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LES MASSIFS SECONDAIRES

L’étage moyen, qui est séparé des hautes vallées par l’arête haute et escarpée dont nous avons parlé, comprend plusieurs massifs secondaires, qui ont tous une certaine importance militaire. Ce sont, à partir du nord, les massifs de la Brame, des Bornes, des Bauges et de la grande Chartreuse.

Massif de la Brame.-— Le massif triangulaire de la Dranse ou des Dranses (car il y a trois cours d’eau de ce nom, qui se réunissent avant leur embouchure dans le lac) se rattache au mont Blanc et vient s’épanouir sur le littoral du lac de Genève.

Il forme, comme oh l’a dit, une sorte de camp retranché naturel dont l’entrée est fermée, du côté du Valais, par les défilés de Meillerieet dont on a déjà signalé l'importance.

(1) Au mois de juillet 4597, le duc Charles-Emmanuel était venu camper sur la rive gauche de l’Isère, vis-à-viê de Chamousset, et tenta un passage de la rivière pour couper les communications des Français, qui assiégeaient le château de Charbonnière. Ceux-ci, commandés par Créqui, donnèrent l’assaut à la butte de Chamousset, où l’on avait construit une redoute, et obligèrent l’armée savoyarde à repasser l’Isère avec de grandes pertes. Le château de Charbonnière se rendit quelques jours après à Lesdiguières.

En cas d’occupation du bassin du lac de Genève par un corps d’armée ennemi, on pourrait, si l’on n’avait rien à craindre du côté du Piémont, j défendre la haute vallée de la Dranse en fermant I quelqu’une des cluses qui la traversent.

C’est un de ces souvenirs de glorieuse résistance que consacre le nom de rocher de la Garde donné à un de ces défilés. En 1336, à l’époque de l’invasion du Chablais par les Bernois, qui y apportaient la réforme religieuse, le fer et le feu à la main, les montagnards des hautes vallées de la Dranse s’y retranchèrent, et surent défendre, en même temps, leur indépendance et leur antique foi.

Tout en occupant le massif de la Dranse, on conserverait une communication avec les hautes vallées de l’Arve et de l’Isère par Tanninges, Cluse et le col de Mégève, au moyen de la roule dite stratégique de Grenoble à Thonon. Cette route, partant d’Aiguebelle, passe au pied de Coni flans, remonte l’Arly, franchit le col de Mégève, et descend à Sallenche dans la vallée de l’Arve.

Massif des Bornes. — Ce massif, situé entre PArve et le bassin du lac d’Annecy, est remarquable en ce qu’il présente une position centrale, d’où l’on peut déboucher dans toutes les directions par des défilés faciles à défendre. Un de ces passages, celui du col des Aravis, communique avec la route stratégique déjà mentionnée, dans le voisinage de Mégève, où a lieu la sépa- ' 2e série . — N° 3. 6

ration des eaux de l’Arve et de celles de l’Arty. Le massif des Bornes servirait de point d’appui à l’aile droite du corps d’armée qui , prenant position entre le Rhône et les Alpes, s’opposerait à une. invasion venant de la Suisse. G’était, en petit, la situation du corps de troupes qui défendait la basse Savoie en 1814.

Massif des Bauges. — Le massif montagneux des Bauges a toujours joué un rôle important dans les guerres sur cette frontière ; c’est la position militaire la plus importante de la Savoie.

Il se dresse, au centre du pays, comme une forteresse naturelle , ayant pour ceinture des montagnes hautes et escarpées, entourées par les dépressions profondes que forment tout autour les vallées de l’Isère, du lac du Bourget et du lac d’Annecy. De cette position centrale, on débouche dans ces divers bassins par des chemins aujourd’hui praticables aux voitures, mais qui traversent des gorges étroites et des défilés faciles à défendre.

Une seule de ces ouvertures est facilement abordable, c’est le col de Léchaud, par lequel on communique des Bauges avec le lac d’Annecy. Cette circonstance topographique explique, sans doute, comment le massif des Bauges, jusqu’au torrent du Cheran, avait été compris, d’après une clause des traités de 181 S, dans la zone neutralisée de la Savoie, où les forces de la confédération suisse pouvaient, en cas de guerre, venir prendre une ligne de défense.

