‹ Étude sur la greffe dentaireChapitre 7 sur 16 · IV. — DE U CONSOLIDATION DES DENTS PRIVÉES DE VIE · texte numérisé non relu

IV. — DE U CONSOLIDATION DES DENTS PRIVÉES DE VIE

Nous ne voulons dire qu*un mot sur cette question qui ne fait pas, à proprement parler, partie de notre sujet. Mitscherlich s'en est beaucoup préoccupé et il serait arrivé , dit-il> à faire acquérir dans les alvéoles une grande solidité à des dents privées de vie depuis plusieurs années. Il choisissait même parfois, dans ses expériences, des dents débarrassées par une macération prolongée dans l'acide chlorhydrique de toutes leurs parties molles et organiques et conservées ensuite à l'état de dessication.

Nous ne voulons pas mettre en doute ces résultats qui nous paraissent néanmoins assez surprenants.

En tout cas voici comment l'auteur cité explique le mé* canisme de cette consolidation qui est d'ailleurs purement mécanique et qui se distingue partant très-nettement de la greffe.

Après l'alvusion d'une dent, le périoste alvéolaire (1) devient le siège d'une formation de tissu osseux. Que l'on

(1) Mitscherlich admet le dédoublement du périoste par Textraction.

Tienne à fixer solidement un corps quelconque dans cet alvéole, le périoste irrité va produire de la substance os^

seuse qui embrassera ce corps en le serrant de plus en

plus ; le nouveau tissu osseux ne se forme pas en couche uniforme, mais bien par bourgeons qui vont déterminer de Tusure, des petites cavités sur la surface du corps étranger, de telle sorte que si celui-ci se trouve solidement fixé de façon à ne pas pouvoir être chassé de Talvéole, il restera comme enchatonné par des ostéophytes, pénétrant dans les anfractuosités qu'ils ont déterminées.

D'après ce mécanisme on comprendrait Tinsuccès obtenu avec des dents en métal (1), en porcelaine , qui présentent une surface trop polie et sur laquelle les ostéophytes ne peuvent pas se créer des cavités comme ils le font sur les racines des dents naturelles. ^

Mais en admettant cette théorie telle que nous l'exposons d'après Mitscherlich, la racine dentaire doit être tôt ou tard entièrement usée, en sorte que la couronne sera fatalement éliminée. «Cependant cet auteur, et avant lui Serre, ont constaté la solidité de dents pareillement implantées plus de deux ans après l'opération.

Mitscherlich a même expérimenté sur un chien auquel il a transplanté une incisive supérieure empruntée à un

crâne de chien mort depuis plusieurs années. L'animal fut tué six semaines après et Ton put constater que la dent ^tait complètement fixée et qu'il n'était pas possible de lui imprimer de mouvements. La gencive à son niveau était

(1) Jourdan et Maggiolo, Manuel de l'art du dentiste, ch. X, p.75. Nancy, 1807.

parfaitement normale. La dent adhérait partout d'une manière intime aux parties ambiantes. Nulle part il n'y avait la moindre suppuration. Quant au périoste alvéolaire, on n'en trouvait que des vestiges insignifiants dans quelques points seulement. Là où le périoste avait disparu, la dent était usée de la même manière qu'une cheville d'ivoire enfoncée depuis longtemps dans un os. L'usure était considérable au niveau des anfractuosités creusées dans la substance dentaire. Celles-ci contenaient du tissu osseux qui s'appliquait directement sur leurs parois sans interposition d*aucun autre tissu.

C'est grâce à cette disposition que la dent avait acquis une si grande solidité.

Malgré tout ce que nous venons de dire, nous ne pouvons donner not]^e adhésion à la consolidation mécanique. Car ici les choses ne sont guère favorables au phénomène d'enkystement que Ton observe quelquefois en chirurgie. L'alvéole se trouve en effet ouvert et tout corps étranger qui y séjourne nous paraît devoir ^traîner une suppuration qui est plus propre à éliminer qu'à enkyster le corps étranger. Nous avons pu constater l'exactitude de cette remarque dans un des cas d'insuccès auquel nous avons assisté parmi les réimplantations faites par M. Magitot et dont nous avons déjà précédemment parlé. (V. p. 41.)

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