‹ Etude sur la franc-maçonnerie américaineChapitre 54 sur 221 · En<iirh)p:v(li(t nf l-'rrrmnsoiirii. p. fill · texte numérisé non relu

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i:N TANT GUE RELIGION'

calholiques, par exemple, sonl-elles idenliqueinenl les mêmes que les idées maçonniques ? Les devoirs chrélicns, au sens strict du terme, sont-ils identiques aux devoirs maçonniques ? La morale chrétienne et la morale maçonnique sont-elles semblables ? Répondez par oui ou par non. Vous ne pouvez pas dire " oui '", car vous idenlifiori"z la Maçonnerie au Christianisme en i^énéral ou au Catholicisme, et vous protestez bien haut, et avec raison, qu'il n'en est pas ainsi. Par ce seul mot, vous détruiriez tout l'échataudage maçonnique, sa raison d'être et celle de son mystère, car nous trouverions en dehors de la Maçonnerie ce qu'elle affirme ne pouvoir exister ailleurs que dans son sein. Il faut donc que vous répondiez : « Non : l'idée chrétienne de Dieu, la morale chrétienne et le devoir chrétien ne sont pas maçonniques ». Et vous avez raison, votre assertion sera confirmée à chaque pas que nous ferons dans notre Etude. Mais ne voyez-vous pas que le Maçon instruit, le candidat à la lumière maçonnique qui embrasse votre théorie doit nécessairement, s'il est sincère et honnête, abandonner les idées chrétiennes, les idées calholiques qu'il avait jusqu'alors tenues pour sacrées, pour adopter les nouvelles idées, les nouveaux principes, la nouvelle vie que propose la Maçonnerie ? N'est-ce pas là une substitution évidente ? « Mais elle ne se présente pas sous cet aspect », dites-vous. Ah ! voilà qui est bon : qu'elle se présente ou non comme telle, elle est logiquement un remplacement, et c'est comme telle que l'accepte celui qui est véritablement instruit. Ainsi que nous l'avons dit, aucun homme, digne de porter ce nom, ne pourra à la fois croire que le Christianisme, le Catholicisme soit un tissu de corruptions et d'erreurs inventées par l'homme, et adhérer à ses doctrines spécifiques et pratiquer les devoirs particuliers qii'il impose. La naissance de la nouvelle foi est la mort de l'ancienne. Supposons qu'au moment même où s'opère ce changement, on présente à celui en qui il s'opère la pure religion, telle qu'il la conçoit ; s'il est honnête, il l'embrassera spontanément. N'est-ce pas de la sorte que .-'opère toute suljstilulion, qu'on l'appelle ainsi ou non?

Pour que le lecteur comprenne mieux le sophisme auquel recourt la Maçonnerie pour nier quelle veuille supplanter le christianisme, nous allons retourner brièvement à la doctrine qu'expose le F.". Pike : « La Maçonnerie enseigne et a conser\é dans toute leur pureté les principes fondamentaux île la vieille foi primitive, qui sont tes fiases sur tesqiietles s'appuie toute retigion. Toutes les religions qui ont existé jusqu'ici ont eu un fonds de vérité ; et toutes l'ont recouvert d'erreurs. Les vérités primitives enseignées par le Rédempteur furent plus rapidement corrompues, mélangées et alliées à des fictions que lorsqu'elles furent enseignées

aux premiers hommes. La Maçonnerie est la morale universelle qui convient aux habitants de tous les pays, aux hommes de tous les Credo^ ».

De son propre aveu, la Maçonnerie existe donc sous deux formes : une forme pure et intacte, qui se trouve dans le sein de ses Loges ; une forme fausse et corrompue, qui réside dans les diverses religions pratiquées au dehors. Dès qu'il entre dans une Loge, le candidat est inondé de lumière ; la lumière intellectuelle est créée dans le chaos de son esprit; les corruptions introduites par toutes les religions particulières apparaissent dans leur vraie lumière à son regard fortifié et purifié ; et au travers de ces corruptions, derrière elles, dans chacune d'elles, il découvre la pure Maçonnerie, bien qu'elle soit cachée et ensevelie sous^leur masse. Il faut donc que vous en arriviez à reconnaître la Maçonnerie dans votre religion, que vous soyez catholique, protestant, juif ou bouddhiste; il faut que vous admettiez que votre religion, quelle qu'elle soit, n'est qu'une variété de la Maçonnerie, son prototype, etune variété d'origine humaine. Ne comprenez-vous pas. disent les auteurs à qui nous avons affaire, que vous ne substituez aucunement la Maçonnerie à votre religion, mais que vous ne faites que reconnaître en celle-ci la Maçonnerie qui s'y. trouve? Vous écartez simplement les corruptions sans faire de substitution. Il est donc juste de dire que la Maçonnerie peut communiquer sa lumière aux hommes de toutes les religions, sans s'occuper de ce ([u'elles sont, puisque toutes sont, en résumé, la Maçonnerie elle-même corrompue par l'homme.

Tel est donc le sophisme subtil et insidieux dont tout le système maconnicpie est vicié, et qui a trompé tant d'esprits bien intentionnés. Le germe de ce sophisme est contenu dans les ligures dont usent nos auteurs. Elles semblent bien appropriées, et .sont copendiinl des j)lus inexactes, si l'on y regarde de près. Ce qu'on nous donne pour des erreurs dans les diirérenles religions, c'est ce que la Maçonnerie appelle des constructions superposées aux vérités primitives et fondamentales, et qu'elle représente comme des corruptions qui recouvrent et cachent ces vérités. La fausse impression faite sur l'esprit du disciple de la Maçonnerie est celle-ci : il croit que les vérités premières et fondamentales sont distinctes des erreurs et des altérations qui constituent toutes les formes particulières de religion et que l'on compare à des constructions superposées, tout comme les fondations d'une maison sont distinctes desélages qu'on élève au-dessus, comme est distinct le fer de la rouille qui le ronge, le diamant, de la teirc (pii le recouvre. Si ce sont choses bien dis-

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