‹ Étude sur la grossesse extra-utérineChapitre 17 sur 57 · AUS · texte numérisé non relu

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grand nombre de ces femmes, si on agissait rapidement. Toute la difficulté consiste naturellement dans le diagnostic, et il faut qu'il ait acquis un certain degré de certitude pour pouvoir pra-

tiquer la section abdominale. Deux fois j'ai été sur le point de

pratiquer la section abdominale, soupçonnant une rupture de la trompe, et j'ai été empêché par des scrupules sur l'exactitude du diagnostic. Dans ces deux cas, l’autopsie m’a fait voir que les

soupçons étaient exacts, et je crois que ces deux femmes auraient

pu être sauvées. Il était assez naturel que nous hésitassions à ouvrir l'abdomen lorsque nous étions imbus de la superstition que c'était une chose très sérieuse; mais, aujourd’hui que nous savons qu'on peut la faire en toute sûreté, je n'hésiterais pas à explorer dans un cas où je soupçonverais une rupture de la trompe. »

Depuis, Lawson Tait a donné une statistique de 21 cas avec 20 succès, Audry a recueilli,en 1890, 56 cas avec 10 morts; nous avons recueilli 7 cas récents qui ont donné, pour 5 laparotomies, 5 succès ; pour ? expectations, { mort et Î guérison.

Il est des cas où l’hémorrhagie n’est pas mortelle, le sang peut s’enkyster et il se produit une hématocèle, mais peut-on dire sûrement au moment de la rupture du sac quelles seront la durée, la gravité et la terminaison de l’hémorrhagie ?

Il faut donc faire la laparotomie au moment de la rupture du sac, ou le plus tôt possible, même si la malade est en état de choc, quitte à le remonter par la transfusion ou mieux encore par l'injection dans les veines de la solution salée pese, qui a été utile dans bien des cas.

Parry disait déjà en 1878, en parlant de l’abstension des chirurgiens dans ces cas : « Assurément, c’est là une anomalie qui n’a pas de parallèle dans toute l’histoire des traumatismes humains. Le fait semble incroyable, pourtant si l’on a sauvé une existence par l'intervention active, on peut la signaler fièrement

comme le seul fait qui existe dans tout le domaine de la chirurgie, ; 7

car ce n’est que là que nous puissions nous adresser; il n'existe

pas de champ comme celui-ci. Voilà un accident mortel, s’il y

en a un.» Pozzi, dans son Nouveau Traité de gynéco'ogie, tranche

la question en disant que, si le traitement à faire en pareil cas : était discutable il y a quelques années, il ne l’est plus aujourd'hui.

Il y a pourtant, d’après Lawson Tait, une distinction à établir entre la rupture intra-péritonéale et la rup!ur2 intra-ligamentaire. Si, dans le premier cas, la laparotomie est absolument indiquée, elle peut être différée dans le second. Mais le diagnostic de ces deux variétés d’hémorrhagies est très difficile. Voici les éléments qu’en donne Lawson Tait : À

Pour l’hémorrhagie intra-péritonéale, tous les signes d’une hémorrhagie interne grave, pâleur, petitesse du pouls, sueurs froides, etc. À l’examen {toucher, palpalion, percussion) signes négalifs.

Pour l'hémorrhagie intra-ligamentaire, à l'examen toujours

signes positifs; le sang épanché dans le ligament large s’insinue partout entre les couches pelviennes, et les organes du bassin sont immobilisés, comprimés, etc. Enfin les symotômes généraux sont moins inquiétants. [l vaut mieux, dans ce Cas, attendre, ne traiter que les symptômes, douleur, constipation, rétention d'urine, etc., et intervenir chirurgicalement en cas de suppuration de la poche ou d’une rupture secondaire avec hémorrhagie.

op Après le cinquième mois. — L'enfant est vivant, il est viable, la circulation placentaire est complétement développée, le sac plus gros, le placenta plus volumineux, le danger de l'hémorrhagie beaucoup plus grand, l'intervention plus difficile, et les indications discutables.

Les avis sont partagés — les uns ne veulent pas opérer parce que l'enfant est peu viable, il est à une époque trop rapprochée de la conception, il est difforme; l'opération serait trop difficile,

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