‹ Etude sur la frontiere du sud-estChapitre 3 sur 10 · LA SUISSE · texte numérisé non relu

LA SUISSE

Nous avons dit que le Jura présente du côté de la Suisse, par ses pentes peu abordables, par le parallélisme de ses vallées, par ses cluses et ses défilés, des conditions favorables à la défense.

Cependant si Ton compare cette frontière d'une part à celle des Alpes, de l’autre à celle des Vosges couverte par le Rhin, entre lesquelles elle est située, si l’on ajoute que Besançon est la seule grande place qui en surveille les avenues * sur une étendue de près de 70 lieues en ligne droite, nul doute qu’elle ne soit relativement faible.

Au point de vue de la géographie militaire, les véritables défenses, en face d’une grande invasion venant des bassins du Danube et du Pô, seraient en avant de la frontière ; c’est-à-dire la gauche à Bâle, le centre aux lignes de l’Aar ej de la Limmat, la droite aux défilés du Valais qui ferment le débouché des routes de Simplon et du

grand Saint-Bernard, et même au massif du Saint-Golhard.

Toutes ces positions stratégiques, que la France surveille depuis la terrasse du Jura, ne lui appartiennent pas, il est vrai; mais elles sont placées sous la garde de la Suisse et à l’abri de sa neutralité.

Cette question a trop d’intérêt pour qu’il soit possible de passer outre sans dire quelque chose d’un pays qui nous touche de près, car il tient les clefs d’une partie importante de notre frontière, et, s’il est une gêne peut-être aux jours de l’offensive et des projets de conquête, il peut être aussi un ami utile et fidèle aux j ours du danger.

La Suisse figure une sorte de grand bastion couvert par des rivières au nord et à l’ouest, et dont les faces opposées, tournées à l’est et au midi, ont pour escarpes les plus hautes chaînes des Alpes, et pour fossés de ceinture les vallées du Rhône et du Rhin.

Elle a pour glacis vers l’Italie le canton du Tessin; pour ouvrage avancé vers le Tyrol, l’Engadine ; et pour têtes de pont sur le Rhin, Bâle et Schaffouse.

Lignes de défense de la Suisse vers l'Allemagne et l'Italie. — La Suisse a pour lignes de défense du côté de l’Allemagne : 1° au nord, le Rhin; 2° au nord-est, le Rhin et le lac de Constance et en arrière la Thur et la Limmat; 3° à l’est, une chaîne de hautes montagnes, couverte par le haut Rhin et par l’Engadine.

Un seul passage est ouvert sur celle chaîne, celui de Sargans, où s’engage la voie ferrée allant des Grisons au lac des Quatre-Cantons ; cette ouverture ou l rouée est couverte elle-même sur la rive droite du Rhin par la forte position de Luciensteig, qui est la clef des Grisons au nord et l’une des portes de la Suisse sur cette frontière.

Du côté de l’Italie, la frontière de la Suisse est plus forte encore, puisqu’elle présente un double front de montagnes, et au centre le massif du Saint-Gothard, d’où descendent des rivières dans toutes les directions et qui est la clef des communications entre les deux versants. Il est traversé lui-même par la grande route qui va des bords du lac Majeur au lac des Quatre-Cantons, et qu’il s’agit de remplacer aujourd’hui par une voie ferrée, destinée à mettre Gênes et Milan en communication avec la Suisse centrale et la rive droite du Rhin.

Lecourbe, le plus habile des généraux de son temps dans la guerre de montagnes, a montré tout le parti que l’on pouvait tirer du massif du Saint-Gothard comme position stratégique en s’établissant sur le plateau central, qui permet défaire face aux différentes attaques. Cette position forcée, au lieu de songer à couvrir sa ligne de retraite, il restait comme cramponné aux flancs du colosse, et, circulant par les passages latéraux, il venait prendre une nouvelle position.

non moins menaçante que la première, sur le versant de la vallée que descendait l'armée ennemie.

