Symboluim, p
l'orthodoxie », nous dit le Dr. De quelle orthodoxie parle-l-il ? Est-ce de l'orthodoxie catholique, de l'orlhodoxie chrétienne? L'une comme l'autre trouvent cette théorie très discutable, car, ainsi qu'il en convient lui-môme, quel qu'ail pu être le sens qu'elle avait à l'origine, on lui en a prêté dans la suile un autre grossier et sensuel. Ce qui a été fait une fois peut l'être deux. Notre auteur pourrait-il nous indiquer le moyen de l'empêcher ? Et, pourquoi, je vous prie, faut-il admettre que les premiers auteurs de la théorie en question aient employé le mot sexe dans un sens spirituel, et comme symbole de « puissance » ? Ses derniers partisans ne l'ont pas entendu ainsi — le Dr. l'avoue^ ; pourquoi leurs devanciers auraientils nécessairement fait le contraire? L'auteur affirme ce qui réclame des preuves ; c'est que des preuves, il n'en a pas.
Ceux qui, dans des temps plus récents, ont été initiés au système maçonnique, ont pris dans un sens grossier et sensuel, différent de de ce que le Docteur appelle le sens « philosophique », un mot qui attribue un sexe à la Divinité. Il est donc faux que le sens philosophique de puissance soit » le seul qui doive êtie employé dans un tel rapprochement ». Et qu'y a-t-il après tout de si philosophique ou de si spirituel à employer le mot sexe comme symbole de la puissance de Dieu ? La philosophie, comme la charité, est faite pour couvrir une multitude de péchés. Le sens « philosophique »! Voilà un grand mot, derrière lequel peut se cacher bien du vide. Pourquoi se donner tant de peine pour faire de Jehovah un être hermaphrodite, afin d'arriver tout simplement à exprimer son omnipotence spirituelle ? Croyez-vous devenir philosophe parce que, constatant que la lumière du soleil contribue aux énergies génératrices et prolifiques de la nature, vous en faites une puissance hermaphrodite .''• Au lieu de devenir philosophe, vous vous rendez ridicule.
Pour ne pas donner à ce chapitre des proportions démesurées, nous ne traiterons de la découverte de Lanzi que dans le suivant ; son éclat et son importance méritent cette discussion à part. Nous allons retourner à notre Ritualist pour étudier le but de la Géométrie, de la Maçonnerie, afin de découvrir, autant qu'il est en notre pouvoir, dans cette science, la première et la plus noble de toutes, où il faut que nous cherchions ce Dieu maçonnique bissexuel ou hermaphrodite.
« La Géométrie, la première et la plus noble des sciences, est la base sur laquelle est érigé tout l'édifice de la Maçonnerie. Par la Géométrie, nous pouvons, d'une manière étrange, suivre la Nature dans ses détours variés et jusque dans ses recoins les plus cachés. Par elle, nous découvrirons la puissance, la sagesse el la bonté du
grand artisan de l'Univers, et nous considérerons avec délices les proportions (pii régissent cette vaste machine. Grâce à elle, nous verrons comment les planètes se meuvent dans leurs difl'érents orbites, et nous démontrerons leurs évolutions variées ; nous pourrons explicjuer le retour des saisons, et la variété des scènes que déploie chacune d'elles aux yeux attentifs. Nous sommes entourés d'une multitude de mondes, qui roulent dans l'espace immense : tous sont l'œuvre du même Artiste divin ; la même loi infaillible de la Nature les conduit tous.
« C'est en considérani attentivement la Nature, en observant ses belles proportions, que l'homme eut tout d'abord l'idée d'imiter le plan divin et d'étudier l'ordre et la symétrie. Ce fut là l'origine des sociétés et celle de toute œuvre utile '».
La Nature ! Voilà le mol mystique : l'objet de la Vérité divine de la .Mat:onnerie, c'est la Nature. Nous sommes, une fois encore, renvoyés à la Nature, culte des anciens mystères, auxquels la Maçonnerie a déjà eu recours pour nous expliquer ses doctrines symboliques. C'est donc par la Maçonnerie, car Géométrie et Maçonnerie ne font qu'un, que nous suivrons la Nature jus<jue dans ses profondeurs les plus cachées, que nous découvrirons les soutiens de la Loge maçonnique, que nous vénérerons la loi infaillible de la Nature en construisant une société sur son plan. Il faut,' par conséquent, que nous trouvions dans la Nature la Divinité bissexuelle de la Maçonnerie.
« Les mystères étaient un drame sacré, dit le F.-. Pike,- dans lecpiel se iléroulait quelque légende se lapportant aux changements de la Nature, à l'univers visible qui révèle la Divinité. Ils étaient, sous bien des rapports, aussi inlelligildes aux païens qu'aux chrétiens. La Nature est le grand Maître de l'homme, car elle est la révélation de Dieu ».
« Au-dessus de 1 immense chaos des erreurs humaines, dit-il encore ^ brille magnifiquemeïit la lumière calme el limpide de la religion naturelle ; elle nous montre Dieu comme le Père Infini de tous les hommes el possédant puissance, sagesse, justice, amour et sainteté en toute perfection. L'Univers, la Grande Bible de Dieu, rayorme splendidement tout autour de lui. La Nature matérielle est son Ancien Testament, vieux de millions d'années, plein de vérités éternelles (pie nous foulons sous nos pieds, étincelant des gloires immortelles (jui sont au-dessus de nos