Les italiques sont de Pike
I\ns qu'ils uoniiiienl de cliflerenles tarons. Le nom est sans la moindre importance '».
Nous laissons à nos lecteurs le soin d'imatsinor quelle sorte de Dieu nous pourrons avoir formé en mettant en lui des qualités, ou mieux en faisant de lui un ensemble de qualités avec une énorme majuscule au mol Oualités.La spiritualité du sexe d'un tel Dieu importe peu, nesl-il pas vrai ? puisque vous pouvez l'appeler Matière ou Esprit ; pour le Maçon éclairé, le nom que vous lui donnerez aura le même sens, que ce soit Satan, Jupiter, Vénus, Apollon, Nature : tout cela ne fait qu'un. Il sudit que vous admettiez les qualités d'une chose sans qu'il soit utile d'attacher d'importance à son nom. Reconnaissez les qualités de l'eau et appelez-la feu, pierre, poison, ballon, train de chemin de fer, cela n'a aucune importance, le nom ne fait rien à la chose. Reconnaissez les qualités d'un brigand, et donnez-lui le nom de Washington, d'Homère, d'Albert Pike ou du Christ lui-même, c'est là pure bagatelle.
L'absurdité et le peu de consistance d'un tel sophisme sont stupéfiants. Confondre le langage tel qu'il esi avec ce qu'il aurait pu ou pourrait être ! Il n'est pas douteux que lorsque l'eau reçut son nom, on aurait pu l'appeler feu et vice versa ; auquel cas, nous pourrions actuellement alîirmer que l'eau brûle une maison et que le feu étanche la soif. L'application du nom dépendit du libre choix de celui qui le donna. On aurait pu de même appeler George \\'ashinglon, Homère ou Albert PiUe ou tout autrement, sans rien changer pour cela à sa personnalité. Mais il eii va dilVéremment alors que les mots ont été choisis pour désigner telle ou telle chose, tel ou tel individu. Il devient impossible de les changer à volonté pour leur faire désigner une personne ou une chose déterminée. Kt si nous affirmions qu'Albert Pike était un vil hypocrite, un menteur, un infâme blasphémateur, le pire parmi les mauvais, nos excuses aux Frères.", seraient reçues avec un mépris mérité, lorsque nous viendrions déclarer que nous reconnaissons le F.*. Pike comme un « gentleman »,un savant et le modèle des Maçons ; mais qu'étant donné que nous reconnaissons en lui l'existence de toutes ces qualités réunies, les noms que nous leur donnons importent peu. Le mot Jupiter exprime une certaine série d'idées cpii ne se reliou\ent |)Hs dans le Christ. Le mol « Chiist » exprime une individualité (jui dillère de celle de Mahomet, dont le nom à son tour ne désigne ni Confucius, ni Bouddha, ni Isis ; île même le mol « Nature », (jui désigne la nature matérielle, sexuelle, en sup-
I. Mnrul>> and Untjnui, pp. f.-lX-fil |. I.cs ihilupics de ce passjige sont aussi de Pike.
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posant même que vous lui attribuiez les « (Jualilés de Dieu » ne peut se rapportera Dieu.
Mais pourquoi ne pas appeler Dieu, Nature, alors que les anciens, dans leur sagesse, l'appelaient u l'Ame de l'Univers » ?
« Il est, nous dit le F.-. Pike, l'âme vivante, pensante, intelligente de l'Univers. le Pcrmanknt, I'Immuable (I'Eo-twî... Estos) de Simon le Magicien, rU.v qui est toujours, (le Tôov,/o 0/2) de Platon, en opposition avec le tlux et reflux perpétuel, ou (jenesis, des choses ».
