité, disons-le, que celle qui habite dans l'homme défigurée par le temps, la passion, la matière ! La matière est éga-
lemenl une émanation de celle même Divinité, sidentifie avec elle, et cependant elle dégrade, défigure et déforme le rayon de feu divin qui pénètre notre cerveau et devient notre àme ! Illumination merveilleuse I II n'est pas étonnant que le F.-. Mackey exulte à la pensée de faire de cette illumination le caractère distinclif de notre espèce. « Reliiez à la Franc-Ma(;onnerie son symbolisme, dit-il', et vous aurez enlevé le corps à son âme, ne laissant subsister qu'une masse de matière inerte et sans vie, destinée à se corrompre rapidement ».
Cependant, toute défigurée et dégradée que pui.sse être lame ; bien qu'elle se soit vautrée dans la fange du vice, il est une chose dont le F.'. Pike est certain: c'est qu'il n'y a pasdenfer. Il va nous l'apprendre. tout en nous révélant une découverte lilléraire.
« Les commentaires et les études sur la Divine Comédie, œuvre de Dante, se sont multipliés, dit-il -, et malgré cela, personne, à notre connaissance, n'a fait ressortir son caractère spécial. L'œuvre du grand Gibelin est une déclaration de guerre à la papauté, par la révélation audjicicuse qu'elle fait des Mystères. L'épopée de Dante est Johannite et Gnostique ; elle est, comme l'Apocalyps^e, une application osée des figures et des nombres de la Kabbale aux dogmes chrétiens, et une négation tacite de loul ce que ces dogmes conlienneut d'absolu. Le voyage du poète au travers des mondes surnaturels s'accomplit comme l'initialion aux Mystères d'Eleusis et de Thèbes.Il s'fchappe du goufTre de l'Enfer, sur la porte duq lel on lisait la phrasu' tlu déses|)oir, en renversant la position (.le sa tète et de ses pie is, c'est-à-dire en prenant la contrepartie du dogme catholicpie ; puis i! remoiite vers la lumière en se servant du Diable lui-m'* m-, comme d'échelle monstrueuse, comme Faust monte au ciel en miM,t;uit le pied sur la télé de Méphislophelès vaincu. L'enfer n'est infranchissable que pour ceux qui ne savent en revenir. Nous nous dégageons de ses chaînes à force d'audace ».
Ce n'est pas l'audacr pnjpremcnt dite, nuiis une certaine audace, F.-. Pike, qui nous délivicra de l'enfer. Ce n'esl pas l'audace qui consisle à melLre nos pieds là où devr.dl être n<jtre tète. et vice versa. mais c'est en gardant nuire tète et nos pieds dans la position convenable où Dieua vouliiles mettre, alin»picnouspuissi(jnssuivre Ifslois de notre nature Idles (|u"ll les a élablics, cl non en les relouiiiani kabbalisliquenK'iit. Ilesl j)lusgrave que vousne le pensez desenaller la lèleen avant en enfc]-. Selon toute pr(jbabililé,vous n'aurez guère occasion <le ienvei>er [)lus tard voire allilude. Nous louons l'au-
1. Si/nilinlism nf f'rri'niiisonry, p. 7'2. ■J. M omis (ind hoi/nui, p. H22.
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da:e raisonnable, mais nous blâmons la folle témérité. Cette question est beaucoup trop grave pour pouvoir être tranchée par un simple haussement d'épaules ou par un sourire dédaigneux. Notre pensée ne fait pas davantage lé ciel et l'enfer qu'elle ne les déti'uil; notre pensée ne crée ni ne détruit la i-éalité que nous sommes ou celle du monde qui nous entoure. Les partisans de la Christian Science peuvent soutenir le contraire, mais la maladie ne nous frappe-t-elle pas tous, et la mort ne fauche-t-elle pas ceux qui nient son existence ? l'immortalité sur terre ne dépend pas uniquement de notre croyance que nous allons y vivre éternellement heureux. Pesez donc bien les raisons qui étayent une semblable doctrine sur la vie au-delà des portes du tombeau.
La doctrine de la Maçonnerie sur l'àme est donc ainsi succinctement formulée par le F.-. Pike ' : « L'àme de l'homme est immortelle ; elle n'est pas le résultat de son organisme, ni un composé des modes d'action de la matière, non plus qu'une succession de phénomènes et de perceptions ; mais elle est une Existence individuelle et uni(]ue, un esprit vivant, une étincelle du grand foyer central de Lumière qui est entrée dans le corps et y demeure. Elle en sera séparée par la mort et retournera à Dieu d'où elle vient; c'est une existence qui ne se dissipera pas, ne s'évanouira pas, qui ne sera pas anéantie au moment de la mort, comme un soutTle ou une vapeur; elle continued'être et de posséder activité et intelligence, tout comme elle existait en Dieu avant d'être enveloppée dans le corps ».
Telle était la doctrine des Gnostiques,et telle nous l'expose notre auteur sous une forme un peu plus .générale -. « Emanation de tous les êtres spirituels de la Divinité, dégénérescence progressive de ces êtres, d'émanation en émanation ; rédemption et retour de tous à la pureté da Créateur ; puis, après le rétablissement général dans l'harmonie primitive, un état de bonheur vraiment divin, dans le sein de Dieu : tels étaient les enseignements fondamentaux du Gnosticisme ».
Oui ne voit combien tout ceci est flatteur et consolant pour la fragilité et les passions humaines I Cependant, la question n'est pas là. La question est celle-ci :' Est-c? vrai ? Edifier des systèmes plus favorables encore à nos appétits est chose aisée; mais l'assentiment de notre nature inférieure n'est pas une garantie de vérité.
Le F.-. Pike admet le péché et la nécessité de la purification de l'âme. Il ne nous a pas parlé jusqu'ici du moyen de purification