CHAPITRE III Anatomie et physiologie pathologiques
Division. — Avec un grand nombre d’auteurs, nous diviserons Ja grossesse extra-utérine en trois variétés : 1° la variété ovarique ou ovarienne ; 2° la tubaire, qui se subdivise en a” tubaire proprement dite, b’ tubo-utérine ou interstitielle et c’ tuboabdominale, et 3° l’abdominale. Nous passerons sous silence les innombrables divisions de la grossesse extra-utérine, admises - par différents auteurs. Entre les treize variétés de Dezeimeris et l'unique de Lawson Tait et de ses partisans, il y a tous les intermédiaires.
1° Grossesse OvARIQUE. — Cette variété, très longtemps discutée et niée, est aujourd’hui admise par la plupart des auteurs. Considérée autrefois comme fréquente, c’est à peine si aujourd'hui on en connaît quelques rares cas probants.
Le processus physiologique de cette grossesse est le suivant : les spermatozoïdes arrivent sur l’ovaire; la fécondation se fait dans une vésicule de de Graaf rompue, la déchirure de la vésicule de de Graaf se referme et le fœtus se développe dans l’inté-. rieur de l'ovaire, comme le fait un kyste de cet organe. Si la . déchirure de la vésicule ne se répare pas, le fœtus, en se développant, s'échappe dans la cavité abdominale et s’y développe, mais son placenta reste adhérent à l'ovaire. Quand cette dernière circonstance survient, on dit qu’il y a une grossesse ovarique externe ; tandis qu'on appelle grossesse ovarique interne celle dans laquelle le fœtus se développe dans l'intérieur de l'ovaire.
PET ER Schrœder n’admet d'autre grossesse ovarique quo cette dernière variété, considérant la grossesse ovarique externe comme une grossesse abdominale.
La grossesse ovarique se reconnaît anatomiquement aux caractères suivants : on ne trouve pas l'ovaire avec sa forme normale; le kyste fœtal est rattaché à l’utérus par le ligament de l’ovaire ; sur la paroi du kyste on constate la présence du tissu ovarien étalé, et enfin on trouve la trompe du côté malade plus ou moins normale (Puech, Cohnstein).
Pour Verth, des divers critériums servant à caractériser la grossesse ovarique i] n’y en a qu'un seul de positif, mais sa valeur pour le diagnostic anatomique est de la plus grande imnortance ; c’est lorsque le sac fœtal sort manifestement des annexes et que l’état de la trompe de Fallope exclut toute possibilité de sa partici- . pation à la formation du sac fœtal. Le kyste de la grossesse ovarique se rompt le plus souvent dans les premiers mois de la gestation, mais il peut aussi atteindre le neuvième mois sans se déchirer. Cette rupture détermine très souvent la mort de la mère, mais elle peut survivre, et alors le fœtus continue à se développer dans la cavité péritonéale, constituant ainsi une grossesse abdominale secondaire. La transformation en lithopédium et la putréfaction du sac sont signalées par quelques auteurs comme terminaison possible de cette variété.
2° Grossesse TUBAIRE. — Nous avons vu qu’elle se subdivise en variété tubaire proprement dite, en variété tubo-utérine ou interstitielle, et en variété tubo-abdominale ; étudions successivement chacune de ces variétés.
a', Grossesse tubaire proprement dite. — Dans cette variété, l’œuf se greffe à la partie moyenne de la trompe, dont les différentes couches subissent une série de transformations, bien étudiées dans ces dernières années par Sutton, Gornil, Pilliet et
quelques autres anatomo-pathologistes.