‹ Étude sur la grossesse extra-utérineChapitre 8 sur 57 · LUE · texte numérisé non relu

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par Virchow; il aurait trouvé presque toujours des pelvi-péritonites chez des femmes mortes de rupture de kystes fœtaux. La pelvi-péritonite détermine des adhérences qui fixent la trompe, son pavillon, l’ovaire et les différents organes du bassin dans des positions anormales, oblitèrent leur calibre et les rendent ainsi impropres à remplir leur rôle physiologique. Ainsi Povule reste adhérent à l’ovaire, il n’est pas recueilli par le pavillon et il ne peut pas parcourir toute la trompe, dont le calibre est déformé et rétréci par des brides péritonéales. |

Les autres affections génitales, causes de la grossesse extrautérine, sont les métrites et principalement celles qui surviennent après les accouchements ; les tumeurs qui agissent en comprimant ou oblitérant la lumière du canal que doit parcourir l'ovule et certaines malformations congénitales des organes reproducteurs ,

On invoquait souvent autrefois les traumatismes, et Descargnes, dans sa thèse', y insiste beaucoup, en s'appuyant sur trois observations. Gette cause, délaissée aujourd’hui, pourrait cependant être vraie dans certains cas, en admettant une contraction antipéristaltique de la trompe, comme le fait s’observe pour les autres muscles lisses.

Quant aux causes morales, frayeur, émotions, surtout au moment du coit, chagrins, joies vives, etc., auxquelles les anciens auteurs attachaient une grande importance, nous n’y voyons que de simples coincidences ; et, en effet, quelie est la femme qui n’est exposée souvent à une de ces influences morales pendant le cours de sa grossesse ? Nous ne mentionnons aussi que pour mémoire les causes invoquées par Bry?, telles que l'alcoolisme, l’intoxication par les opiacés, les narcotiques en général, et les jouissances trop répétées. |

1 Paris, 1873, 2 Thèse de Paris, 1808.

DA Re

Lataste, de Santiago", essaye de démontrer expérimentalement une nouvelle théorie de la grossesse extra-utérine, dont nous parlerons en traitant l'anatomie pathologique, en faisant jouer le rôle principal dans cette étiologie au premier coit après la fécondation. L’explication qu'il en donne n’a pour elle que son originalité ; l'ovule, fécondé dans l'utérus, serait entraîné dans la trompe par le sperme que le pénis pousse dans la cavité utérine, fonctionnant comme un piston.

Enfin plusieurs observateurs ont remarqué qu'ordinairement une longue période de stérilité précédait la grossesse extra-utérine (Parry, Aumond, Lawson Tait).

FRÉQUENCE. — Martin, de Berlin, dit que la grossesse tubaire est une des affections les plus fréquentes de la trompe.

Certaines races paraissent avoir une prédisposition particulière pour cette grossesse, el, de fait, elle est beaucoup plus fréquente chez les Allemandes, les Américaines que chezles Françaisesetles Italiennes. C’est ce qui ressort au moins de 170 observations, recueillies par Audry, depuis 1886 jusqu'à 1890. Treize seulement étaient d’origine française. «Il y a là, dit-il, une question de race, et l’on est bien forcé d'admettre que les trompes utérines des femmes françaises sont moins capricieuses ou moins hospitalières que celles des Anglo-Saxonnes”?».

Astruc fait remarquer que cette grossesse est plus fréquente chez les femmes non mariées.

Quant aux différentes formes, c’est la grossesse tubaire qu’on rencontre le plus souvent, la grossesse ovarique étant la grande exception. Feuger* signale l'augmentation de fréquence rapide des cas de grossesse extra-utérine. En effet, il ne trouve dans les publications américaines que 50 cas en 1887; 70 en 1888 ;

1 Lataste ; Comptes rendus de la Société de Biologie, 1889, q. s. 113-116, et 1890, q. s., pag. 85-91.

2 Arch, de tocologie, 1890, pag. 543.

3 Amér, Journal of obst., 1891, janvier.

CAGE 110 en 1889; il est évident que celte fréquence plus grande, notée par Fenger, est due aux connaissances plus exactes que nous avons sur la grossesse extra-utérine, et à la facilité du diagnostic, qui autrefois était souvent impossible.

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