Encijdoinrdia of Freemasonry. \). illJ'.t
/2 PLVS DK LIMIKRE MR LA FRANC-MAÇONNERIE AMERICAINE
n'est tien de plus illoij;ique (|iie de raisonner snr des termes non définis. Webster a donné qualir délinilions dislincles de la religion ».
Ainsi, vous l'avez entendu : l'élément religieux est Tàme même de la Maçonnerie ; c'est à lui t|u"(dle doit son origine et la perpétuité de son existence ; sans lui. la Maçonnerie n'auiait aucune valeur. Les Frères orateurs et essayistes qui ont nié avec tant d'esprit et de talent la présence de cet élément religieux dans la Maçonnerie et qui ont cherché à démontrer (jue la Maçonnerie et la religion étaient séj)arées l'une de l'autre, ont pu le l'aire dans une bonne intention, sans doute, mais, à notre avis, ils n'étaient ni sincères, ni honnêtes. Pour eux, ce n'était pas la vérité (jui importait, mais la crainte que les adversaires de la Maçonnerie ne réussissent à établir cette théorie, (pie celle-ci cherche à se substituer au Christianisme. Mais pourquoi cette crainte, s'il n'en est pas ainsi? Comment povn-rait-on réussir à imposer une théorie, si elle est fausse? « Ils se trompaient en le croyant. » dit le savant Dr.Mackey. Se trompaient-ils vraiment? Xous le verrons plus tard.
Ln mot encore, et nous continuerons notre citation. Le Dr. Mackey nous dit que la Maçonnerie est la religion dans les trois premiers sens du mot, mais non dans le quatrième, qui est le moins philosophique. Ignorant le système de philosophie adopté par le Docteur, nous ne pouvons, pour le moment, éclairer nos lecteurs sur ce qu'il trouve de non philosophique ou de moins philosophique à ce quatrième sens. PeuL-ètrc la lumière se l'era-t-elle à mesure que nous avancerons. Voyons donc ces définitions de Webster, telles (pie les rapporte notre auteur :
« l"La Religion, prise dans sa plus grande compréhension, renferme une croyance à l'existence et aux perfections de Dieu, -[à la révélation de sa volonté à l'homme, — à l'obligation où est l'homme d'ol)éir à ses commandements, — à un étal fulur de récompense ou de châtiment, et au compte (jiie nous devons rendre à Dieu ; puis à la vie religieuse et pieuse (jue nous sommes lemis de uicikm' en prati(pianl lous les devoirs moraux ».
Il est vrai (pie cela siillil à constituer la religion ; il n'y a (pi'une chose qui mampie pour (pie cela fasse une religion : c'est de réaliser ces éléments. C'esl une cho.se de ( roire d'une manière générale en un Dieu (pielcoïKjue, possédant telles ou telles perfections ; de croire en une révélai ion dont nous ignorons le sujet, en des obligations abstraites, en une vague responsabilité, — et c'en esl une autre toute difTérenle de croire en un Dieu défini, ayant des perfections déterminées ; en une révélation certaine de sa volonté, en des obligations et des devoirs bien précis ; et ce n'est qu'avec de telles croyances (pie nous pourrons prali(pier des vertus délerminées et
mener une vie vraiment pieuse. Une simple croyance générale et indéterminée en un Dieu quelconque, en des devoirs imprécis, en une révélation vague ne portera jamais à suivre une ligne de conduite indéfeclil)le et no pourra davantage former un idéal vers lequel nous puissions diriger noire vie et rajjpelcr une vie vraiment pieuse. La précision sur tous ces points est indispensable à la direction des actes, car notre intelligence, comme notre volonté, est impuissante tant qu'elle est dons rincerlitude. Elle serait étrange, cette piété qui s'accommoderait de ninipurle quelle conception de Dieu ; comme le serait un idéal humain qui trouverait sa réalisation dans n'importe quel homme, car alors l'assassin, l'incendiaire, l'ivrogne, le débauché pourraient convenir à cet idéal indéterminé aussi bien que l'homme honnête, sobre, temjiérant ou possédant quelque autre de ces habitudes que nous appelons vertus. Dans celte hypothèse, les pa'iens pourraient être pieux en même temps qu'adultères comme Jupiter, ou ivrognes comme Bacchus ; et les païennes pourraient être à la fois pieuses et aussi impudiques que Vénus.
Donc, si cette première délinilion peut convenir à la Maçonnerie, comme l'aflirme le Dr. Mackey. cela sufïit à prouver que, non seulement la Maçonnerie est la religion, mais qu'elle est une religion. Car, en fait, la Maçonnerie enseigne une morale déterminée, impose des devoirs précis, approuve ou blâme un certain genre de vie. Ceci suppose nécessairement une révélation, une loi etl^des obligations définies, un législateur et un Dieu défini. Rendez quelqu'un de ces éléments indéfini, et vous (U'-l mirez du même coup la force de l'obligation.
