I. THE VOWS OF THE HERON
« Quant Jehan de Beaumont ot dit ce qu*il pensa, Robert, celi d'Artois, galres ne demoura, Les deux plas a reprins et si les releva, Et les trois ménestrels il mie n*oubUa; Les deux pucelles cantent, chacuns une emmena. Par devant la roine Robert s'agenouilla, Et dist que le bairon par tems départira, Mes que chou ait voué que le ceur li dira.
« Vassal, dit la roine, or ne me parlés ja ; Dame ne peut vouer, puis qu'elle seigneur a, Car s'eUe veue riens, son mari pooir a Que bien puet rappeler chou qu'elle vouera ; Et bonnis soit li corps que ja si pensera , - Devant que mes chiers sires commandé le m'ara. » Et dist le roy: « Voués, mes corps l'acquittera; Mes que âner en puisse, mes corps s'en penera ; Voués bardiment et Dieux vous aidera. » ,
Adonc dist la roine : « Je sais bien que piecha Que sui grosse d'enfant, que mon corps senti la, Encore n*a il gaires qu'en mon corps se tourna ; Et je voue et prometb a Dieu qui me créa, Qui nasqui de la vierge, que ses corps n'enpira, Et qui morut en crois, on le crucifia,
* Le ms. de ce poème est conservé dans la bibliothèque de Berne (Suisse), n^ 323. — Il a été sans doute composé par un partisan de Robert d* Artois, et son objet semble de vanter la part de celui-ci dans la guerre d'Edouard contre la France. Comme il fait allusion à l'emprisonnement du comte de Suâblk en 1340, il doit avoir été fait après cet événement et probablement avant la trêve de septembre, cette même année. Ce poème est écrit en dialecte de l'Artois.
éCRIYAIMS POPULAIRES BN ANGLAIS DIALKCTIQUB M
Que ja li fruis de moi de mon corps n'istera,
Si m*cn ares menée au pais par delà,
Pour avanchier le yeu que vos corps voué a.
Et s'il en vœlh isir, quant besoin n*en sera,
D'un grand coutel d'aâiier 11 mie^s corps s'ochira ;
Serai m'asme perdue et li fruis périra. »
Et quant li rois Tentent, moult forment l'en pensa*
Et dit : « Certainement nuls plus ne Touera. »
Li hairons fut partis, la roine en mengna.
Adonc. quand che fut fait, li rois s*apareilla,
Et fit garnir les nes^ la roine i entra,
Et maint franc chevalier ayecques lui mena*
De illœc en Anvers 11 rois ne s'arrêta.
Quant outre sont venu la dame délivra ;
D'un biau fils gi*acieux la dame s'acouka,
Lyon d'Anvers ^ ot nom quant on le baptisa.
Ensi la franque dame le sien veu acquitta ;
Ains que soient tout fait, maint preudomme en morra.
Et mainte preude femme pour lasse s'en tenra.
Adonc parti li cours des Englès par de là. »
(Chi finent Itiês vêu$ dm kairon,)
Plusieurs des poèmes contenus dans ce recueil ne portent pas de signature; ce sont, en particulier, ceux qui sont écrits en français et en latin. Les auteurs probables en sont suffisamment désignés par ce fait. Les représentants de la vieille aristocratie, fidèles aux traditions de la conquête, résistaient à Tentralnement général et continuaient à dédaigner la langue des vaincus* Voici un spécimen des poèmes politiques en latin :