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Eï LE PAGANISME 93
ment comme un symbole dont rinlerprélalion se présente de différentes manières ».
Remarquez bien, cher lecteur, quelle généalogie la Franc-Maçonnerie américaine revendique constamment dans ses auteurs classiques : l'Institution moderne vient de la Maçonnerie du moyen-âge, née des Gnostiques, les descendants des mystères mithriaques ou autres semblables, engendrés à leur tour par le sabaïsme ou culte primitif du soleil ; le culte phallique, ou culte des facultés génératrices de l'homme, tenant partout un rôle important. Trouveronsnous ce même culte dans la Maçonnerie ? Il faut nous y attendre, si la vie tout entière de la Maçonnerie moderne et les anciens mystères du paganisme sont identiques ; si, comme on nousle dit, ladilTérence qu'il y a entre eux n'est que de pure forme. Toutefois, ne disons pas encore notre dernier mot. mais attirons plutôt l'attention de nos lecteurs sur une expression ou deux introduites par le Dr. dans quelques passages ; elles pourront éclaircir notre sujet.
Dans le Ritualist, Mackey appelle le soleil : « la plus merveilleuse des œuvres du Grand Architecte de l'Univers », et dans le dernier passage que nous avons cité :« le régénérateur et celui qui revivifie toutes choses ». De plus, il est toujours personnifié et n'est jamais employé au genre neutre. Notons que cette personnification constante qui, en anglais, se comprend dans la poésie où elle est à sa place, n'a aucune raison d'être en prose, surtout dans la modeste prose rituélique.Un homme sensé, et à plus forte raison un homme instruit, n'aurait jamais recours à ce procédé, sinondans un but déterminé. Et pourquoi le soleil matériel, « source de lumière matérielle », est-il l'œuvre la plus noble de l'univers ? Que deviennent l'âme humaine, le monde des esprits, la vie, l''inteliigence, le libre arbitre? Est-ce que la Maçonnerie soutiendrait qu'ils sont le produit de la lumière matérielle du soleil, « le régénérateur et vivificateur de toutes choses »? Serait-ce là la nature et l'essence de làuie humaine que doit nous apprendre la Maçonnerie? Si nous devons entendre ses propres expressions à la lettre, nous répondrons allirmativement à toutes ces questions; oui, nous sommes « les enfants de la lumière » dans son sens le plus matériel. Si les assertions delà Maçonnerie doivent être entendues diiïeremment, elle aurait dû s'exprimer autrement.Comme nous reprendrons ce sujet plus tard, contentons-nous de bien faire ressortir l'importance du soleil dans le système maçonnique.
Cette importance va nous faciliter l'étude des purifications : « Dans les Anciens Mystères, dit le Ritualist à la page 40, le candidat procédait tout d'abord à la lustration ou purification. Il n'était pas permis au candidat de pénétrer dans le vestibule sacré ou d'en-
tendre la formule secrète de l'initiation avant qu'il ne se fût symboliquement purifié, par l'eau ou par le feu, des corruptions du monde qu'il était sur le point de quitter. Un principe analogue existe dans la Franc-Ma<^onnerie, où les premiers symboles présentés à rAppnnili enrôlé sont ceux qui impliquent une piu'itication du cœur, dont la purification corporelle des Anciens Mystères était le svmbole. Nous ne faisons plus usage <lu bain ni de la fontaine, parce que, dans notre système philosophique, ce symbolisme est plus abstrait ».
Il est vrai que. pour ceux qui considèrent le soleil comme le régénérateur et le purificateur de la nature, le feu est un agent de purification beaucoup plus naturel que l'eau. Nous lui devons la chaleur de notie sang et celle de nos passions. Aussi les païens comprenaient-ils ainsi les choses lorsqu'ils donnèrent au culte de la passion humaine une place prépondérante dans leur adoration du soleil- L'eau est le symbole et le moyen de purification dans le baptême chrétien, mais la Maçonnerie n'est pas chrétienne et trouve le symbolisme du Christianisme trop abstrait.
