Malth., X
250 lUENFAISANCE MAÇONNIQUE
l'âge de raison, il y a le saliil dans les eaux du baptême ; l'idiot de naissance a le salut ouvert devant lui, de la même manière ; il en est ainsi pour linsensé, si un grave péché personnel, dont il ne s'est point repenti, n'y met point obstacle. Aucune mutilation, aucun malheur apporté en naissant ou dû au sexe ne s'y opposent ; l'esclave dans ses chaînes, le prisonnier dans son cachot, le paria de la société, s'ils ont un repentir sincère, et ceux qui ignorent la science humaine, voient les portes du Ciel chrétien s'ouvrir aussi larges, ou plutôt infiniment plus larges que pour le petit nombre des élus de ce monde, (pii, velus de fin lin et de pourpre, font chaque jour de somptueux festins, ne luttent point contre leurs instincts et tiennent le pauvre loin de leur demeure. La voilà, la vraie Calholicilé, dont la Maronnerie est retranchée pour toujours par ses landmarks essentiels.
D'ailleurs, la charité par l'aumône n'est point pour le Catholicisme un fait accidentel, qu'on met en relief. C'est quelque chose d'essentiel. « Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, vous, les bénis de mon Père, possédez le royaume qui fut préparé pour vous depuis le commencement du monde. Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, cl vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu et vous m'avez vêtu ; j'étais malade et vous m'avez visité; j'étais
en prison, et vous êtes venus à moi En vérité, je vous le dis,
tout ce que vous avez fait pour l'un de ceux-ci, le moindre de mes frères, vous l'avez fait à moi. »
<< Alors il dira aux autres, qui seront à sa gauche : « Retirez-vous tous de moi, vous, les maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le Diable et ses anges. Car j'avais faim, et vous ne m'avez point donné à manger ; j'avais soif et vou.< ne m'avez point donné à boire, etc.... En vérité, je vous le dis, tout ce que vous u'av(v. point fait à l'un de ceux-ci. le moindre de mes frères, c'est à moi que vous ne l'avez point fait. Et ceux-h'i iront au châtiment éternel, mais les justes iront à la vie éternelle ».' Ce sur quoi repose la dilVérence entre les actes qui mériteront un bonheur ou un malheur éternel n'est ni transitoire, ni accidentel, mais essentiel. C'est pourquoi la charité catholique est si profondément enracinée dans le cœur des catholiques pauvres ou de fortune moyenne qui donnent par chlirité cent fois plus que les riches relativement à leurs moyens. 11 ne semble pas étrange à ceux-là de prendre sur leurs modiques ressources, car la règle de charité calholi(|ue n'est pas de « sacrifier le superflu de l'abondance », mais de faire le sacrifice de ses aises, du nécessaire, de la vie elle-même. « Aimez-