Ô6 BENOÎT XIV ET PIB IX
fidèles catholiques. « Le Pape a fait telle chose, donc tout catholique peut la faire. Cet argument n'existe pas pour le catholique, qui sait que le Pape et les évéques peuvent errer, peuvent pécher gravement. Lescatholiques peuvent-ils, pour ce motif, en conscience, en faire autant? Evidemment non. La conscience catholique n'a pas pour guide ce que fait le Pape, ni même ce qu'il enseigne en tant que personne privée, mais seulement ce qu'il enseigne à l'Eglise universelle comnie \*icaire de Jésus-Christ. Or, lorsqu'ils ont parlé de la sorte sui' la Franc-Maçonnerie, tous les Pontifes l'ont condamnée dans les termes les plus clairs, et, parmi ces condamnations, il n'en est pas de plus nettes et de plus précises que celles de Benoît XIV ei de Pie IX. Ce sont ces paroles-là qui sont les guides des consciences catholiques, et non les actes personnels de l'un ou l'autre de ces pontifes.
Mais lorsqu'on en vient à considérer les deux pontifes dont la secte a fait choix pour déclarer qu'ils furent au nombre de sesmemhres, on est surpris de l'aveuglement des Frères. Le Docteur Mackey, mieux informé, prête à Benoît XIV un caractère tout différent de celui sous lequel nous le présente Lenning.
« Il était distingué par sa science, dit le Docteur*', et il fut un grand prolecteur des arts et des sciences. Il se montra cependant ennemi implacable des sociétés secrètes, et il lança, le 18 Mai 1751, sa fameuse Bulle qui renouvelait et maintenait l'excommunication portée contre les Francs-Maçons dans celle de son prédécesseur » Le Docteur fait une légère erreur de date. La Bulle, signée le 13 Mai, ne fut publiée que le 28 -.
Mais si cette erreur insignifiante s'est glissée dans l'écrit du Docteur, il n'y a aucune erreur sur les sentiments du Pontife. La Bulle fut lancée dans la onzième année d'un pontificat qui ne dura que dix-sept ans, huit mois et seize jours ; le Pape avait alors soixante-seize ans.
Voici en (juels termc'^ fut portée la célèbre condamnation de Benoît XIV :
« Cependant, pour qu'on ne puisse pas nous reprocher l'imprévoyance d'avoir négligé quelque chose qui pût facilement ôter toute ressource et fermer la bouche au mensonge et à la calomnie, après avoir pris l'avis de quelques-uns de nos Vénérables Frères, les Cardinaux de la Sainte Eglise Homaine, nous avons décrété de confirmer par les présentes celte Constitution de Notre prédécesseur, insérée ci-dessus mol à mot dans la forme spécifique qui est