L’attaque de cette frontière de la Suisse par une armée venant du bassin du Pô amènerait sans doute, comme le fait remarquer le général Dufour, l’occupation rapide des hautes vallées du Rhin et du Rhône, à cause des ^nombreux passages qui traversent la chaîne ; mais ces vallées, par suite de leur direction excentrique, n'ouvrent aucun chemin vers le cœur de la Suisse, et les colonnes ennemies se trouveraient engagées dans des couloirs étroits où leurs flancs seraient très-exposés.

Si cette armée portait son attaque non plus sur les ailes, mais sur le centre de cette ligne de défense, c’est-à-dire contre le Saint-Gothard, elle devrait, pour pénétrer en Suisse, une fois la position du plateau emportée, s’engager dans la vallée sauvage et torrentueuse de la Reuss, qui offre plusieurs positions, telles que le Pont-du- Diable et le trou d’Uri, où l'on peut arrêter une armée.

Le souvenir de l’expédition désastreuse de Souwaroff demeure attaché à cette vallée de la Reuss.

Ce même massif de Saint-Gothard couvre le réduit naturel de la Suisse, celui où, à défaut de places fortes, elle pourrait opposer la plus forte résistance.

2e série . — N°

« C’est, dit encore le général Dufour (1), dans « ce vaste camp retranché que les Alpes, l’Aar et « la Limmat forment au centre de la Suisse et K dont les villes de Berne, Soleure et Zurich a peuvent être considérées comme les trois « portes principales, que notre sort se déciderait

(1) Après les nombreux emprunts que j’ai faits au général Dufour, il me sera permis peut-être de rendre un faible hommage à son mérite et son caractère. Sa réputation militaire ne saurait, du reste, être étrangère à la France, puisqu’il est sorti de l’Ecole polytechnique et qu’il a été officier du génie français.

C’est à lui que revient en entier le mérite de la carte de Suisse, cette oeuvre topographique si remarquable, exécutée sous sa direction unique, pendant une période de travail qui n’a pas duré moins de trente ans. Comme quartiermat^ général de la Confédération, il a présidé aux trois mobilisations do l’armée suisse en 1831, 1847, 1857. En 1847, chargé comme général en chef de l’exécution militaire contre le Sonderbund, il montra à côté du général le grand citoyen.

Les ouvrages militaires du général Dufour ne sont peutêtre pas assez connus en France. Aucun auteur n’a traité avec plus de clarté et d’intérêt qu’il ne l’a fait, dans son Cours de tactique , ce qui a rapport à la guerre de mon tagnes. Tous les principes qu'il donne sont appuyés sur des exemples tirés des guerres dans les Alpes, et cette étude, complétée par la Yue des lieux, serait très-propre à développer chez nos jeunes officiers le coup d’œil et l’intelligence du terrain et à leur faire goûter l’histoire militaire dans sa partie la plus saisissante et la plus yariée.

« si nous avions à résister à une grande inva- « sion. »

Comment ne pas rappeler que ce sont là les positions où Masséna, faisant face aux attaques des Russes à la fois sur la Limmat et sur le Saint- Gothard, livra en 1799 cette suite de combats mémorables que Ton a appelés la bataille de Zurich, et remporta cette victoire qui, en sauvant la France, a couvert son nom d’une gloire impérissable.

Neutralité de la Suisse, — La Suisse occupe au centre de l’Europe occidentale une position stratégique d’une importance capitale et que, pour ce motif, dans l’intérêt de l’équilibre et de la paix de l’Europe, on a jugé convenable de laisser en dehors des luttes armées et des rivalités des puissances.

Son territoire est couvert d’une sorte d’inviolabilité qui fait partie du droit public de l’Europe et qui est placée sous la sauvegarde du pays luimême.

Ainsi se trouvent isolés les théâtres d’opérations militaires du Danube et du Pô, et la guerre ne prend pas un développement aussi rapide et aussi dangereux pour la paix de l’Europe.'