En rapportant quelques-unes des campagnes qui ont eu lieu en Savoie, on verra que le massif des Bauges était, après la prise de Conflans, le premier objectif d'une armée austro-sarde pénétrant en Savoie. Son occupation avait un double but : déloger les Français de la position de Montmélian pour s’ouvrir la route de Chambéry, et protéger le flanc gauche de la ligne d’opérations qui, partant de Conflans, suit le lac d’Annecy et aboutit au passage du Rhône à Seyssel. A un point de vue opposé, l’occupation des Bauges, 2t surtout des combes d’Aillon et de la Thuile, servait au maréchal de Berwick pour y appuyer nia gauche de la grande ligne défensive des Alpes, avant de la retirer sous le canon du fort de, Barraux.

De son côté, le général de Bourcet indique d’occupation de celte position militaire comme la manœuvre la plus efficace pour obliger l’ennemi i lever le siège de Grenoble, s’il s’était avancé jusque-là.

a Les troupes de Lyon , dit-il , passeront le « Rhône entre Seyssel et le fort de l’Écluse, et « se porteront en deux marches dans les montait gnes des Bauges. On ne met nullement en «. doute que l’ennemi n’attendra pas cette joncci lion pour lever le siège de Grenoble , par ce la difïicullé qu’il aurait de recevoir ses con- « vois, que nous serions à portée de lui ente lever. »

Montmêlian. — Au pied des pentes escarpées des Bauges qui regardent l’Isère, sur un rocher qui domine cette rivière, à l'endroit où elle change de direction pour entrer en Dauphiné, s'élevait jadis la célèbre forteresse de Montmêlian, réputée une des plus fortes d'Europe; c’était le boulevard de toute la basse Savoie. Elle couvrait la communication de Turin avec Chambéry, le chef-lieu du duché, contre les attaques venant de la vallée de Graisivaudan ; et le cours de l’Isère, entre Conflans et Montmêlian, devenait ainsi une bonne base d’opérations contre le Dauphiné. Cette place a joué un rôle important dans les guerres sur cette frontière. Elle subit deux sièges mémorables, celui de 1559, dont Sully dirigea les attaques en présence de Henri IV, et celui de 1691, par Catinat; défendue alors vaillamment, elle capitula après dix-neuf mois de blocus et trentecinq jours de tranchée ouverte.

Rendue au Piémont, elle fut reprise de nouveau, quelques années après, par les Français, à la suite d’un blocus, et rasée en 1705 par ordre de Louis XIY (1).

Aujourd’hui la place de l’antique forteresse n’est plus marquée que par des ruines, presque cachées au milieu de vignobles, et auxquelles le

(1) On peut consulter sur Montmêlian l’intéressant ouvrage de M. Léon Menabrea, intitulé Montmêlian et les Alpes.

voyageur, emporté par lalocomotive sur la voie ferrée des Alpes, jette, en passant, un regard rapide et distrait; mais ces vestiges ont encore un langage pour celui qui cherche dans le passé les souvenirs de l’histoire, ou, avec plus d’intérêt encore, ceux de la patrie.

Les remparts de Montmélian ne furent pas relevés, parce que les ducs de Savoie s’étaient convaincus, par une expérience répétée, de la difficulté de se frayer un chemin dans les gorges des Alpes, pour lui porter secours, et de la difficulté plus grande encore de la préserver des dangers d'un blocus pendant la mauvaise saison. A deux reprises, en effet, les corps d’armée débouchant du Piémont furent arrêtés avant d’arriver à leur destination (1).

Massif de la grande Chartreuse. — - Le massif montagneux de la grande Chartreuse, traversé, comme nous l’avons dit, par l’ancienne frontière de la Savoie, est ainsi appelé du nom du couvent fondé au dixième siècle dans ces solitudes, et qui subsiste encore aujourd’hui.

