Morals anil Dogma, p
linctes, on peut donc enlever les unes sans nuireà l'autre, car chacune a son existence indépendante. Voilà le sophisme d'où vient le mal.
Or, ce que la Maçonnerie appelle erreurs et corruptions dans les difïérentes religions, est précisément ce qui constitue ces religions. Ceserreurs ne forment pas quelque chose d'étranger à l'essence de la religion comparable à la terre qui enveloppe le diamant, mais quelque chose qui lui est intimement, intrinsèquement uni, s'identifiant avec elle au point de ne former qu'une seule et même chose, une sorte de composé vivant dont on ne saurait séparer les éléments sans le détruire. Retirez au Christianisme ses doctrines particulières, et vous n'aurez plus le Christianisme. Retirez au Judaïsme, au Bouddhisme, au Presbytérianisme ce qui leur appartient en propre, et vous les détruirez, quoi qu'il reste à leur place. Dites ce que vous voudrez, vous leur avez enlevé l'existence même en leur retirant ce que vous appelez corruptions, comme on détruirait un homme, un cheval, un chien, un chevreuil en les dépouillantde leurs caractères spécifiques : on eu ferait de simples animaux et rien de plus. Et de même que cet animal abstrait et général, s'il pouvait exister, ne ressemblerait en rien à l'homme, au cheval, au chien, au chevreuil, puisqu'il ne serait aucun d'eux, de même la Maçonnerie est ellemême considérée dans le système maçonnique comme la religion fondamentale, différente et distincte de ses formes variées, car elle n'est aucune d'elles. En résumé, la Maçonnerie, même dans la théorie qui la pose en religion fondamentale, et quoique cette théorie soit fausse, constitue une religion distincte, comme nous l'avons prouvé par d'autres arguments.
«Ses amis les plus chauds et les plus.éclairés,continueleDr. Mackey, n'ont jamais avancé ni soutenu une semblable prétention, à savoir : que la Maçonnerie fût présentée comme devant se substituer à la vérité et au devoir chrétiens' «.C'est vrai. Docteur, répondronsnous ; mais une telle action ou une telle absence d'action ne prouve rien. Vous savez aussi bien que moi qu'il serait excessivement imprudent aux amis les plus fervents de la Maçonnerie d'avancer ouvertement ou de soutenir pareille théorie, si vraie qu'elle put être. Ces amis doivent prétendre le contraire. Vous le prétendez vousmême, et ils suivent votre exemple. Il faut nous excuser cependant de nepas accepter comme preuve de votre assertion ce qu'ils n'ont point fait.
(» La Franc-Maçonnerie n'est pas le Christianisme, dit le Docteur, ni sa remplaçante. Elle ne cherche pas à le supplanter, non plus que n'importe quelle autre forme de culte ou de système de foi.