Encyclopsedia of Freemasonry, p
« Ainsi Preston, conlinue-l-il,dans ses Illuslralions of Masonry, commence sa section de iOrigine de la Maçonnerie, en établissant que, depuis le commencement du monde, on peut retracer la fondation de la Maçonnerie. El il ajoute : De l'instant oii a commencé la symétrie et où Iharmonie a déployé ses charmes, notre Ordre a eu son commencement. Or, lorsque nous avons parcouru le chapitre entier, nous trouvons que ce n'est pas la F'ranc-Maconnerie, telle que nous la connaissons, que l'auteur a en vue, mais quelque grande vertu morale : le sentiment social, l'amour de l'homme pour l'homme, toutes choses qui, étant innées au cœur humain, doivent avoir existé dès l'aurore de notre race, et, de toute nécessité, ont préludé à la civilisation et aux arts.
« Oliver, malgré les incontestables services qu'il a rendus à la Maçonnerie, était malheureusement trop adonné aux spéculations abstraites. Il a été « plus royaliste que le roi ' ><, et, commentant cette page de Preston, il déclare que notre science existait avant la création du globe, et, qu'elle est répandue à travers les innombrables systèmes qui remplissent le ciel empyrée et l'espace universel w.Mais, en poursuivant notre lecture, nous trouvons que, par Maçonnerie spéculative, l'écrivain entend « un système de morale fondé sur la croyance en un Dieu », et que cette tirade grandiloquente se rapporte, non pas à la Franc-Maçonnerie dont il a déclaré vouloir retracer l'histoire, mais à l'existence d'une telle croyance parmi les êtres doués de sentiment et d'intelligence qui, comme il le suppose, habitent les planètes et les étoiles du système solaire.
« Anderson, continue-t-il, est plus modeste dans ses prétentions et se contente de faire remonter la Maçonnerie à Adam et à l'Eden ; mais on s'aperçoit bientôt que, lui^aussi, sous le même nom, traite de choses toutes dilîérentes, et que la Maçonnerie de notre premier père n'est pas la Franc-Maçonnerie de nos jours, mais la Géométrie et l'Architecture.
« Maintenant, dit le Docteur, tout cela, c'est du roman et non de l'histoire. De telles assertions sont ce que les Français appellent façons de parler^ c'est-à-dire Heurs de rhétorique qui ont plus d'éclat que de sens. Qu^nJ '^ lecteur les rencontre dans desglivres écrits par des hommes éminents qui veulent enseigner ex cathedra l'histoire véridique de l'Ordre, ou bien il se dégoûte d'une étude si follement conduite, ou bien il en arrive à adopter^des théories qu'il ne peut soutenir, parce cpi'elles sont absurdes. [Dans le premier cas, la Franc-Maçonnerie perd peut-être un disciple; dans le second, il
1 '■ has outherodofl Ilerod ».
est viclime d'une tromperie )>. Après avoir établi comment l'Histoire de la Maçonnerie devrait être écrite, notre auteur conclut :
« Il ne saurait y avoir une plus grande gloire que celle d'être le fondateur d'une nouvelle école d'Histoire maçonnique d'où les fictions et les assertions hasardées des premiers écrivains seraient bannies, et dans laquelle serait adoptée la règle qui a été donnée comme la maxime fondamenlale de toute science inductive, — en des termes qui ont été pris récemment pour devise par un puissant investigateur de la vérité historique :
« Ne pas amplifier et ne pas diminuer les faits — ne rien ajouter et ne rien retrancher. Exposer la Vérité, toute la Vérité, et rien que la Vérité » ' .
Ces lignes, où sont si clairement et si magnifiquement exposés les vrais principes qui doivent guider l'historien, font regretter que le Docteur Mackey consacre une si large part de son Encyclopœdia à rééditer des mythes et des fables maçonniques, mythes et fables qui ont été donnés pour des faits par les écrivains qu'il condamne avec tant de raison. Prenons, par exemple, celui-ci, qui concerne l'origine de la Franc-Maçonnerie:
« C'est une théorie de quelques écrivains maçonniques, dit-il-, que les principes de la pure et primitive Franc-Maçonnerie ont été conservés dans la race de Selh, toujours séparée de celle de Caùi ; mais, qu'après le déluge, ils ont été altérés à la suite de la sécession d'une partie des Séthites, qui établirent la Franc-Maçonnerie bâtarde des Gentils. Cette théorie a été très amplement développée par le Dr. Oliver dans tous ses ouvrages. Les colonnes élevées par Selh pour conserver les principes des arts et des sciences sont mentionnées par Josèphe.Mais, quoique les anciennes Constitutions parlent de Seth, elles attribuent l'érection de ces colonnes aux enfants de Lamech, et dans les hauts degrés de la Maçonnerie, cette érection est attribuée à Enoch ».
C'est avec de telles miettes d'histoire qu'on régale lés lecteurs maçonniques; mais il y a d'autres fables servant à entretenir l'histoire mythique et à nourrir la crédulité maçonnique : la fable de Noé, la fable d'Euclide, la fable de Pythagore, la fable du roi Salomon et du temple de Salomon.
En ce qui concerne ce temple, les remarques du Dr. Mackey sont certainement intéressantes : « En Maçonnerie, dit-iP, le temple de Salomon a joué un rôle des plus importants. 11 fut un temps où