Ces montagnes plongent sur la vallée de l’Isère par des pentes escarpées dont le point culminant

(1) En 4 600, le duc Charles-Emmanuel ayant franchi les Alpes pour secourir Montmélian assiégée par Henri IV, ne put pas pénétrer au delà de Aymé, en Tarentaise.

En 1705, le baron de Saint-Remi passa le petit Saint- Bernard et s’avança jusqu’à Chambéry, mais il ne réussit pas à ravitailler Montmélian.

est le mont Granier au-dessus de Chambéry. Elles se rattachent, comme nous l’avons dit, par les défilés de la Grotte, à l’arête rocheuse de la montagne de l’Epine et du mont du Chat.

Fort Barraux . — Au pied de ces escarpements, sur un plateau qui s’en détache et s’avance sur l’Isère de manière à en commander le passage, s’élève le fort Barraux. Il est sans grande importance par lui-même, à cause de la largeur de la vallée et des positions qui commandent ses cfefenses à petite portée ; mais il peut servir à l’assiette d’un camp retranché dont le front serait couvert par quelques-uns des ravins profonds qui sillonnent la paroi de la montagne. C’est la position occupée par le maréchal de Berwick pour couvrir la vallée de l’Isère, et menacer la ligne d’opérations de l’armée austro-sarde qui se dirigeait sur le Rhône par Chambéry et le bassin du Bourget. Le camp de Barraux se reliait à la défense du fleuve par les postes du château d’Entremont, des Echelles et de Chanaz. Comme on le voit, le massif montagneux de la grande Chartreuse, appuyé au camp de Barraux et à la place de Grenoble, forme, au point de vue de la défense de la France, une sorte de grand bastion qui couvre tout le terrain situé entre l’Isère et le Rhône. Si la défense de la frontière s’établit, comme l’avait fait le maréchal de Berwick, par une ligne de bataille allant du Rhône aux Alpes, il sert d’appui à l’aile gauche, et l’ennemi hésite

j à se porter sur le Rhône, qu’il ne saurait se hasarder à franchir à moins d’une très-grande supé- ! riorité de forces. Si la défense s’établit au contraire parallèlement aux Alpes, on peut considérer le Rhône, depuis le fort de l’Ecluse à Pierre- Châtel, comme une sorte de vaste courtine dont le I Jura, au nord, et le massif de la grande Chartreuse, au midi, figurent les bastions; c’est la ligne de défense prise par le maréchal Suchet en

Grenoble . — Entre les montagnes de la grande Chartreuse et celles qui forment le revers occidental du mont Pelvôux, il n’existe qu’une trouée qui sert de passage à l’Isère et à la voie ferrée. Cette ouverture est fermée par la place de Grei noble, dont les fortifications s’étendent sur la i rive gauche de l’Isère et couronnent les derniers |i ressauts du contre-fort, qui vient tomber en pentes abruptes sur la rivière. Grenoble, placée en seconde ligne derrière les forteresses des Alpes, elle intercepte la route qui permettrait à l’ennemi de se porter sur Lyon, en tournant îles défenses du massif de la grande Chartreuse, et l’oblige à aborder de front la partie du cours du I Rhône qui forme une ligne avancée de défense.

Il semble cependant que, tout en conservant les avantages tactiques qui tiennent à la configuration du terrain, l’importance de cette place, au point du vue de la défense de toute la frontière des Alpes, a diminué depuis l’ouverture de la route

du Simplon et l’annexion de la Savoie. Nous nous reporterons, à cet effet, aux considérations militaires qui ont été développées en parlant du bassin de Genève, et de la nécessité où est l’ennemi de préparer l’investissement de Lyon par une marche offensive contre le bassin de la Saône.

Route du Lautaret. — Une très-bonne route militaire, qui remonte la vallée sauvage et torrentueuse de la Romanche, relie Grenoble à Briançon, en passant par le côl du Lautaret, dont l’altitude est égale à celle des passages de la haute chaîne des Alpes.

