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instants sur la forme de raisonnement commune, nous devrions dire classique, chez les auteurs maçonniques. On la nomme induction ; elle serait parfaitement légitime si elle était conforme aux règles auxquelles elle devrait se soumettre. Mais nous allons montrer l'écueil en faisant voir qu'il n'est aucune forme de raisonnement où il soit plus facile de violer les règles, sans que le lecteur ordinaire s'en aperçoive (Jn nomme quelques auteurs anciens qui auraient enseigné une théorie : donc toute l'antiquité l'enseigna. Les Grecs, les Romains, les Druides, les Brahmanistes pratiquaient telle cérémonie : donc toute l'antiquité la pratiqua. Les références aux auteurs cités sont trop rarement données. Gicéron dit, Plaute dit, Macrobe dit, telles sont les informations otTertes. Parfois, on renvoie d'une manière générale à tout un ouvrage, comme pour le De Spiritu Sancto de saint Basile. Tout le monde conviendra que des recherches personnelles sur les bases de ces inductions sont pratiquement impossibles. Prenons un exemple tiré du Masonic Ritualist, p. 26 : « Le poète latin, Plaute. fait dire à l'un de ses personnages : « Si vous voulez honorer les dieux, il faut vous tourner du côté droit ». A lire ce passage tel qu'il est présenté, on se figure que Plaute est le Shakespeare de la poésie latine, et que son opinion doit avoir une grande importance. Mais, en examinant le texte de plus près, nous nous apercevons que ce n'est même pas Plaute qui parle, mais un de ses personnages. Dans quelle œuvre? On ne nous le dit pas. De sorte que, même si nous savons le latin, même si nous sommes assez instruits dans cette langue, en supposant encore que nous ayons un Piaule sous la main, il nous sera bien difïicile de trouver un texte ainsi isolé. De plus, en admettant qu'un personnage de Plaute dise en effet cela, un auteur ne fait pas exprimer à tous ses personnages ses propres idées et ses sentiments. Et même si Plaute était vraiment(ce qu'il n'est pas) le poète romain, c'est-à-dire l'oracle de son siècle, qui prendra la peine de faire des recherches si longues et si ennuyeuses sans être sûr du succès? La difïîcullé des recherches est fatale à l'investigation personnelle ; on trouve plus simple de croire aveuglément ce qui est écrit, de s'imaginer qu'il y a une autorité qui fait loi là où il n'y en a pas, d'admettre que la question est résolue, surtout si elle l'est selon le secret désir de nos cœurs. Mais un tel système n'est compatible qu'avec la crédulité la plus aveugle. A ceux qui sont habitués aux raisonnements faits à la légère et qui ne prennent pas la peine de faire des recherches personnelles soigneuses, on n'a qu'à parler bien haut de l'émancipation de l'intelligence, de l'impossibilité où est tout homme ou toute société d'hommes de nous dicter notre foi religieuse, et on leur fera aisément avaler Plaute et ses personnages avec leurs sentiments
«Après avoir fait des difTicullés pour un moucheron, ils avaleront un chameau », suivant le proverbe. Mais retournons à notre « circumambulation ».
Ayant tlonc établi à son entière satisfaction ce qu'il considère comme l'origine évidente de l'Institution, le Dr. Mackey continue :
(* Parmi les nations pa'iennes, c'était à la grande doctrine du Sabaïsme ou Culte du Soleil que s'appliquait la « circumambulation ». Seule, la Franc-Maçonnerie lui a conservé son sens primitif, celui de symboliser le soleil comme source de lumière matérielle et comme l'œuvre la plus merveilleuse du Clrand Architecte de l'Univers ».
« L'explication que donnent Webb et Cross dans leurs leçons modernes ne vaut pas la peine d'être critiquée. La Loge représente le monde; les trois principaux officiers représentent le soleil dans ses trois phases principales — au lever, à midi et au coucher. La circumambulation rappelle donc ce cours apparent de l'orbe solaire qui, passant par ces trois points, fait le tour du monde. Nous considérons ceci comme son symbolisme astronomique, mais au point de vue intellectuel, la circumambulation et les obstacles qu'elle rencontre en difîérents points, symbolisent les travaux et les difficultés de l'étudiant au cours du chemin qui le conduira de la nuit intellectuelle ou ignorance à la lumière intellectuelle ou Vérité ' ».
La clarté se fait pour nous, car nous savons maintenant avec quelle forme du paganisme la Maçonnerie réclame une parenté. C'est avec le culte solaire des anciens. Mais, avant de nous lancer dans les commentaires, permettons à notre auteur de nous instruire davantage.
L'adoration du soleil, nous dit-il. fut introduite dans les mystères, non pas à titre d'idolâtrie matérielle, mais comme moyen d'exprimer une idée du passage de la mori à la vie, idée qui est tirée delà réapparition journalière de l'astre lumineux à lest après sa disparition à l'ouest pendant la nuit..\u soleil encore, en tant que régénérateur et vie de toutes choses, doit être rendu le culte phallique, qui avait une part importante dans les mystères. Les Gnostiques ont pris aux initiations milhria(|ues, dans lesquelles le culte du soleil tenait une place si prépondérante, un grand noml)re de leurs symboles qui ont à leur tour eu leur inlluence sur les Francs-Maçons du moyen âge. C'est ainsi que le soleil s'est fait une place si éminente dans le système maçonnique, non comme un objet du culte, mais simple-