‹ Etude sur la franc-maçonnerie américaineChapitre 20 sur 221 · Hnct/clopti'dia. ]>. âiU · texte numérisé non relu

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l'enseignemknt maçonnioue 23

première dépense de quelques dollars au tlébut. pour son établissement, de quelques autres pour sa conservation et son développement, et l'on verrait chaque Loge de la contrée en possession d'un riche trésor de documents propres à servir aux recherches et aux progrès de ses membres. Le seul fait de voir, à chaque réunion, des ouvrages maçonniques à portée, étalés au regard sur des rayons bien garnis, mis à la disposition des Frères qui n'auront que la peine de les prendre ou de les demander, en amènera un grand nombre à lire alors qu'ils n"ont jamais auparavant lu une ligne sur Thisloire ni sur la science maçonniques

« De même que les municipalités bienveillantes font placer des fontaines publiques dans leurs jardins afin que le chemineau harassé puisse élancher sa soif et se rafraîchir, ainsi les Loges maçonniques devraient-elles placer de telles fontaines intellectuelles à la portée de leurs membres. Ces fontaines, ce sonlles bibliothèques ; et la Loge qui dépense cinquante dollars, ou à peu près, pour un banquet et se passe de bibliothèque, commet une grave faute maçonnique, car elle refuse, ou tout au moins néglige, de répandre la lumière parmi ses enfants, comme c'est son devoir de le faire.

« Il y a cette diftérence entre deux loges dont l'une a sa bibliothèque el dont l'autre en est privée, que la seconde est plus ignorante que la première. Si une Loge prend plaisir à être composée de membres igorants. (ju'elle renonce à la bibliothèque. Si, au contraire, elle pense qu'il y va de son honneur et de sa réputation que ses membres soient très instruits, qu'elle leur donne les moyens d'étudier ».

Il nous est bien difficile de comprendre, à nous qui ne sommes pas initiés, quel est cet impérieux besoin de bibliothèques maçonniques, puisque les bijoux de l'Ordre sont si bien gardés dans les cassettes des monuments de l'Institution dont les membres ont été formés par l'enseignement oral, el puisque chaque Frère est une fontaine toute prête à déverser les flots de l'instruction dans une oreille attentive, au moyen d'un langage qui puise ses richesses dans le trésor des cœurs fidèles, pour employer les belles métaphores du rituel. Mais nous avons de bonnes raisons de croir*^ qu'il y a là plus de poésie dans la forme que de vérité dans le fond.

D'accord ou non avec lui-même, ce qui nous est indilTérent, noire auteur n'est certainement pas satisfait de l'instruction orale donnée par la Loge. Il est favorable aux publications, aux ouvrages écrits sur la philosophie, le symbolisme et les principes de la Franc-Maçonnerie dans l'intérêt des Frères.

« Nous exprimions, il y a plusieurs années, dit-il, nos sentiments

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sur ce sujet, niais nous sommes heureux d'avoir occasion de les répéter.

« Aucun Maçon ne parvient de nos jours à une situation tant soil peu distinguée dans la Fraternité s'il n'est sulfisamment instruit. Si ses éludes se sont limitées à ce qu'enseisi^nent les brèves leçons de la Loge, il lui est impossible d'apprécier exactement les lins et la nature de la Franc-Maçonnerie en tant que science spéculative. Les leçons ne sont que le squelette de la science maçonnique. Les muscles, les nerfs et les vaisseaux sant<uins qui doivent animer ce squelette sans vie et lui donner beauté, santé et vigueur, sont contenus dans les commentaires de ces leçons, que l'élude et les recherches des écrivains maçonniques donnent à l'étudiant en Maçonnerie '».

Mais si le bien que font les écrits maçonniques est si grand pour l'instruction de la Fraternité, si les bijoux précieux enfermés dans les cœurs fidèles ne sont, après lout, >< tpi'un squelette inanimé » auquel il man([ue ^excusez le mélange des tiguresj, nerfs, muscles et force vitale que peuvent seuls donner les commentaires écrits, qui sera assez naïf pour s'imaginer (jue la Maçonnerie a confié ses arcanes à la tradition orale simplement parce que c'était le seul moyen fidèle de les conserver intacts?

11 continue : « On objecte que l'on risque de donner trop de lumière au monde extérieur en écrivant des traités et des dissertations sur des sujets maçonniques; ces objections ne sont point du tout confirmées par l'expérience. Les auteurs maçonniques ont écrit presque sans restriction en Angleterre, en France et en Allemagne, excepté pour ce qui est profondément ésotérique ; et cependant nous ne croyons pas que le monde profane en soit pour cela plus avisé dans ces contrées que chez nous sur les secrets de la Franc- Maçonnerie. Le monde extérieur est resté, malgré ces publications, aussi ignorant des aporrhêta de notre Art, (|ue si l'on n'avait jamais écrit un seul ouvrage sur ce sujet ; tandis (|ue le monde intérieur — la Fraternité elle-même — a été éclairé el inslruil, et sa conception de la Maçonnerie (non comme association charilnble ou sociale, mais en tant (pie philosophie, science et religion - 1 en a été élevée et élargie ».

Comme vous le voyez, le Dr. Mackey nous conduit petit à petit, parfois incidemment, vers des idées nouvelles sur la Franc-Maçonnerie américaine. Ce n'est pas une simple institution charitable ou

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