CHAPITRE XVIII
La. Maçonnerie Américaine ne fait-elle ou'ln avec la Maçonnerie
Européenne?
II faut regretter sincèrement qu'à cette question posée simplement, on ail fait trop souvent des réponses aussi simples, sans faire attention que les mêmes mots peuvent avoir des sens bien différents. Aussi l'anirmative, tout comme la négative, est-elle exposée à de sérieuses difficultés. Si l'on a atTaire à un catholique, et s'il refuse d'admettre l'identité de la Maçonnerie en Europe et en Amérique, assurant clairement que ce sont deux choses diflérentes, il lui sera difficile de défendre les procédés de son Eglise, qui rejette tous les Francs-Maçons sans distinction, et excommunie les Maçons américains tout comme leurs frères d'Europe. Si. au contraire, il affirme l'identité des deux Maçonneries, il soulève une tempête de protestations, des Maçons et des non-Maçons, et on le met en demeure d'expliquer la différence d'esprit et de conduite c\m semble exister entre les deux Maçonneries : celle du continent étant adversaire forcenée du catholicisme, ce que n'est pas la Maçonnerie américaine. Si les deux n'en font qu'une, comment expliquer cette différence?
Notre lecteur, qui a déjà paroouiu notre chapitre sur l'esprit anlicalholique de la Franc-Maçonnerie américaine, qui a enlendu les instructions données aux PT. . par le F.-. Mackey et le F.-. Pike, qui a assisté à une tenue de Oakland Lodge, présidée par le F.-. Sherman ; qui a eu l'heureuse chance de lire la lettre ollicielle du V.-. Lemmi ; notre lecteur, dis-je, se rendra facilement compte que l'esprit ésotériquede la Maçonnerie est partout le même, en Amérique et ailleurs. Si ses manifestations sont moins i)ru vantes et moins odieuses, c'est parce que, chez nous, les circonstances ne s'y prêtent pas; c'est que, chez nous, bon nombre de Maçons exolériques sont des hommes pour cpii la tolérance religieuse est un sentiment