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bale, c'est l'homme : Adam Kadmon, l'Archétype, étant l'humanité en général, la nature humaine, l'espèce; et le simple Adam, l'individu, étant la fin pour laquelle le prototype, le Fils de Dieu, émana de la lumière primordiale. Adam joint à Eve nous donne le Jehovah céleste, le mot pancréateur de la Maçonnerie ; l'homme individuel est l'œuvre parfaite.
Nous avons pensé cependant que nos lecteurs nous sauraient gré de les faire profiter du supplément d'information que veut bien nous donner le F.-. Mackey sur le sujet obscur et difficile de la Divinité |)rimitive et sur ses émanations qui aboutissent à l'homme. Sa définition difï'ère quelque peu de celle du F.-. Pike, mais non dans les grandes lignes.
La voici :
« L'Etre Suprême, disent les Kabbalistes, est une imité absolue et impénétrable, n'ayant rien hors d'Elle,et contenant tout en Elle. On le nomme En Soph,« L'Infini ».I1 ne peut, dans son immensité, être compris par l'intelligence, ni décrit par des mots intelligibles à l'esprit humain et qui donneraient une idée de son existence. Il était donc nécessaire que, pour se rendre compréhensible, l'En Soph agît et créât. Mais il ne pouvait pas être le Créateur direct, parce qu'étant infini, il ne pouvait avoir ni volonté, ni intention, ni pensée, désir ou activité, toutes ces qualités n'appartenant qu'à un être fini. Donc l'En Soph fut obligé de créer le monde d'une façon indirecte, par dix émanations de la lumière infinie. Il était lui-même cette lumière dans laquelle il habitait. Ces dix émanations sont les dix Sephiroth ou Splendeurs de l'Infini, et voici de quelle manière elles furent produites : d'abord l'En Soph envoya dans l'espace une émanation spirituelle. Cette premier* Sephira se nomme Kether, « la couronne », parce qu'elle occupe la position la plus élevée. Elle contenait les neuf autres, qui en jaillissaient dans l'ordre suivant : Premièrement une force masculine on active procédait de la Kether, et cette seconde Sephiia s'appelait Chocmah ou ■< Sagesse». Celle-ci engendrait un contraire, une force féminine ou passive, nommée" Binah ou « l'Intelligence ». Ces trois Sephiroth constituaient la première triade, dont procédaient les sept autres. De l'union de la Sagesse et de riiUelligence sortait la quatrième Sephirah appelée (^hesed ou « Miséricorde ». Et notre auteur continue ainsi jusqu'à la fin. Le Dieu kabbalistique est tout aussi absurde sous la plume du Dr.Mackey que souscellede Pike*. D'abord « il est une unité impénétrable », et cependant les Kab-
1. Nous avons négligé, dans ce paragraphe et dans quelques autres, des citations de nombreux mots liébreux inutiles.
140 LA FRANC-MAt.ONNERlE AMÉRICAINE
balistes discernent « qu'il contient tout en lui » ; « qu'il fut obligé de créer » ; qu'il ne pouvait pas créer « directement », mais «indirectement » ; qui! dut créer « par dix émanations ». Comment ont-ils pu distinguer tout cela dans l'impénétrable ? Comment savent-ils tout cela sur l'inconnaissable? Comment ont-ils pu communiquer au F.". Pike ce qui concerne la contraction de l'Eu Soph et la manière de produire ses émanations? Et pourquoi lEn Soph était-il dans l'obligation de se rendre comprehensible? Nous nous demandons même si nous avons raison d'appeler Divinité lètre dans lequel il n'existe ni volonté, ni intention, ni pensée, désir ou activité, « toutes ces qualités ne pouvant appartenir qu'à un être fini ». Comment celle divinité peut-elle agir, si elle n'a pas d'activité? Comment peui-on admettre une nécessité d'agir pour l'inertie infinie? Et, comme elle existait seule, rien n'existait en dehors d'elle pour l'appeler à ruction, si tant est qu'on puisse sommer d'agir ce qui est essentiellement inerte. El si la pensée, le désir et l'action sont les quulilés exclusives des êtres finis, la Vraie Divinité demeure toujours sans penser, désirer ou agir ; car la Vraie Divinité est infinie et non finie, à moins de soutenir que, tout en étant incapable d'agir, elle agil cependant et se met au rang des êtres finis par ses émanations. Les absurdités sajoutant ainsi les unes aux autres, on pourrait aller loin 1
Dites-moi, par exemple, comment tout était-il en celle Divinité ? Comment l'action demeurait-elle dans l'inaction ; la volonté dans ce qui ne peut vouloir ; le distinct et le déterminé dans l'indéterminé et l'indistinct par essence ? \e vous apercevez-vous donc pas que vous ave/, des efTels qui sont supérieurs a leur cause ? Car la connaissance, la pensée, la volonté, l'action, qui sont la propriété des émanations, les rendent infiniment supérieures à celte divinité absurde qui ne peut ni vouloir, ni penser, ni savoir, ni agir. .\h ! il est vrai que nous devenons ainsi des t'ranc.s-bàtis.seurs, des Francs- Macjons dans ce momie où nous ne sommes en rien redevables à la divinité. Nous. Hommes. nous lui sommes iiifinimenl >upéri(Mirs.Mais ne nous créa-l-elle pas ? Comment ? Aveuglément, par nécessité de nature, sans le savoir, sans le vouloir, sans en avoir l'intention ou le <lésir. Nous ne pouvons faire sa volonté : elle n'en a pas. Nous ne pouvons l'adorer : nous lui sommes supérieurs. Nous ne pouvons même pa> l'ainicr comme on aime un ami. puisqu'elle n'a pas «l'amour à nous rendre. Nous pouvons aimer la race humaine, personnifiée dans r.Vdani Kadinon, mais nous serions insensés d'aller au-delà. • Ees véritables objets de la religion, nous dil i(M'.-. Pike, sont ceux qui se voient ' ».