On pourrait se demander quelle est, des trois puissances qui entourent la Suisse, c’est-à-dire de la France, de l’Autriche et de l’Italie, celle qui trouve à cette neutralité le plus d’avantages.

En réduisant ce problème à une question de

géographie militaire, il faut reconnaître que, toutes choses égales d'ailleurs, la Suisse une fois occupée par une armée ennemie de la France, le Jura n’opposerait plus à celle-ci qu'un [obstacle secondaire, tandis qu’une armée française qui aurait fait de la Suisse sa base d'opérations se trouverait en face du Tyrol et du Vorarlberg, véritables bastions qui couvrent comme d'une cuirasse les Etats héréditaires de l’Autriche. Elle ne pourrait plus faire un pas en avant sans forcer ces positions de Feldkirch qui ont défié à plusieurs reprises les attaques de Masséna (1).

Cette opinion sur l’importance de la neutralité de la Suisse pour la sûreté de notre frontière du Jura et des Alpes a acquis plus de force aujourd’hui par suite des changements territoriaux qui se sont opérés à nos portes.

Les voies ferrées qui, dâns un avenir prochain, traverseront le Saint-Gothard et le Splügen donneront de grandes facilités pour transporter rapidement une armée des bords du Pô au centre de la Suisse et sur les bords du Rhin, et à l'abri du rideau épais des Alpes on peut masquer des mouvements et opérer des concentrations rapides.

La violation de la neutralité de la Suisse met-

(1) Napoléon, dans un discours à la députation suisse en \ 803, disait : « La France peut être attaquée par sa « frontière suisse , l'Autriche ne craint pas la même « chose. »

trait entre les mains d'une coalition des moyens d’action bien dangereux pour l’offensive; son inviolabilité, au contraire, élève entre les deux théâtres de guerre du Rhin et des Alpes une barrière plus que jamais utile à la sécurité de nos frontières.

Sans doute la France serait vigilante et n’attendrait pas l’ennemi dans ses lignes ; mais la première, si ce n’est la plus sûre, des garanties, sera toujours dans la fidélité de la Suisse à ses obligations et dans les sacrifices qu’elle ferait pour défendre l’inviolabilité de son territoire.

Si cette neutralité venait à être violée du côté de l’Allemagne ou de l’Italie, la France rentrerait dans le plein exercice de son action militaire et la Suisse trouverait en elle un appui loyal et dévoué. Dans cette situation réciproque, les deux pays sont donc ramenés par leurs rapports nécessaires et par la communauté d’intérêts à resserrer ces liens de bon voisinage que l’on appelait naguère le pacte d’amitié perpétuelle.

Le Simplon. — J’ai laissé jusqu’ici de côté la route du Simplon, afin de traiter avec quelques détails de cette voie militaire qui côtoie notre frontière du Valais.

Elle a été construite par Napoléon dans le but de se rendre directement de la France au coeur du Milanais et de rattacher ainsi plus intimement à l’empire le royaume d’Italie, lorsqu’il eut mis

sur sa tête la couronne de fer des rois lombards.

Dans les vues de Napoléon , une armée débouchant en Italie par le Simplon prenait à revers toutes les défenses du Piémont, pouvait manœuvrer à volonté sur les deux rives du Tessin et se porter rapidement sur le Pô. C’était la manœuvre du grand Saint-Bernard et de la campagne de Marengo érigée en principe et dans des conditions d'exécution plus favorables, puisque le mouvement tournant était à plus grand rayon, sans compromettre cependant la base d’opérations.

Mais, par suite de ces vicissitudes si fréquentes dans les choses humaines, la route du Simplon était à peine achevée dans des vues d’agrandissement et de conquête, que l’emploi en fut retourné contre la France, et qu’elle servit de grande voie d’invasion en 1815.

Le Valais, que parcourt la route du Simplon jusqu’au lac de Genève, forme une sorte de couloir étroit et resserré entre des chaînes de hautes montagnes, couvertes de neiges éternelles, et traversées par un petit nombre de passages alpestres.

