Syniholism. pp
« Lanzi appliqua ce procédé cabalistique au Tétragrarame, lorsqu'il observa que ih-oh, lu à rebours, faisait le mot oh-ih.
« Or, en hébreu, ho est le pronom masculin qui correspond au pronom il ; et hi est le pronom lerainin qui équivaut à elle ; donc le mot Ho-Hi, traduit littéralement, donne le composé Il-Elle ; c'est-à-dire que l'inefTable nom de Dieu en hébreu, lu cabalistiquement, comprend en lui-même le principe mâle et le principe femelle, la force génératrice et prolifique de la création ; et nous retrouvons encore ici le symbolisme si répandu du phallus et de la cteis, du lingam et de l'yoni ou de leur équivalent, le point dans le cercle, et partant, une nouvelle preuve saisissante des rapports de la Franc-Maçonnerie aux Anciens mystères ».
« Puis, continue Mackey, nous pourrions trouver ici le sens de ce passage de la Genèse resté inintelligible jusqu'à ce jour : Et Dieu créa l'homme à son image ; il le créa à l'image de Dieu ; il les créa mâle et femelle ». Ils n'auraient pu être « à l'image de Ihoh s'ils n'avaient été mâle et femelle ».
Voilà donc celte profonde découverte de Lanzi telle qu'elle est révélée aux FF.-, par le Dr. Mackey, et voilà du même coup le Dieu de la Maçonnerie, le .Jéhovah des Kabbalistes, expliqué par Jah, On et Baal et réduit à la formule phallique des Dieux païens, si bien que le F.-. Mackey s'écrie transporté : « Voilà une nouvelle preuve saisissante des rapports qui existent entre la Maçonnerie et les anciens mystères ». Lorsque le F.. Pythagore eut découvert que la Divinité pouvait se représenter par un triangle-rectangle dans lequel Osiris et Isis, le soleil et la nature, le soleil et la terre, le Divin et l'Humain, engendraient par leur union Horus ou Har-œri, c'est-à-dire l'homme, il s'écria, le cœur débordant de joie : « Eureka, j'ai trouvé 1 » Gomme lui, le F.-. Mackey ne peut contenir son émotion en présence de la nouvelle découverte et il nous fait entendre son Eureka : < J'ai trouvé, s'écriet-il, comment l'homme esta l'image de Dieu : il est mâle et femelle car, s'il n'était pas tel, il ne pourrait être à l'image du Jéhovah Kabbalistique, le ll-EUe ». Reghellini dit à son tour : « Geci est la base des dogmes et des mystères maçonniques » ; ceci, ajouteronsnous, est la nature et l'essence du Dieu de la Maçonnerie.
Mais quand nous nous serons exactement rendu compte des efforts désespérés qu'il a fallu faire pour tirer du mot Jéhovah cette signification bisexuelle et hermaphrodite, nous comprendrons de mieux en mieux l'importance qu'attache la Maçonnerie à lui approprier cette signification sensuelle. 11 n'est pas sérieux de prétendre qu'en parlant de la Divinité le mot sexe ait un sens spirituel, alors qu'on prend une peine inouïe pour contourner et défigurer le nom
de Dieu, afin damoner Jehovah, à équivaloir à sexe, ce mol étant compris dans le sens réaliste et matériel qu'il a pour nous. C'est abuser de notre crédulité que de nous parler d'un sexe spirituel, en nous disant en même temps que l'homme ne serait pas à l'image de Dieu si, physiquement, il nétait inàle el remelle,et que, sans celte condition, la Genèse serait inintelligible. Passons à largumenti
Tout d'abord, nous constaterons que Lanzi el Markey se rendent coupables de chercher volontairement à nous induiie en erreur en jjrélendant que le Yod de Jehovah correspond à la voyelle /, et le Vau à la voyelle 0, car ils savent que ces deux lettres sont des consonnes el non des voyelles. Notre auteur nous le dit luimême très nettement dans son Encijclopœdia,-A\\y. pages 877 et 378.
