‹ Etude sur la franc-maçonnerie américaineChapitre 197 sur 221 · Encyclopaedia of Freemasonry, pp · texte numérisé non relu

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nerie jusqu'à l'époque appelée renaissance de 1717. Tel était le rite originel ou usage approuvé, et il en fut ainsi en Angleterre jusqu'en 1813. Alors se fil l'union des deux Grandes Loges ; le « Holy Royal Arch » fut déclaré partie du système, et ainsi le rite anglais ou, comme on l'appelle communément, le rite d'York fut légitimement constitué en quatre tlegrés.

« Mais, dans l'Europe continentale, l'organisation de nouveaux svslèmes commença beaucoup plus tôt, et l'invention de ce qu'on appelle les hauts grades donna naissance à une multitude de rites. Tous ces rites s'accordaient en un point essentiel. Ils étaient élevés sur les trois degrés symboliques qui, en chaque cas particulier, leur servaient de base et de fondement. Ils étaient considérés comme une extension et un développement des idées maçonniques contenues dans ces degrés. Les degrés d'apprenti, de compagnon et de maître étaient le portique par lequel tous les initiés étaient obligés de passer avant de pouvoir conquérir l'entrée dans l'intérieur du temple élevé par les fondateurs du rite. Ils étaient le texte, et les hauts grades, le commentaire — ».

u J'ai dit, conlinue-t-il, que ces rites ont été en grand nombre. Quelques-uns d'entre eux ont vécu autant que leurs auteurs, et non plus, et ils sont morts quand l'énergie qui leur avait donné naissance cessa de les entretenir. D'autres ont duré plus longtemps, et ils continuent à diviser la famille maçonnique, en se bornant toutefois à lui fournir diverses méthodes pour atteindre à la même fin supérieure, c'est-à-dire l'acquisition de la Vérité divine par la Lumière maçonnique. Ragon, dans son Tuileur général, nous en nomme cent huit sous les différents titres de Rites, Ordres et Académies ' ».

Il n'y a donc pas unité de Rite. Mais ce manque d'unité ne nuit en rien, nous assure le Dr. Mackey, à « l'unicité essentielle » de la famille maçonnique ; ce ne sont là que dilTérentes méthodes pour atteindre à la connaissance du Dieu maçonnique et de l'âme maçonnique, au moyen de la lumière maçonnique.

La Maçonnerie n'a pas non plus l'unité de gouvernement et de tâte. Nous n'avons, pour nous en rendre compte, qu'à considérer l'ensemble des Maçons répandus sur le globe.

1. Le nombre des rites maronniques actuels ", in use to-day, » est de dix, d'après la Cyclopedia of FralernUies '2°"^éd., 1007, p. 20). Le rite anglais (appelé à fort rite d'York) et le rite écossais ancien et accepté ■< sont considérés comme universels -. Le rite américain <> vient ensuite. en raison de son importance, et il est pratiqué aux Etats-Unis et dans le Dominion du Canada, où se trouvent les trois quarts des Francs-Ma^'ons du monde entier ».{Ibid.)

qu'un avec l\ maçonnerie européenne ? 281

Le Rile écossais, il est vrai, se rapproche davantage de cette unité. Il a établi son état-major à Rome pour mettre en évidence son antagonisme avec la Papauté ; dans le Rite américain et autres semblables, le gouvernement est exercé par des Grandes Loges indépendantes.

« Une Grande Loge, dit le Dr. Mackey S est l'autorité dogmatique et administrative de l'Ancienne Maçonnerie, ou des trois grades symboliques... ».

Et, plus loin, il ajoute : « Une Grande Loge est investie du pouvoir et de l'autorité sur toute la Société dans les limites de sa juridiction. C'est la Cour d'Appel suprême pour tous les cas maçonniques, et toutes les Loges, comme tous les Maçons qui sont sous la dépendance de cette Cour, par là même doivent obéissance à ses décrets. Le gouvernement des Grandes Loges est donc complètement despotique. Tant qu'une Grande Loge existe, les Loges doivent lui obéir sans examen. ,

Puis, notre auteur continue : « Cette puissance autocratique d'une Grande Loge est basée sur un principe de convenance et provient d'une loi fondamentale, établie au moment où furent organisées les Grandes Loges, c'est-à-dire au début du xvni" siècle. Dans un corps aussi vaste que la Société, il faut de toute nécessité un contrôle suprême pour préserver de l'anarchie l'Institution, et on ne saurait en choisir de plus convenable que celui qui, d'après son caractère distinctif, est formé, ou devrait être formé de la sagesse, de la prudence et de l'expérience de toutes les Loges établies dans son obédience, de sorte que la voix de 1^ Grande Loge n'est pas autre chose que la voix de la Société, exprimée par leurs représentants ».

Nous n'avons pas le temps de discuter ici, et d'ailleurs ce serait bien inutile, l'existence de ce pouvoir autocratique dont les décrets « doivent être respectés et obéis sans examen par les Loges qui lui sont soumises ». Aucun pouvoir humain, et la Maçonnerie n'en réclame point d'autre, n'a le droit d'exiger d'hommes raisonnables une obéissance aussi aveugle ; et un homme raisonnable ne peut y consentir sans renier sa propre nature. L'utilité ne saurait justifier cette exigence ; la défense contre l'anarchie ne le demande pas, et on ne saurait le faire admettre en disant que c'est la voix de la Société exprimée par ses représentants. Pour nous, accoutumés à un gouvernement représentatif, nous savons que, souvent, les représen-

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