Au nord, c’est la chaîne de l’Oberland bernois; au midi, celle des Alpes pennines, où se trouve le col du grand Saint-Bernard franchi par Napoléon en 1800 et qui est à jamais lié aux glorieux souvenirs de Marengo.

Le Valais est parcouru dans toute sa longueur par le Rhône, qui descend des glaciers du Grimsel. Peu avant l’embouchure de ce fleuve dans le lac de Genève, on rencontre les défilés de Saint- Maurice qui barrent le passage et où une armée pourrait être arrêtée avec peu de monde. Quelques ouvrages de fortification y ont été construits par la Suisse, qui, jusqu’à l’annexion de la Savoie, considérait cette position comme une de ses portes du côté de la France.

Pour être maître de la route du Simplon, Napoléon avait, dès 1810, incorporé à la France le Valais, Genève et Neufchâtel, c’est-à-dire tout le triangle qui comprend le bassin du lac de Genève et les plateaux qui le dominent au nord, jusqu’au pied du Jura.

Frappé en même temps de l'importance stratégique que Genève avait acquise depuis l’ouverture de la roule du Simplon, il conçut le projet d’en faire une place de guerre et il en fit dresser les plans. Mais les événements qui marquèrent les dernières années de l’empire détournèrent son attention, jusqu’au jour où, prévoyant que la France allait être envahie, il donna, de Mayence, l’ordre de mettre Genève en état de défense.

On a déjà eu l’occasion de faire ressortir de quelle importance serait l’occupation du bassin du lac de Genève pour une armée ennemie qui aurait fait du Simplon sa base d’opérations, et

qui se proposerait d'aborder la ligne du Jura entre le fort de l’Écluse et Besançon.

Genève devient le pivot de manœuvre de cette armée ; si l’ennemi réussit à emporter les positions du fort de l'Ecluse et des Rousses, le bassin du Rhône est bientôt atteint.

L'ouverture de la route du Simplon a donc modifié profondément l'ancienne tactique pour l'attaque et la défense de cette partie de la frontière des Alpes. Jusque-là, en effet, les passages du petit Saint-Bernard et du mont Cenis ne formaient qu'une base d’opérations très-étroite, et les lignes qui se dirigeaient de ces points sur le Rhône pouvaient être facilement menacées.

Aussi verrons-nous dans les campagnes de Louis XIY la marche offensive de l’armée austrosarde paralysée à plusieurs reprises au moment oit elle va franchir le Rhône ; mais, depuis l'ouverture de la route du Simplon , cette base d'opérations s'est étendue, et Genève et son bassin ont acquis une importance prépondérante pour les opérations offensives contre Lyon.

Positions du Chablais. L'annexion de la Savoie est venue donner à la France une sûreté en quelque sorte nécessaire pour la protection de cette partie de sa frontière. Depuis le Chablais, qui forme une sorte de camp retranché naturel, serré entre le lac de Genève et le Valais et adossé au mont Blanc, la France, sans qu’il y ait de sa part ni défiance ni menace, garde et

surveille de plus près cetle neutralité de la Suisse, qui est une de ses défenses.

La route de Simplon côtoie en effet ce territoire sur une longueur de 25 kilomètres. Plusieurs cols très-praticables permettraient de déboucher rapidement et de fermer à une armée ennemie les défilés de Saint-Maurice, en même temps qu’un corps d’armée, débouchant dans la direction même de la voie ferrée du Jura, se porterait sur les plateaux du mont Jorat et sur la ligne de l’Aar et de la Sarine.

Renfermé dans ce couloir étroit du Valais, qui n’a pas de communications latérales et n’offre pas de ressources pour subsister, une armée serait bientôt obligée à la retraite, sous peine d’être détruite.

Pour mieux faire saisir le rôle de la route du Simplon comme voie d’invasion en France, je rapporterai en quelques mots la marche du corps d’armée qui la suivit en 1815.