.. L'alphabet hébreu, nous dit-il, se compose entièrement de consonnes. A l'origine, le lecteur suppléait, en lisant, au son des voyelles devant, pour cela, connaître d'avance, la prononciation correcle de chaque mot ; si celte connaissance lui niancpiait. les lettres »[u'il avait sous les yeux n'y pouvaient suppléer. el untuiellementjilluiélail impossible(Ie|)iononcer les mois (piillisail. Tous les Hébreuxconnaissaienl.pai l'usage, lessons des voyelles à l'aide desquelles se prononçaient les consonnes dans les mots, de même que les Anglais savent tous les dill'érenls sons que peut avoir la même
voyelle dans dilTérents mots» • Or, cet incommunicable nom de
Dieu, se compose de quatre lettres, Yod,IIeh, Van, Heh, équivalant à J II V 11. Il est évident que nous ne pouvons, dans notre langue, prononcer ce mot si deux voyelles au moins n'y sont ajoutées. Cela est, d'ailleurs, tout aussi impossible en hébreu. Le Juif connaissait bien le son des voyelles dans les mots usuels qu'il entendait prononcer continuellement, comme nous savons cpie M. doit se lire Monsieur devant un nom propre, parce que nous entendons faire le rapprochemenl tous les jours. Mais le nom de Dieu, dont ces quatre lettres étaient le symbole, n'était jamais i)rononcé; on lui substituait celui d'Adonai (Seigneur) ». C'est ici, cher lecteur, que se trouve la vérité sur le cas qui nous intéresse. Nous avons quatre consonnes J II V IL et non pas Ih-Oh, dont Lanzi et Mackey ont besoin pour leur transloiiiiation magicpie. 11 n'existe pas en hébreu de mot Ih-Oh, nous dit-on. Nous répondrons : c'est vrai, mais Ih-Oh ne représente aucunement les consonnes hébraupies ; et vous compte/, sur l'ignorance ou sur la mauvaise foi de vos lecteurs en faisan! une substitution <jue vous savez pertinemment fausse en tous |»()ints. Il n'y a donc ni Ih-Oh. ni Ho-lli par renveisemoni, ni 11-Klle.
Kn Mcoiid iicu.diles-noussur cpiclprinciiie de langage repose l'u-
sagekabbalistique de lire les motsà rebours? Qu'il y aitdes cas exceptionnels, nous l'admettons; mais on ne peut établir une règle sur descas exceptionnels. Changez la position des lettres du mot rat et vous avez a/'/ ? Direz-vous que ces mots sont les mêmes? Mysticisme sublime : paît nous donnera rapt ; Noëldevient Léon et ainsi de suite. Et, ce qui est vrai pour une langue l'est également pour toutes. Le F.*. Pike allirme que « le renversement des lettres d'un mot fut autrefois pratiqué partout». Mais il échoue piteusement dansl'efTort qu'ilfaitpour nous prouver une assertion aussi générale. Nous admettons donc les cas exceptionnels, mais nous rejetons la règle. Prouvez-nous que Jéhovah rentre dans les exceptions.
Troisièmement : le Dr. Mackey, avec tous les érudits en science hébraïque, fait dériver ce mot du verbe n\"i, être. « Le mot ineffable, dil-il, vient du Verbe substantif -\", hayah, être, qui, en contbinant le présent, le passé et le futur dans sa formation, est considéré comme désignant Dieu dans son existence éternelle et immuable- ».
Enlin, les pronoms hébraïques ne sont ni ho ni hi, mais hua, hia, dans lesquels l'aleph final n'est pas simplement orthographique, mais fail partie de !a racine-^ ». Donc les pronoms sont formés de trois lettres et non de deux, et, en les retournant, nous aurons six lettres et non pas quatre. Hua-hia renversé donnera aih-auh, qui se rapproche à peu près autant de Ho-Hi que le Il-Elle de la Maçonnerie se rapproche du vrai Dieu.
C'est, comme on le voit, dans tous ces détours et dans ce piège grossier que le Dr. Mackey et son guide Lanzi voudraient nous prendre pour nous révéler le grand mystère maçonnique de la nature de Dieu, contenu dans le mot Jéhovah. Intervertissez les lettres; lisez le mot à rebours ; faites deux formes du pronom alors qu'il n'y en a (ju'une ; modifiez les formes de ces pronoms ; et voilà que vous avez obtenu le résultat désiré. Mais, avec de tels procédés, nous nous demandons ce que vous n'auriez pas pu faire de ce mot. Le F.-. Pike nous dira plus loin ce qu'en ont fait les Kabbalistes ; c'est une question qui, pour le moment, nous détournerait de notre sujet.
« Mais, vous récrierez-vous, les Kabbalistes n'ont jamais fait Dieu bisexuel ; le F.-. Pike dit expressément le contraire »! Doucement, cher lecteur ; êtes-vous bien sur de ce que vous avancez? Pourriezvous allirmerque vous comprenez bien le F. . Pike ? Il dit que les