RELIGION
L'idée de présenler la Maçonnerie coinme une religion doil paraître si nouvelle à bon nombre de nos lecteurs, et les protestations qu'elle soulève dans la Fraternité se font entendre si bruyantes et si prolongées, qu'un peu })lus de lumière sur cette (jueslion ne sera pas hors de propos. Remettons au Dr. Mackey le soin de nous inS' truire, tout en nous réservant le droit d'appeler votre attention de ci, de là, sur certains points où il risquerait de nous égarer.
« Un grand nombre d'orateurs et d'essayistes maçonniques, nous dit Mackey*, ont en vain dépensé beaucoup d'esprit et de talent pour prouver que la Maçonnerie n'est pas une religion. Ceci vient sans doute du rapprochement que des gens bien intentionnés, quoique dans l'erreur, ont voulu faire entre la Religion et la Maçonnerie, et l'on a craint aussi que, si on les séparait trop ouvertement Tune de l'autre, les adversaires de la Maçonnerie ne réussissent à établir une théorie qu'ils se sont plu à avancer. Ceux-ci prétendent que les Maçons sont portés à substituer les 'enseignements de leur ordre aux vérités du Christianisme.
« Pour moi.ajoute-t-il.qui n'ai jamais cru un instant qu'un esprit bien équilibré puisse admettre une prétention aussi déraisonnable que celle qu'on attribue à la Maçonnerie de vouloir se substituer au christianisme, je ne suis pas disposé à faire autant de concessions que des Frères plus timides touchant le caractère religieux de la Maçonnerie. Au contraire, je soutiens, sans la moindre hésitation, que la Maçonnerie est, dans toutes les acceptions du mot, sauf une, et la moins philosophique de toutes, une institution éminemment religieuse, qu'elle doil uniquement à Vêlement religieux qu'elle contient son origine et la perpétuité de son existence, et (|ue, sans cet élément religieux, elle ne mériterait guère la peine d'être cultivée par un homme sage et bon. Mais, pour être mieux comjjris, il serait utile de s'entendre sur la vraie définition de la religion. 11