Cette route formait une sorte de chemin couvert entre le centre et l’aile gauche de la grande ligne défensive des Alpes,- elle conserve aujourd’hui encore tous ses avantages.

Défense de la Savoie par le Piémont. — On voit, par la description qui vient d’être faite, combien était précaire, depuis la destruction de Montmélian, l’occupation par le Piémont de la basse Savoie. Les troupes, stationnées sur ce territoire, étaient toujours sous la menace de voir leurs communications avec le Piémont coupées par une agression subite venant de la vallée de l’Isère; elles étaient obligées, dans ce cas, de se jeter dans les Bauges et de faire une retraite désastreuse, comme il arriva en 1742 et en 1792.

Le Piémont ne pouvait embrasser, dans son système de défense, que les hautes vallées, c’està-dire ce que nous avons appelé l'étage supérieur

du versant. Il fallait, pour cela, fermer le défilé étroit situé entre Ggine et Faverges, de manière à utiliser comme ligne de défense Farête escarpée qui sépare ces hautes vallées des massifs secondaires, et occuper fortement la position de Confïans. La vallée de la Tarentaise et le petit Saint- Bernard é taient alors à couvert ; quant à la vallée de la Maurienne, elle était gardée par le fort de Lesseillon. Mais, par suite de la configuration du territoire, de la dissémination des troupes qui occupaient la Savoie, ou encore de la disproportion des forces vis-à-vis de la France, les Pie— montais évacuèrent presque toujours rapidement la Savoie, pour reporter la défense aux positions de la grande chaîne des Alpes. Quant au rôle de la forteresse de Lesseillon, il n'a pas pu être apprécié.

M. le général Menabrea, placé aujourd’hui à la tête du corps du génie militaire italien, a exposé, alors qu’il était capitaine du génie, ses vues sur la défense de la Savoie par le Piémont, dans un mémoire dont nous allons donner une analyse rapide.

« La partie de la hauté chaîne, dit M. Menace brea, qui correspond au bassin du Rhône est cc la barrière naturelle qui sépare le Piémont de a la France. Parmi les passages qui s'y rencon- « trent, on en distingue spécialement cinq acte cessibles aux armées savoir : le Simplon, les <* deux Saint-Bernard, le mont Genis et le mont

« Genèvre. Ces passages sont distribués sur une « ligne de 58 lieues environ, dont 34 appartien- « nent à la portion sur laquelle s’appuie la Sa- « voie; c'est donc dans la dépendance de cette « province que se trouvent les portes de l’Italie. « On peut considérer le Piémont, par rapport à « la France, comme une immense place forte « qui a pour remparts les Alpes et pour ouvrages « avancés les nombreux contre-forts qui s’en « détachent; Turin, situé précisément à l’endroit « vers lequel rayonnent les débouchés des mon- « gagnes, en est le réduit. »

M. Menabrea combat ensuite la tactiqûe qui consisterait à concentrer l’armée sous les murs de la capitale, en se bornant à inquiéter la marche des colonnes ennemies dans les vallées des Alpes qui leur servent de lignes d’opérations. « N’est-ce pas, dit-il, aller au-devant des désirs « de l’ennemi que de lui permettre de franchir « les montagnes, pour se borner à venir l’atcc tendre au débouché des vallées? Une bataille <t est ce qu’il demande, et on la lui offre, tandis te qu’on devrait songer à le détruire avant qu’il « soit parvenu sur le terrain propre à la li- « vrer. »

Après avoir conseillé de reporter la défense sur le versant de la Savoie, et après avoir indiqué a ligne de défense qui embrasse les hautes vallées, il poursuit ainsi :

« Une seule portion de celte ligne se trouve-

« rail assez faible, c'est l’espace compris entre

« Albertville, Confiais et Ugine; mais la nature « elle-même y a placé une forteresse naturelle « pour la couvrir, c'est le groupe des Bauges... « Baignés sur une des faces de leur contour par « le lac d’Annecy et sur une autre par l’Isère, « rivière rapide et profonde, les Bauges, qui ne « sont accessibles que par un petit nombre de « passages faciles à défendre, forment comme « un ouvrage avancé du haut duquel on domine « Albertville, Montmélian, Chambéry, Aix, An- « necy, Faverges et Ugine. »

Ici, l’auteur exprime l'avis que le massif des Bauges pouvait être occupé, comme un ouvrage isolé, pour disputer à l'armée française la possession des bassins environnants et entretenir une guerre de chicane dans la basse Savoie, dans le cas où le Piémont aurait eu en vue la possibilité d’un retour offensif dans la même campagne.

