‹ Etude sur la franc-maçonnerie américaineChapitre 16 sur 221 · I-incyclopœdia. pp. r»4'.t-r»riO · texte numérisé non relu

I-incyclopœdia. pp. r»4'.t-r»riO

'2. lincyilnpsL'dia. pp. 80-81.

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autre pour ses adeptes. Il faut nous attendre cependant à plus d'un heurt et à plus d'un cahot sur la route que nous voulons suivre. La « discipline du secrel », au temps de la primitive Eglise, n'est pas contestée, mais ce secret avait une intention, un but bien différents de ceux qu'insinue le Dr. Mackey. Alors que le fait d'être connu pour chrétien exposait au pillage'et à la mort, alors que les démagogues excitaient les passions populaires en représentant les disciples du Christ comme les adorateurs d'une tête d'âne, et le sacrement du Corps et du Sang du Maître comme l'immolation d'un enfant dont ils buvaient le sang, la simple réserve commandée par une prudence ordinaire défendait de révéler à tout le monde ce qui serait profané par un grand nombre. Mais ce n'était point là l'enseignement dune religion pour le commun du peuple et d'une autre pour les plus avancés. On ne trompait pas de propos délibéré les initiés en leur faisant croire qu'ils possédaient la lumière, tandis qu'on souriait sous cape de leur folie. Enfin, cette recommandation du secret disparaissait avec les jours de persécution. Il n'y avait pas, entre la doctrine et le secret, cette relation essentielle qui les rend inséparables, comme c'est le cas dans la Maçonnerie où, ainsi que nous le verrons, l'une ne peut exister sans l'autre. Il n y avait point de serment qui obligeât à ne jamais révéler, dans aucune circonstance, aux infidèles, une doctrine quelconque enseignée aux chrétiens, car, en mainte et mainte occasion, les martyrs ont, devant les tribunaux, proclamé hautement les mystères de leur foi. Tout ceci met entre le secret maçonnique et celui de la primitive Eglise un abîme infranchissable. Vouloir les confondre, n'est pas honnête.

Quant au témoignage de saint Basile, quiconque voudra bien lire )e chapitre XXVII'^ de son livre sur le Saint-Esprit d'où sont tirés les textes cités, verra clairement qu'il n'y est pas fait la moindre allusion à une doctrine exotérique et à une autre doctrine ésotérique, toutes deux différentes et opposées,dont l'une, assez bonne, quoique fausse, serait pour le commun des mortels, tandis que l'autre, la vraie, serait réservée aux seuls élus. Il affirme simplement, ainsi que le fait l'Eglise catholique, la valeur de la tradition apostolique comme source de foi et de doctrine divines. Il enseigne, en s'appuyant sur la connaissance qu'il a du cœur humain, l'influence du mystère sur l'éveil de l'attention. Il nous rappelle que la familiarité engendre le mépris ; que, dans la religion juive, seul le Grand Prêtre devait entrer dans le Saint des saints, une fois par an, et à un moment fixé. C'est ainsi, conclut le saint docteur, que les Apôtres et les premiers Pères ont préservé la dignité des mystères chrétiens. En oulre, les textes mêmes de saint Basile, particulièrement le premier, ne sont pas correctement cités. Deux membres de

L ENStlGNK.MtNT MACON.MOUt:

phrases diflerenles el sans ra[)porl entre elles sonl réunis pour nen faire qu'une ; c'est prendre une liberie à peine admise, pour ne rien dire de plus, par les auleurs qui se respeclenl.

Le Dr. Mackey EncijcL. p. 550) expose ainsi les raisons pour lesquelles les arca/zes sonl confiés à la tradition orale :

« En premier lieu, en confiant nos doctrines secrètes et leurs principes fondamentaux [landmarks'j à la garde de la tradition, tout danger de controverses et de schismes parmi les Maisons et dans les Loges se trouve, par le fait même, écarté. La Ciraiule Loge de chaque juridiction est l'interprète de ces traditions, et chaque Maçon, comme chaque loge de la juridiction, est obligé de se soumettre à son interpi'étation. Il n'y a pas de livre ({ue puissent consulter les Fi'ères en rinlerprélanljsuivant leurs idées personnelles, et dont les textes, parfois équivoques et parfois obscurs, pourraient donner lieu à d'abondantes contestations ou à des critiques verbales. Les doctrines elles-mêmes et leur interprétation sont contenues dans les monuments de rinstilution;el les Grandes Loges, ses seules mandataires reconnues, ont le pouvoir de décider si oui ou non la tradition a été correctement conservée et quelle en est la véritable interprétation.