« El, de même que la Pensée de l'Ame, cpii émane de l'Ame, est rendue perceptible et visible par les Mois, de même la Pensée de Dieu, jaillissant de Lui-même, immortelle comme Lui, aussitôt que conç-ue, — immortelle avant cela, parce quelle était en Lui — s'est exprimée par le Verbe, (pii est sa manifestation, son mode de communication ; et ainsi lut créé l'Univers matériel, mental, s[)iriluel
qui, comme Lui. ne commença jamais d'exister »
«■ Car la Pensék de Dieu vit et est lmmortelle... Les étoiles, la terre, les arbres, les vents, etc.. sont l'alphabel dont elle se sert pour se communiquer aux hommes el leur faire connaître la volonté et la loi de Dieu, l'Ame de l'Univers. El c'est ainsi qu'en toute vérité i< le Verbe s'est fait chair el habita parmi nous ». « Dieu, le Père inconnu, narvi/j àyvwoTTç... Pater Agnoslos, qui ne nous est connu que par ses Attril)uts ; l'Absolu Je Suis. La Pensée de Dieu, Evvoix.., Ennoia, et le Verbe Aôyo;... Logfos, Manifestation et expression de la Pensée,... voilà la Vraie TRi.NrrÉ Maçonnique ; l'âme universelle, la Pensée dans l'Ame, le Verbe ou la Pensée exprimée ; les Trois en Un, d'un Trinilaire Ecossais ' ».
« Ici, la Maçonnerie s'arrête, continue le F.-. Pike, et laisse à ses initiés le soin d'appliquer et de dévelop'per ces grandes vérités, de la manière qui peut sembler à chacun se concilier le mieux avec la raison, la philosophie, la vérité et sa foi religieuse. Elle se refuse à servir d'Arbitre entre elles et lui. Elle regarde avec calme devant elle, tandis que chacun multiplie à sa guise les intermédiaires entre la Divinité et la Matière, et les personnitications des manifestations et des attributs de Dieu, suivant ce que lui dicte sa raison, sa conviction ou son imagination ».
« Tandis que l'Indien nous dit que Parabhahma, Brehm et Paratma composaient la première Trinité, qui se révéla sous le nom de Brahma, ViSHNU et Siva, Créateur^ Conservateur, Destructeur... l'Egyptien adore Amun-Re, Neith et Pldha, Créateur, Exécuteur, Pensée ou Lumière ... El. tandis que le pieux Chrétien croit que le
1. Morals and Dogma, pp. 574, 575. L'italique et les petites capitales sont dans Pike.
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Verbe habita dans le Corps mortel de Jésus de Nazareth et soulTrit sur la croix, que le Saint-Esprit descendit sur les Apôlres et inspire acliielleinenl loulcs les âmes chrétiennes ..., landis que toutes les religions prétendent à la possession exclusive de la Vérité, la Maçonnerie inculque sa vieille doctrine et rien de plus ' ».
Voilà comment la Maçonnerie tolère les credos et n'intervient dans les ci'oyances de qui (pie ce soit ! D'abord, dit-elle, acceptez ma doctrine, mon Dieu, l'Ame de l'Lnivers ; mon Père Eternel, la Divinité Inconnue; mon Verbe Eternel, qui n'est pas « le Verbe qui se (il chair eu Jésus-Christ » ; mon Saint-Esprit, qui planait audessus des eaux de la Création, le « Feu elemental » ; puis, si votre raison, votre imagination ou votre caprice vous entraîne dans les ro\aumes des credos variables et querelleurs qui tous prétendent, avec même raison et même certitude, posséder exclusivement la Vérité, je regarderai tranquillement devant moi sans intervenir dans la discussion. Je tolérerai toute la faiblesse de votre inteHigence, toutes les divagations de votre imagination, votre manque de philosophie, pourvu seulement que vous acceptiez mon Dieu Unique, ma Trinité de Personnes. Telle est la Trinité maçonnique ; toutes les autres sont tolérées, quoique fausses.
Mais pourquoi ne pas appeler la Nature « Dieu », et Dieu « l'Ame de la Nature », puisque notre ancien Frère Pythagore et tous nos Vénérables Frères, les Kabbalistes, considèrent Dieu et la Nature comme ne faisant (ju'un ?