Nous savons bien que les Maçons nous diront que nous faisons erreur, et que la Maçonnerie permet à chacun de ses membres d'avoir pour idéal les révélations de sa propre religion : le Juif, l'Ancien Testament ; le Chrétien, l'Ancien et le Nouveau : le Mahometan, le Koran, etc. Mais nous ne nous trompons point ; car la règle de vie ne consiste pas seulement dans l'usage de ces livres, mais dans l'usage de ces livres inlerpréiès niaçonniquement, c'est-àdire d'après les doctrines maçonniques bien définies qui, à en croire les oracles de l'Institution, sont contenues dans ces livres. Xous Iraiterons cette question tout au long dans le chapitre « la Franc- Maçonnerie américaine et la Bible ».
La Maçonnerie doit donc, comme elle le fait d'ailleurs, donner aux éléments généraux de la religion un sens défini et réel ; et, du même coup, elle constitue nécessairement une religion; car chacun sait que ce qui existe réellement est individuel. Donc la Maçonnerie est une religion.
2" Suivant la deuxième définition donnée par Webster, au dire du Dr. Mackey. « la religion, en tant que disliuctc de la théologie, consiste dans la pratique de la piété réelle, c'est-à-dire dans l'accomplissenienl de tous les devoirs connus envers Dieu et nos semblables, soit par obéissance à l'ordre divin^, soit par amour de Dieu et de sa loi ».
3"^ Webster dit encore, suivant noire autour. « que la religion, en tant que distincte de la Vertu et de la Morale, consiste dans l'accomplissement des devoirs que nous devons rendre directement à Dieu pour obéir à sa Volonté ».
4" « Enfin, ajoute notre Docteur. Webster définit la religion, un système quelcoiupie de loi ou d'adoration ; et, dans ce sens, dit-il, la religion comprend aussi bien la croyance et le culte des païens et des Mahometans que ceux des Chrétiens — toute religion consistant en une croyance à une ou à plusieurs puissances supérieures qui gouvernent le monde et en l'adoration de cette puissance ou de ces puissances. Et c'est dans ce sens-là que nous parlons de la religion lurcjue ou juive comme de la religion chrétienne ».
Voilà comment le Dr. Mackey définit la religion dans ses quatre significations. Il dit qu'en ceci, il suit Webster. Il ne nous précise pas l'édition d'où il tire ses citations, qu'il nous est impossible de vérifier. Les meilleures éditions actuelles de Webster ne donnent pas ces définitions de la même manière que le Docteur. Nous ne lui chercherons cependant pas querelle à ce sujet; mais nous allons les accepter telles qu'il nous les donne, qu'elles soient ou non de W'ebster.
« Il est clair, ajoute-t-il, que, quelle que soit celle des trois premières significations dans laquelle nous prenions le mot religion — et elles ne diffèrent pas sensiblement entre elles, — la Maçonnerie est autorisée à réclamer le titre d'institution religieuse. Si on l'examine scrupuleusement et de près, on verra qu'elle répond à tout ce qu'exige n'importe laquelle de ces trois définitions ». « Elle requiert une croyance en Dieu et en ses perfections, continue le Docteur, à ce point que, pour entrer dans l'CJrdie, il est iiulispensable de faire publi(iuement cette profession de foi. Celui qui ne croit pas à l'existence de Dieu ne peut être reyu Maçon ». Et plus loin : « On a|>p(dic d'une façon techni([ue •< morale spirituelle et plaurhc à tracer maçonni(|ue » la révélation de la volonté de Dieu à l'homme, et tout Maçon doit, suivant les règles et les plans de celte révélation, ériger l'édifice spirituel de sa vie éternelle ». Il ajoute : <' Un état de récompense ou de cliAtimcuit es! nécessairement compris dans toute idée d'obligation, car celle-ci perdrait sa force et son eflicacité sans la croyance à cet étal. El la Maie piété, .soit
dans le culte divin, soit dans la pratique de la vie, est inculquée comme le devoir immuable du Franc-Maçon, depuis la réception au premier grade jusqu'à l'admission au dernier )>.
« C'est ainsi, dit-il, que, suivant la deuxième et la troisième définition, toute cette piété pratique et l'accomplissement de nos devoirs envers Dieu et envers nos semblables viennent de ce principe d'obéissance à la volonté divine sur lequel ils sont fondés. De quelle autre source, ou de quelle autre volonté pourraient-ils venir? C'est la voix du Grand Architecte de l'Univers, dont chaque cérémonie de notre rituel est pour nous un symbole, de même que chaque pièce d'ameublement de notre Loge ; tout parle au vrai Maçon pour lui commander de craindre el d'aimer Dieu et ses frères. Il est oiseux de dire que le Maçon fait le bien simplement parce qu'il obéit aux statuts de l'Ordre. Ces statuts eux-mêmes ont leur sanction dans l'idée maçonnique de la nature et des perfections de Dieu, idée qui nous est parvenue dès l'origine de l'histoire de l'Institution, et la diffusion de cette idée en fut le Init et la raison d'être ».