Et de là vient qu'il n'existe pas d'institution dans laquelle il y ait eu des controverses en aussi petit nombre et de si peu d'importance, eu égard aux doctrines essentielles et fomJamentales ».

Nous avons noté ce raisonnement, non pour lui-même ni parce que nous le trouvons satisfaisant, mais a cause de la lumière qu'il pi'oj et te sur le fonds de certitudequapportel'Inst rut' tion maçonnique. Donc, en Maçonnerie, l'enseignement principal. essentiel, est oral. Il a la prétention de contenir, comme nous allons le voir, les plus importantes vérités sur la destniée de l'homme dans le temps et dans l'éternité. El à (piel arbitrage ces vérités sont-elles soumises en dernier ressort? A celui de chaque Grande Loge pour sa propre juridiction. Mais ces (Grandes Loges sonl évidemment faillibles ; elles peuvent errer ; elles peuvent tlifTérer entre elles; elles peuvent, à des moments dilTérenls, donner des décisions dilVérentes; sont-ce là les lumières tpji doivent guider l'esprit maçonnique dans les sentiers de la vérité ? Lne plus longue dissertation sur ce sujet sera peut-être plus à sa place dans un des chapitres suivants.

Si l'incertitude finale de rinlerj)rélation de votre doctrine orale ou ésoléri(pie est si grande, que dirons-nous de la doctrine ellemême confiée aux monuments de la Fialernité? Nous consentons à

1. Pour rinlerprélation iiukj.-. de ce mol. voir \\. M.\<;ov. Ci/clopedia and Dirlion<irij nf Frccmnsonry. .\'e\v-Vork. 1X71. iii-S". p. 21<i à 2'..'7.

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vous juger d'après vos propres écrits et à nous adresser pour nous renseigner à votre article sur « l'Uniformité de travail ' ».

« C'est un t'ait, dites-vous, que l'uniformité de travail dans la -Maçonnerie, quoiqu'elle soit bien désirée, n'existera jamais. Il doit en être de même dans toutes les institutions où les cérémonies, les légendes et les instructions sont orales. La trahison de la mémoire, la faiblesse du jugement et la fertilité de l'imagination conduiront les hommes à oublier, à diminuer ou à augmenter les parties d'un système quelconque qui n'est pas maintenu dans certaines limites par une règle écrite.

« Les Rabbins se sont aperçus de cela quanti la Loi orale commençait à s'altérer et perdait de son autorité comme de son identité par les interprétations qu'on y donnait dans les écoles des Scribes et des Prophètes. Et dès lors, pour la rendre à son intégrité, on jugea nécessaire de la dépouiller de son caractère oral et de lui donner une forme écrite. C'est à cela même que nous devons attribuer l'origine des deux Talmuds, qui contiennent l'essence de la théologie Israélite. Donc, tandis qu'en Maçonnerie, nous voyons le rituel ésotérique sujet à de continuelles erreurs dues pour la plupart à l'ignorance ou à l'imagination des professeurs maçonniques, les instructions « monitoriales » — peu nombreuses dans Preston, très développées dans Webb et dans Cross — n'ont subi aucun changement ».

Inutile de commenter. Si le rituel ésotérique et l'instruction orale qui s'y rapporte, — cette instruction orale qui contient l'essence même de la Maçonnerie, — sont continuellement exposés à des erreurs qui proviennent de l'ignorance ou de l'imagination des professeurs maçonniques, le lecteur le moins cultivé comprendra combien un tel enseignement est peu digne de foi en tant (jue canal de la vérité. Si, en dépit de toutes ces variations de l'erreur, il n'y a pas de schismes dans la Maçonnerie, il faut nécessairement en conclure que l'ignorance des Frères atteint un très haut degré, ou que l'amour de la vérité est chez eux à un degré très faible. Il est étrange que les Maçons, (jui se proclament des chercheurs devérité, confient ce qu'ils estiment de plus sacré (( à la mémoire traîtresse, au jugement faible et à l'imagination fertile » qui << conduisent les hommes à oul)lier, à diminuer ou à augmenter les parties d'un système quelconque (pii n'est pas maintenu dans certaines limites par une règle écrite ».

« Mais il n'y a pas, dites-vous, de livre que puissent consulter les Frères en l'interprétant suivant leurs idées personnelles ». Etes-vous

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