« La Savoie, ajoute en concluant M. Menabrea, « n'est point inutile pour la défense de l’Italie : « le courage et l'industrie de ses habitants, les a ressources qu’offrent les produits variés et « abondants de son sol, concourent, aveclacon- « liguration topographique des lieux, à rendre « formidable la résistance qu'on y peut orgac< niser. Aussi l’épée du souverain qui domine « les deux versants des Alpes est-elle d’un poids « bien autrement grand dans la balance del'Eu- <( rope, que si, ôtant à ce même souverain la pos-

te session de ces rochers abrupts et de ces glaces <c éternelles, on cherchait à le dédommager par « de plus vastes contrées. »

PRÉCIS HISTORIQUE DES OPÉRATIONS MILITAIRES EN SAVOIE DEPUIS LE XVIIe SIÈCLE.

Les considérations qui précèdent éclairciront beaucoup l'analyse qu'il nous reste à faire des opérations militaires en Savoie pour compléter notre étude sur ce pays.

Dans les campagnes de 1708 à 1712 qui suivirent la perte de la bataille de Turin, l’armée française, après avoir évacué le Piémont et la Lombardie, se tint sur la défensive sur toute la frontière des Alpes. Le maréchal de Villars et après lui le maréchal de Berwick, furent chargés de couvrir tout le terrain qui s'étend depuis le fort de l'Écluse jusqu'au Var.

Nous avons dit ce qu'était la ligne défensive des Alpes, dont le centre était à Briançon et la gauche au camp retranché de Barraux. Des ponts, jetés sous la protection du canon du fort, assuraient le passage sur la rive gauche de l’Isère et faisaient communiquer le camp avec le rideau de collines qui côtoient cette rivière depuis la Chavanne, située en face de Montmélian, jusqu'à la butte de Chamousset. Cette berge élevée domine au loin la plaine qui s’étend sur la rive droite, et se prêle à une bonne défense. Des postes couvrant la communication capitale de l’armée, étaient

établis à Aiguebelle, Saint-Jean de Maurienne, Saint-Michel et Yaloire. Ce dernier était le plus important; voici ce qu’en écrivait le maréchal de Berwick :

c( Pour assurer les navettes nécessaires, j’ava « la principale attention sur Yaloire, poste ex- « cellent qui couvrait le Galibier, empêchait les « ennemis de descendre en Maurienne plus bas « que Saint-Michel, et par conséquent les rejetait <( nécessairement dans la Tarentaise, s’ils vou- « laient aller en Savoie, me donnant le temps « d’y arriver avant eux et de m’y placer.

« J’étais sûr que, tant que je ne laisserais aux « ennemis de communication que par le petit « Saint-Bernard, ils ne pourraient pas hiverner « en Savoie. »

Dans la tactique du maréchal, la Savoie, il faut bien le dire, n’était en avant de sa ligne de bataille qu’un terrain de guerre de chicane, qu’il ne pouvait couvrir d’une protection efficace.

« Je ne comptais pas, écrit-il à Louis XIV, « garder la Tarentaise ni le reste de la Savoie, « parce que ma ligne eût été trop droite,

« Les troupes qu’on mettra en Tarentaise ne « seront là que pour aider à avoir des nouvelles « de ce qui se passe au delà des monts; elles i « doivent toujours être en état, dès qu’il y aura « un ennemi supérieur, de se replier de l’Isère i « à Gonflans, pour ensuite se jeter derrière le a Rhône et en défendre le passage. »

2e série, — N° 5.

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