TUE END OP THE CREED OF PIERS PLOWMAN
Although this /latterynge /reres
Wyln /or her pryde, Dispaten of Godes deyié, As (Motardes shulden, The more the watere is woved The ^asedere hi worthen.
Zat the /oseles alone,
And Iqyg thou the trewthe For flieso mays^res of dyvyni^ô
Many, als I /rowe, i^olwen nought /uUy the /feith, as fêle of the lewede.
ÉCRIVAINS POi'ULAlRBS UN ANGLAIS DIALEGïIQUlt 71
Whough may wannes viit,
Tlirough werk of hiwselve, Xnowen Christes privité,
Tliat aile /tynde passcth ?
It moi ben a man
Of also mék an herte, That my^ht with his ^ood liif
Tlie holy Qost fongen ; Ând thanne nedeth liim nought
iVèver for to studyen ; He i»yglit no maisiTQ bon cald^
For Christ that defendcd, Ne J9uten no ^ylion
On his j9ild pâte, Butjprechen in parfit liif, And no ^ryde usen.
But al that everc I hdvc scyd,
iSoth it mo jcmeth ; And al fliat ever I hâve wry/en
Is soth, as I trowe ; And for amendyng of thise men
Is mosi that I write.
God ^polde hy ^oldeu ben war.
And werchen thc betere.
But for I am a Icwed 7?ean, Paraunter I wyghte Passen j?ar adventure,
And in some ^oynt errcn.
I wil nough^ this macère
Maistrely avowen, But gif ich hâve *»ys-said,
Jlfercy ich aske, And pray al i»annere ^on This watere aiwende, Ich a Word by himself
And al, gif it ncdeth.
6^od of his ^rete myght.
And his ^ood ^race, Save aile /reres
72 ÉTUDE SUR hL LANGUE ANGLAISE AU XIV» SIÈCLE
That feiih /ulll lybben 1 ' And aile tho that ben /"als, Fsljtq hem amende And ^yve hem wiit and good wil
Swiche dedes to werch ^at ïhei may wnnen fhe lilf Thaï ever shal lesten.
Amen *.
On a supposé, avec quelque raison, que l'auteur de ce poème appartenait à TEglise*. C'était certainement un homme d'une éducation peu ordinaire. Son affectation d'archaïsme ne doit pas nous donner le change ; les innombrables satires contre l'Eglise, qui parurent en latin, vers cette époque, et qui ont été mises sur le compte de Walter Mapes, démontrent jusqu'à l'évidence que les lettrés et les nobles étaient à la tête du mouvement contre l'église de Rome. Nous sommes 'donc autorisé à rattacher les auteurs anonymes de ces œuvres populaires à cette sorte de ligue nationale, à la fois religieuse et intellectuelle, dont Edouard III et Jean de Gand furent les chefs. Tous ces efforts produisirent des résultats rapides ; quelques années après le décret qui rendait officielle la langue vulgaire, la bourgeoisie tout entière et une grande partie de l'aristocratie en faisaient un usage à peu près exclusif.
* The Vision and Creed of Piers Plotvman; edited hy Th. WrigU^ London, Pickering, 1842, vol. II, p. 499.
^ Le poème populaire de Pier$ Pîomman a une sorte de continuation dans le poème On the déposition of Richard 11^ dont Tunique ms. est conservé dans la Bibliothèque publique de TUniversité de Cambridge, sous la désignation LI. 4. 14. L'auteur de ce poème et celui de la Vision et du Creed pourraient bien ne faire qu'une seule personne.