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1738, contenus dans sa seconde édition, et de nous conserver les devoirs et règlements qui, sans lui, auraient pu s'égarer. Aucun auteur maçonnique ne consentirait actuellement à citer Anderson pour documenter une histoire de l'Ordre antérieurement au xviii® siècle. Il faut ajouter que, dans la reproduction des Anciens Devoirs dans l'édition de 1738, il commit plusieurs altérations et interpolations graves dans les textes, ce qui, à juste raison, otTensa quelque peu la Grande Loge et, en outre, ôta toute valeur à la seconde édition au point de vue documentaire ><.
Le Dr. Anderson inventa donc dans son édition de 1738, et ses inventions et interpolations furent assez importantes pour ôter toute valeur à cette seconde édition. Déplus, et surtout, son histoire estle produit d'une imagination inventive, car elle est «imaginaire, sans aucun poids et prétentieuse au point d'en être absurde ». Tout ce que nous savons de ladite résurrection de 1717, nous le tenons de cette source unique. Sur quoi le Dr. Mackey fait-il fonds pour aiïîrmer si positivement qu'il n'y a eu là aucune invention ?
Dans le compte rendu de la réunion de 1717, notre lecteur a appris, à son grand étonnement peut-être, que des tavernes furent les premiers temples dans lesquels la Maçonnerie révéla à ses initiés la vraie nature de Dieu et de l'âme humaine, et leur inculqua la vraie morale.
Longtemps après la renaissance de la Maçonnerie en 171 7, dit le Dr. Mackey, « les Loges maçonniques continuèrent à s'assembler dans les tavernes, comme elles l'avaient fait auparavant. C'est ainsi que fut organisée la Grande Loge d'Angleterre, et, pour employer le langage d'Anderson, « les assemblées trimestrielles ressuscitèrent « grâce à quatre Loges qui tenaient respectivement leurs assemblées à la brasserie «The Goose and Gridiron », à la brasserie « The Crown », à la'.Taverne « The Apple-Tree » et à la Taverne « The Rummer and Grapes ». Pendant un certain nombre d'années, la Grande Loge tint quelquefois ses assemblées trimestrielles à la Taverne du Pommier, mais principalement à la « Devil Tavern « (Taverne du Diable), et la Grande Fête avait lieu dans le « hall » d'une Corporation. La première Loge fondée à Paris s'organisa dans une taverne de la rue des Boucheries, dont le tenant était un nommé Hure, et toutes les Loges qui furent créées dans la suite tinrent également leurs assemblées dans des tavernes, comme en Angleterre. Cette coutume fut pendant fort longtemps adoptée par d'autres pays d'Europe ; en Amérique, elle ne fut abandonnée qu'à une époque relativement récente, et il est possible qu'elle soit encore observée dans quelques villages obscurs. »
Voilà donc, cher lecteur, quels furent les premiers temples de la vraie et unique divinité, du Jéhovah de la Maçonnerie. Voilà quel était son autel, voilà où s'assemblaient ses sincères adorateurs pour contempler ses perfections divines. C'est là que leur était communiquée la véritable lumière maçonnique, dans laquelle ils étudiaient la vraie nature de Dieu et de l'âme humaine. C'est là qu'ils chantaient leurs hymnes sacrés. Il faut convenir que ces hymnes étaient de nature informe, grossière et bachique, et que le raffinement maçonnique moderne les proscrit '; mais alors que tout cela se passait à la Taverne du Diable, lieu de réunion favori des Frères.'., on n'y regardait pas de si près.
« Dès le commencement du xiv^ siècle, continue notre auteur ^, les Guilds ou Corporations de Londres, avaient leurs « halls « ou lieux d'assemblées, dans lesquels ils emmagasinaient leurs marchandises à vendre. Au début, ce n'étaient que de modestes constructions; mais ils prirent peu à peu une importance considérable, et le Goldsmith's Hall, bâti au xv*^ siècle, était, dit-on, un édifice de vastes proportions et d'aspect imposant. Ces « halls », que l'on trouvait partout au xviii*^ siècle, suggérèrent probablement aux Francs-Maçons l'idée d'en construire de semblables pour la Fraternité; mais, à mesure que l'association gagnait en importance, la nécessité d'avoir un local plus respectable, plus convenable et plus sûr que celui que pouvaient offrir les tavernes et les brasseries, se faisait plus urgente, et c'est là surtout ce qui détermina les Maçons à construire des édifices spéciaux pour leur usage particulier ».
S'il est vrai que l'idée de construire des édifices pour leurs assemblées a été inspirée aux Francs-Maçoms par les Guilds, si les Maçons s'assemblaient dans les tavernes et non dans les « halls « des Guilds, il est évident que les Francs-Maçons modernes ne sont pas les descendants directs des Guilds du moyen âge ; s'ils l'avaient été, ils auraient tout naturellement hérité des locaux dans lesquels s'assemblaient leurs prédécesseurs, et n'auraient eu besoin qu'aucune idée se rapportant à des halls semblables leur fût suggérée.
Puis, le Dr. Mackey continue : « Le premier Hall maçonnique dont il soit fait mention est celui qui fut érigé par les Loge de Marseille, en France, en 1765... En 1772, la Grande Loge d'Angleterre ayant réuni par voie de souscription des sommes importantes