‹ Etude sur la franc-maçonnerie américaineChapitre 23 sur 221 · l'Jnci/rlop.i ilia. p. i · texte numérisé non relu

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LENSEIGNEMI.NT MAÇONNIQUE 27

gnant une doctrine au commun du peuple, tandis qu'elle en réserverait une autre^ toute dillerente et secrète, pour ses adeptes.

En ce qui concerne cette doctrine orale, chaque Grande Loge est, dans sa propre juridiction, la dernière (^our d'appel — on n'a pas le droit de juger soi-même, de discuter, d'avoir une interprétation personnelle; lejugf^menl doit être reçu tel qu'il est. C'est ainsi que les schismes en matière doctrinale sont évités, » et de là vient, dit le Dr. Mackey, qu'il n'existe pas d'institution où il y ait eu si peu de controverses, et de si minime imi)ortance, en ce qui concerne ses docti'ines essentielles et fondamentales ».

Il est vrai que ce tribunal suprême peut errer ; il est vrai qu'il s'est trompé; il est certain, par conséquent, qu'il n'est pas le porteparole de la vérité : ce qui peut enseigner l'erreur n'est évidemment pas le porte-parole île la vérité. L'absence de schismes n'est donc pas à la louange de la .Maçonnerie ; car, n'étant pas la règle de la vérité, puisqu'elle peut commettre T'^rreur, ainsi que nous l'avons vu. l'iniilé qu'elle obtient et dont elle est si fière, pourrait bien être l'unité dans l'erreur, ce qui est le plus grand mal de l'esprit humain. Le schisme dans la cause de la vérité est infiniment préférable à l'unité dans l'erreur. Cependant, malgré la nature chancelante du jugement de la Maçonnerie, toute intelligence maçonnique est obligée de se courber devant lui, sans recours.

De plus, celte instruction orale, gardienne et dépositaire des trésors les plus précieux de la vérité maçonnique, est souvent confiée à des maîtres ignorants ; elle est, par sa nature même, exposée à de constantes variations ; on pourrait, en réalité, prouver qu'elle a subi des changements importants dus à « la trahison de la mémoire, à la faiblesse du jugement et à la fertilité de l'imagination », qui « conduisent les hommes à oublier, à diminuer ou à augmenter les parties d'un système quelconque qui n'est pas maintenu dans certaines limites fixées par une règle écrite' ».

Et malgré lout cela, on ne peut songer à abandonner la méthode orale. La Maçonnerie est obligée de s'y tenir, en dépit de tous ses inconvénients, de toutes ses erreurs et incertitudes — ou de périr. Retirez-luî son secret et vous lui retirerez la vie. Ouoiqu'étant les mêmes, sa philosophie, ses symboles, ses doctrines seraient autant de rebuts qui moisiraient sur des rayons d'antiquités littéraires ; son système serait méprisé et ses Loges désertées.

L'éloge ties écrits maçonniques qui retentit si fort à nos oreilles, proclamant leur importance et leur utilité, est en étrange contradiction avec tout ceci. La dillérence qui existe entre les Loges qui j)ra-

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