Nous avons laissé le Dr. Mackey s'étendre tout à loisir, car ses paroles sont une belle confirmation de tout ce que nous avons déjà prouvé. Comme le credo de la Maçonnerie évolue sous sa plume facile ! « Une croyance en Dieu et en ses perfections » ; « la révélation de sa volonté à l'homme » ; « un état de récompense ou de châtiment » ; « vraie dévotion envers Dieu et piété dans la pratique de la vie » ; quel vaste champ de croyance tout ceci ouvre au Maçon instruit ! Il n'est peut-être pas tenu-à tout pratiquer, mais il faut qu'il admette tout. Et remarquez comme tout est déterminé et précis en Maçonnerie, en dépit des apparences : piété pratique et obéissance à la volonté divine ; la voix du Grand Architecte de l'Univers symbolisée par toutes les cérémonies et parlant par chaque pièce de l'ameublement de la Loge ; l'idée maçonnique de Dieu, qui est la sanction des statuts de l'Ordre. Il ne s'agit pas d'une piété quelconque, d'une volonté divine quelconque ; d'une voix ou d'une autre ; d'une idée de Dieu indéfinie ; mais, selon le cas, chaque chose est fixe et déterminée. Tout est réel ; tout fait partie A\ine religion.
« Cependant, il faut avouer, dil-il, que la quatrième définition ne semble pas s'appliquer strictement à la Maçonnerie ». Mais, en fait, la quatrième définition, qu'elle le paraisse ou non, 'es/ applicable à la Maçonnerie au sens strict du mot, comme nous l'avons déjà prouvé plus d'une fois et comme nous le prouverons encore. Nous ne nous attendons pas, dans une organisation comme la Maçonnerie, qui cherche à se cacher derrière un voile impénétrable, à voir que les
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choses paraisse/il ce qu'elles sonl en réulilé. .Nos lecteurs, qui ont cru tout d'abord que la Maçonnerie était une simple institution de l)ienfaisanc('.sont étonnés denlendre les révélations roliyieuses que la Fraternité lait sur son propre complo. Il ne \ouv semblait pas que la Maçonnerie fût religieuse dans aucun sens du tonne: et pourtant, malgré les apparences, notre auteur admet spontanément que les trois premières significations de la religion, significations attribuées à Webster, peuvent être applicable.; à la Maçonnerie ; l)icn mieux, il prouve qu'elles le sont. Les apparences sont parfois décevantes.
-' Mais elle [la Maçonnerie n'a aucunement la prétention de prendre une place parmi les religions du monde, entendues comme sectes, ou systèmes particuliers « de foi et de culte » par quoi nous distinguons le Christianisme du Judaïsme, ou le Judaïsme du Mabomélisme ».
La vraie Maçonnerie n"a aucune prétention à occuper une place dans ce qu'elle appelle les religions du monde; car celles-ci, comme nous l'a dit le F.-. Pike, sont des corruptions de la foi primitive. La Maçonnerie ne veut certes pas prendre rang parmi ces dernières, pas plus qu'elle n'ambitionne dètre une secte dilférant ilu Christianisme comme le Christianisme dilTère du Judaïsme ; car notons bien que, dans l'idée maçonnique, les sectes particulières sont la corruption dift'érant de la corruption ; la religion fondamentale étant la même en l'une et en l'autre, les ditïérences ne proviennent que des erreurs accumulées qui sont l'œuvre de l'homme. La Maç'onnerie diffère donc, d'après sa i)roprc théorie, de toute forme l»articulièrc de religion, elle est la religion calholique, universelle, de l'humanité. File prétend être le type pur duquel les religions sont les déformations mullijiles. Elle est la base solide sur laquelle on a entassé des erreurs variées. Aussi difl'ère-t-elle de toutes les religions : elle est cachée, enfouie sous toutes ces formes particulières de religion, mais elle est supérieure à toutes.
« Dans ce sens du mol le sens de secte . dit-il. nous ne parlons et nous ne pouvons pas parler de la religion maçonnique, pas plus que nous ne dirons d'un homme qu'il n'est pasun Chrélien,mais un .Maçon. N'oilà oi^i les adversaires delà Mnçonnerie se sont fourvoyés ; ils ont confondu l'idée d'une institution religieuse avec celle de la religion chrétienne en tant (pie forme spéciale de culte, et ils ont supposé (pie. parce que la Maçonnerie enseigne la vérité religieuse, elle se propose comme remplaçante de la vérité chrétienne et du devoir chélien ' ».
Les idées chrétiennes sur Dieu et sur l'àme humaine, les idées