« D'après la Kabbale, nous dit le Fr.-. Pike-, Dieu et l'Lnivers ne font (ju'un ».
Et Pike dit aussi de la doctrine de Pythagore : « Selon Pythagore, Dieu était Un, une seule substance, dont les parties continues se prolongeaient au travers de tout l'Univers sans séparation, dilTé-
rence ou inégalité, à l'instar de l'àme dans le corps humain
Le Monde ou Univers était ainsi comparé à l'homme; le Principe de Vie qui le meut, à celui qui fait mouvoir l'homme. C'est pour- (pu)i Pvthagore appelait riiomme un microcosme, ou j)elit monde, puisqu'il possédait en miniature toutes les ipialités que l'on trouve dans l'Univers sur une grande échelle. Il tient de la Nature divine par sa raison et par son intelligence, et de la Nature élémentaire |)ar les facultés qu'il |)ossède de transformer les aliments en d'autres substances, de (Moître et de se reproduire. Pythagore fit ainsi (fe l'Univers ungraud Etre intelligent comme l'homme, une immense divinité a\anl en soi ce (pie l'homme a en lui-même, le mouvement,
1. Les pel. cap. ef l'itali(|. sont (!«• Pilie. 1. Morals and Dogma, p. 705.
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la vie, l'intelligence et, de plus, une perpétuité d'existence que l'homme n'a pas ; et dès lors qu'il possède en soi cette perpétuité du mouvement et de la vie, il est la Cause Suprême de Tout.
« Etendue partout, cette Ame Universelle, selon Pythagore, n'agit pas partout également, ni de la même manière >'. Comme la Nature Universelle était la grande divinité de Pythagore, l'homme était nécessairement le diminutif de cette divinité, car on retrouve en miniature dans l'homme tout ce qui est en grand dans la Divinité : il pai'ticipait à la Nature divine comme à la Nature élémentaire.
C'est pourquoi cette nature participée est libre, comme le dit le chrétien syrien Bardesane dans son L<y/-e (/es Lo/s des pays, en parlant des hommes : Dans les choses qui ont rapport à leur corps, ils maintiennent leur nature comme les animaux, et dans les choses qui concernent l'esprit, ils font ce qui leur plaît, étant libres, puissants et comme une image de Dieu ' ».
Considérez le Franc-Bâtisseur, le Franc-Maçon dans le monde du F.-. Pythagore. Le corps, appartenant à la création animale, doit suivre ses instincts, mû et poussé par la Divinité, Ame de la Nature Universelle ; l'esprit, purifié par l'initiation maçonnique et délivré des liens de l'ignorance morale et du credo religieux, peut faire ce qui lui plaît, étant ainsi « à limage de Dieu ».
Vous le voyez. Dieu est identifié avec la Baison. « Croire en In Baison de Dieu et au Dieu de la Baison, nous dit PiUe, c'est rendre l'Athéisme impossible. Ce sont les idolâtres qui ont fait le> Athées ».
\ « L'analogie donne au Sage toutes les forces de la Nature. C'est la clef du grand Arcanum, la racine de l'Arbre de Vie, la science du bien et du mal ».
« L'Absolu, c'est la /?rt/so/2. La Baison est par elle-même. Elle EST PARCE qi'elle EST, et iiou parcc que nous supposons qu'elle est. Elle est là où rien n'est, mais rien ne pourrait exister sans elle. La Baison est la Nécessité, la Loi, la Bègle de toute Liberté, et la direction de toute initiative. Si Dieu Est, il est par la Baison. La conception d'une divinité absolue en dehors, ou indépendante de la Baison n'est autre chose que 1 Idole de la Magie noire, le fantôme du Démon - ».
Sans perdre notre temps à examiner les absurililés de ce passage, et particulièrement celle qui consiste à placer la Baison là ou « rien