Le non-initié pourrait demander : Pourquoi la purification par l'eau est-elle trop abstraite? L'eau n'est-elle pas un symbole commun de purification? N'est-ce pas par elle qu'est purifié tout ce qui est souillé ou malpropre? Et, comme elle punfie'nos mains et notre visage, qu'y a-t-il d'abstrait à la prendre comme symbole de la purification de nos cœurs? Pour bien comprendre notre auteur, il faut le lire à la lumière de la philosophie de la Kabbale traitant de l'homme: de cette vieille Kabbale juive d'où la Maçonnerie a tiré sa philosophie en grande partie. Dans ce système, ce n'est pas le cerveau, mais le cœur qui est le siège de l'intelligence. La purification du cœur n'est donc pas pour eux, comme pour nous, la purification des allections, mais celle de l'intelligence. Nous ne parlons pas de purifier l'intelligence, mais de l'éclairer. Llleesl purifiée lors(jue les nuages de l'ignorance (jui l'obscurcissent sont dissipés, comme l'air est purifié lorsque les miasmes et les vapeurs dont il est chargé sont dissipés par 1(> layous du soleil. La purification du cœur est donc celle illumination spiriiuelle dont la Maçonnerie nous a parlé dans le « Choc de rilhiniination ■. et qu'elle nous a complètement révélée en nous parlant de la liiniièie matérielle du soleil. Celte purification du co'ur, cette science particulière aux anciens mystères du j)aganisnie et à la Ma(:(»nnerie, est. en elVet, mieux représentée par le feu »[iie par- l'eau. i)iii>qiie le feu bn'de là ovi leau éteint. C'est à la Kabbale, qui a tant eni|iniiilé aux niyslèi-es païens, et à ces niN>lèi-es eiix-mèiiies. tpie nous aurons à deuuinder une explicalifin ^iii" ce <pr<'sl la li-ane-Macoimerie et >ur ses syml)oles. Pour
nous qui connaissons drjà les rappoi'ls de la Maçonnerie avec les mystères, le l'ait est évident ; cependant, nous voulons en demander une nouvelle conlirmation à notre Ritualist.
Nous y lisons aux paires 41 et 42 : « Les Maçons instruits ont toujours eu tendance à aller au-delà des simples expressions techniques et des phrases stéréotypées des leçons ; ils fouillent l'histoire et la philosophie des religions de l'antiquité et l'organisation des anciens mystères pour y chercher la véritable explication de la plupart des symboles de la Maçonnerie, et c'est là qu'ils ont toujours pu trouver leur véritable interprétation ».
Allez donc tous, initiés et profanes, allez, vous qui voulez étudier la Maçonnerie, non pas dans sa seule forme extérieure qui ne vous donnera aucune interprétation vraie de ses symboles, mais dans son esprit et dans sa substance, allez aux vieux mystères du paganisme; pénétrez-vous de leur histoire, de leur organisation, de leur philosophie, et vous y trouverez la Maçonnerie telle qu'elle est. Il faut, comme nous le dit le Dr. Mackey, que nous étudiions le paganisme pour comprendre la Franc-Maçonnerie. Les Maçons savants ont toujours été aux sources [)aïennes, et c'est là qu'ils ont toujours réussi à trouver la véritable interprétation.
Quoi de plus naturel, puisipie la vie toutentière, l'esprit des mystères du paganisme, et la Maçonnerie sont identiques ? Tenez-vous à l'entendre dire par des lèvres maçonniques? Ecoutez le Dr. Mackey discourir sur ce ({u'il appelle l'ère préhistorique de la Maçonnerie ' .
« Et, en ce qui concerne lère préhistorique, dit-il, — celle qui la rattache aux mystères du monde pa'ien, aux vie'^x prêtres d'Eleusis, deSamolhrace oudeSyrie — avouons franchement que nous ne parlons i)as maintenant de la Maçonnerie avecson organisation actuelle, qui, nous le savons, n'existait pas alors, mais d'une science particulière et uniquement particulière aux Mystères et à la Franc-Maçonnerie, d'une science que nous pourrions appeler le symbolisme maçonnique et qui constituait le sang coulant dans les veines des institutions anciennes et modernes, science qui leur donnait une identité de fond alors même que les formes étaient dissemblables ». Voici donc ce vieux collège sacerdotal que nous cherchions au chapitre précédent ; il est formé des prêtres d'Eleusis, de Samo- Ihrace ou de Syrie 1 C'est de ce collège-là que la Maçonnerie proclame qu'elle t'eut sa doctrine religieuse, les Vérités pures de la foi primitive, « la Vérité Divine — la N'érité sur Dieu et sur l'âme humaine — la nature et l'essence de l'un et de l'autre ». Considérez