‹ Etude sur la franc-maçonnerie américaineChapitre 193 sur 221 · lînryclopseclia of Freemasonry, p · texte numérisé non relu

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gré que la culture de la science maçonnique. Les soupers agréables, les verres de punch, l'harmonie du chant, de misérables jeux de mots capables de mettre Johnson dans une fureur que Boswell lui-même n'eût pu décrire,tout cela laissait trop peu de temps pour des recherches sur des sujets abstrus. Les révélations de l'équerre du Dr. Oliver nous fournissent en abondance des preuves positives de l'état inférieur de la littérature maçonnique à cette époque-là, et s'il nous fallait des preuves nég-atives, nous les trouverions dans l'absence totale d'un livre sur la Maçonnerie scientifique dont la lecture soit possible, jusqu'au jour où parurent les œuvres d'Hutchinson et de Preston. Les leçons de Preston marquèrent donc le début d'une ère nouvelle dans le système ésotérique de la Franc- Maçonnerie » .

Ainsi, selon le Dr. Mackey, l'année 1772 est le véritable point de départ de la Maçonnerie ésotérique, telle que nous la possédons aujourd'hui. Nous pensons toutefois que ses remarques devraient être bornées à la Franc-Maçonnerie anglaise ; car sur le continent, la Maçonnerie avait déjà des desseins tout autres que de se livrer à de joyeux banquets.

« Parce que la vraie Maçonnerie, dans sa puissance intacte, portait les drapeaux de la Liberté et de l'Egalité des droits, parce qu'elle était en révolte contre la tyrannie temporelle et spirituelle, dit le Fr.-. Pike', ses Loges furent proscrites en 1735, par un Edit des Etats de Hollande. En 1737, Louis XV les interdit en France. En 1738, le Pape Clément XI 1 lança contre elles sa fameuse bulle d'Excommunication, qui fut renouvelée par Benoît XIV; en 1743, le Conseil de Berne les proscrivit aussi. La bulle de Clément XII a pour titre : la condamnation de la société des Liberi Mura tori ou de la Franc-Maçonnerie,sous peine d'excommunication ipso facto, dont l'absolution est réservée au Pape seul, excepté à l'article de la mort ». Et par cette bulle tous les Evêques, les Ordinaires et les Inquisiteurs étaient revêtus du pouvoir de punir les Francs-Maçons comme « véhémentement suspects d'hérésie », et de recourir, en cas de nécessité, à l'aide du bras séculier, c'est-à-dire à demander leur exécution capitale aux autorités civiles ».

Que le Pape ait eu raison de soupçonner les Francs-Maçons d'hérésie en matière de doctrine catholique, c'est ce que nous avons prouvé cent fois dans les pages qui précèdent ; la doctrine maçonnique est de parti pris formulée de manière à être diamétralement opposée à l'enseignement catholique ; que le Pape ait à bon droit excommunié ceux (jui rejetaient les doctrines catholiques, c'est ce

1 Morals and Dogma, p. TjO.

que reconnaissent toutes les personnes loyales, car c'est ainsi qu'on agit dans toute société dont les lois et les règles sont violées, et la Maçonnerie excommunie ses membres exactement comme le fait toute autre société : « L'expulsion, dit le Dr. Mackey', est, de toutes les peines maçonniques, la plus grande qui puisse être infligée à un membre de l'Ordre ; aussi a-t-elle souvent été qualifiée de mort maçonnique. Elle dépouille l'expulsé de tousles droits et privilèges dont il a pu jouir, non seulement comme membre de la Loge particulière d'où il a été chassé, mais encore de ceux qui lui appartenaient en qualité de membre de la Fraternité entière. 11 est immédiatement privé de tout ce qui faisait de lui un Maçon; il est comme s'il n'avait point été admis, en tout ce qui constitue ses droits, et néanmoins ses devoirs et obligations subsistent aussi rigoureusement que jamais, car il est impossible qu'aucun pouvoir humain les abolisse. Il ne peut plus solliciter l'assistance de ses Frères, ni exiger d'eux l'accomplissement d'aucun des services auxquels il avait droit auparavant, ni visiter aucune Loge, ni prendre part à aucune cérémonie publique ou particulière de l'Ordre. Il est comme exclu de l'enceinte, et ce serait un crime chez un Frère, quel qu'il soit, étant au fait de son expulsion, d'entrer en communication avec lui sur des sujets maçonniques ».

Appelez cela expulsion ou excommunication, le changement de nom ne modilie en rien la nature de la chose. Toutefois, ce que le Fr.*. Pike dit, en dernier lieu, savoir que l'appel au bras séculier signifiait « qu'on demandait au pouvoir civil de mettre à mort le Maçon », jjrouve l'ignorance la plus grossière, ou c'est la calomnie la plus honteuse. Dans tout pays protestant où il existe une religion d'Etat, on a recours au bras séculier, dans certaines circonstances, pour la défense de cette religion. Néanmoins personne ne confond le recours à ce bras avec une sentence de mort. Il en était ainsi pour l'Eglise Catholique dans les pays catholiques. Le bras séculier était invoqué pour sa défense ; la peine infligée était proportionnée au crime commis. Or, si les Maçons étaient, en ces tempslà, comme l'affirme le F.-. Pike, en révolte contre les autorités civiles aussi bien que contre le pouvoir ecclésiastique, ce n'est point un fait bien extraordinaire (juil y en ail eu de misa mort. La révolte contre le pouvoir civil est encoie aujourd'hui un crime capital. Ce qui est remanpiable, c'est que des Maçons n'aient point été punis. Par conséquent, au lieu de calomnier l'Eglise et les gouvernants catholifjues, les Maçons devraient, en toute justice, admirer leur modérai ion.

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