Campagne de 1815. — Le 18 juin, jour même de la bataille de Waterloo, l’armée autrichienne, forte de 50,000 hommes, sous les ordres du général baron de Frimont, était concentrée à Novare. Elle était destinée à pénétrer dans le Jura, la Bresse et le Bugey par le Simplon, tandis qu’un corps d’armée de 45,000 hommes entrait en Savoie par le mont Cenis et le petit Saint- Bernard.

L’armée de réserve, forte de 50,000 hommes,

devait suivre peu de temps après et entrer en Provence par le col de Tende et le comté de Nice, pour faire le siège des places fortes du midi de la France.

Le général de Frimont, pour assurer la marche de ses colonnes dans le Valais, fit occuper par une forte avant-garde le passage du grand Saint-Bernard. On s'attendait, dit une relation officielle de l'armée alliée, à rencontrer les Français aux défilés de Saint-Maurice; mais cette position n’avait pas été occupée par le général Dessaix, qui commandait les troupes d'occupation en Savoie, et les premiers engagements eurent lieu aux défilés de Meillerie. Ces défilés sont formés par une paroi escarpée de rochers qui viennent plongera pic dans le lac de Genève et fermer de ce côté l’entrée du Chablais.

Le 30 juin, l'armée autrichienne fit son entrée à Genève, et le corps français, commandé par le général Dessaix, se replia sur le Rhône. Le maréchal Suchet, qui commandait en chef toute la défense des Alpes, fit occuper par son aile gauche la forte position du fort de l’Ecluse aux Rousses, afin de défendre le Rhône et de couvrir Lyon. C’était la dernière barrière opposée aux flots de cette armée coalisée dont les colonnes pressées débouchaient par tous les passages des Alpes.

Le 2 juillet 1815, les positions des Rousses furent attaquées par le général de Frimont à la tête

d'un corps d’armée de 23,000 hommes et emportées après une résistance que les rapports des Alliés qualifient d’énergique.

Du côté des Français, on ne combattait cependant que pour l’honneur des armes, car la nouvelle du désastre de Waterloo était déjà parvenue au camp. Aussi ces combats de la dernière heure, où l’on ne peut plus espérer de succès, laissent-ils dans l’âme celte impression triste et religieuse que donne le sacrifice volontaire accompli en vue du devoir.

De leur côté, il est juste de le dire, les généraux de la coalition avaient le sentiment que le rôle qu’ils remplissaient était celui d’agents d’une sorte de grande exécution voulue par la politique de l’Europe, et leur langage ne sent ni l’arrogance ni la menace.

« Français, disait le 1er juillet le général Fri- « mont dans une proclamation, je suis à vos « frontières à la tête d’une armée .

. . . Je n’userai de

« mes forces que là où je trouverai de la résiste tance. Vos armées ne doivent pas en opposer; « elles ont eu trop de gloire pour le bonheur de « la France et pour le repos de l’Europe ; elles « peuvent, sans y porter atteinte, céder aujourt< d’hui à la supériorité des forces. *

Peut-être, en se rappelant le vœ victis des anciens, est-il permis de dire que ce langage d’un

général en chef de l’armée coalisée le lendemain de la bataille de Waterloo est un hommage digne du vaincu.

lia Savoie.

Après avoir décrit au midi le comté de Nice et la vallée de la Durance, au nord le Jura et la Suisse, il nous reste à étudier le territoire qui forme, au centre de la frontière du sud-est, comme la clef de voûte de la défense, c'est-àdire la Savoie. Nous diviserons cette étude comme il suit :

Après avoir décrit l’ancienne frontière vers le Rhône et le Dauphiné, je donnerai un court aperçu de la géographie militaire du pays et une analyse rapide des campagnes des deux derniers siècles, afin de faire saisir le caractère qu’ont eu les opérations militaires en Savoie et d'en tirer quelques conséquences sur le rôle de ce territoire en cas d’offensive ou de défensive de la France sur cette frontière.

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