II. En vieux français, la particule ne, n' (latin non) de
^ Il y avait quatre dialectea principaux : le bourguignon ou langue de^
rEst, celle du centre, celle de l'Ouest ou normand, celle du Nord ou picard. GKdel, Littérature française, p. 419.
^ Littré, Hist, delà long, française,. Il, p. 310.
THE KINQ'S BNQLISH 4j^
mandait l'appui d'une seconde négation. On trouve dans les serments : « Ne io ne nëuls nun li iv er » ; et dans les, textes postérieurs : n A home ne a feme ne porta amistié ;. par nule riens que il véist ne nuit ne jor poor nel prist. ». Il est rare qu'on omette la deuxième négation \. Chaucer et Gower suivent aussi la règle de la double négation :
In al the route nos there young ne old That he ne seyde it was a noble story.
^ (Gant. Taies, Prol, ofihe myller^ v. 3.)
No borde ne hadde he, ne w^ver scbold hâve.
(Gant. Taies, Pro/., 689.)'
Ii^ al this world ne was there non bim lyk.
f (Gant. Taies, Prol, 412.) '
As thanne of Kinges to bis liche Was non so myhty ne so ricbe.
(Gower, The pvnish of NèHeht 7.)'
He was so fuU of veine «loire Tbat be ne badde no mémoire.
(Gower, The punish of Neluch, 16.)
Et ce nus ne nulle demande Gomment je voil que cilz rommaaz.
Soit appelé... r
{Bom* de la Eose, F® partie.)
Quant nus ne s*en peut prendre garde De nul mal faire ne se tarde.
{Bom* de la Rose, F« partie.)
Nulle flor en esté ne nest
Qui w'i. soit neis flor de genest
Ni violete, ni pervancbe '
Ni fleur inde, jaune ou blancbe.
(Bom, de la Boee, V* partie.)
^ Diez, Gramm, des long, romanes^ III, p. 404.
m. Le français moderne donne parfois aux pronoms compléments la valeur des pronoms sujets; ainsi nous disons : Moi qui..., toi qui..., lui qui..., etc. Le vieux français n'admettait pas cette irrégularité ; il disait, comme Fanglais, je qui parle, I who speak ; tu qui viens, thou -who comest; U qui dit, he vho says, etc.
Veez Lambert, franche gens honorée :
Il et belle Aude ont la paix porparlee.
(&érars de Viane, v, 1022.)
S*en va Guidoine il et si compaignons.
(La deseonfiu de Boneevaum,)
O tu^ chevalier, qui viens de tele bataUle, di moi, je t*en prie, quel honneur tu comportes ?
(Mss. de SaiaU Victor, n® 623, anc. f. fr., 7798^ Christine de Piean,)
Je meismes, gui i estoie Ne vi pieça si bêle afaire.
(Rutebeuf, Chariot qui salit la pel d'un lièvre, Hist, litt, de France» XX, p. 72J.)
Ek every wight wot this as wel as /•
iCant. Talea, The wyf of Bathes taie, 277.)
I hâve a wyf, pardé I as wel as thow,
(Gant. Taies, Tke prol, of the myller, 50).
Thou moder of mercy, way of indulgence That of aile mercy art superlative !
(Gh., Oriioune to the Holy Virgin^ 8.)
He that coveitish is a pore wight,
(Ganl. Taies, The wyf of Bathes taie, 331.)
IV. Le vieux français formait son comparatif d'égalité avec comme devant le second terme de comparaison ; les Anglais ont conservé cette forme primitive.
THE KINa'S ENGLISH 425
Quand Lucifer qui angles fu
Et qui en haut paradis fu
8i biaus, si cler, comme le soleil.
(Mss. Fonds Notre-Dame, n* 193.)
Siiâû comme ils furent trouvés, on fit les Anglais déloger et ûraire celle part tout ordonnément.
[Froissart, Sd. Buchon, liv. I, chap. x, p. 42.)
January, what might it the availe
If thou might see as fer as schippes saile ?
(Ch. Gant. Taies, The mareh. taie, 853.)
His steede, which that schon as sonne bright, Stant in the court as stille as eny stoon.
(Gant. Taies, The equyeree taie, 162.)
V. La langue anglaise supprime souvent le relatif that devant le sujet d'une proposition nouvelle. Le vieux français admettait aussi cette forme :
N'en y a un tout seul rCait la table quittée.
(Littré, Hitt. de la lang, franc*, 321.)
1 bare him on hone^^ ke hadde enchauntede me ; And eke I sayrf^ / mete of him aile nyght.
(Gant. Taies, Prol, to the tvyfofBathe, 575.)
VL L'anglais moderne exige que le pronom complément suive son verbe ; chez Chaucer, il le précède souvent, à la manière française :
But soth to say, I not what men him calle
(Gant. Taies, Prol, to the wyf of Bathe^ 284.)
The which, as I gbjï you remembre I wol yow telle everydele.
(House of Tame, 63.)
But now is tim to you for to telle.
(Gant. Taies, Prol, 720.)
486 ÉTUDB SUR LA LAKaOE AKQLAISE AU XIY« SIÈCLE
Out of the Gospel he tho wùrdet oaught And this figure he addede yôt thereto And if gold ruste, what slialde yren do *?
(Cant. Taies, ProU to the wyf of Batke, 500.)
And he kim told again fui specially.
(Gant. Talesi The sehipmannes taie, 343.)
To loke if he him wold amende.
(Gower, The punish. ùf Neb,, 27.)
VII. La préposition to peut être 'sous-entendue devant un complémant indirect, s'il occupe la place ordinairement réservée au complément directi Le vieux français supprime de même la préposition à :
Mandez Charlon l'orgueilleux et le fier Foi et salut par votre messager.
(Littré, Sist. de la Umg* fifxuif.^ p. 321.)
pour : mandez à Charles.
To tell yow aile the condicioun
Of eche of hem so as it semede me,
(Cant. Taies, Pro/., 38.)
And if thou telle it man, thou art forlore.
(Cant« Taies» ^A0 mf7/0r»«Àil<f, 319)./
They tolden every man that he was wood.*
(Cant. Taies, The milleres taie, 615.)
VIII. Chaucer considère la particule to comme faisant partie de l'infinitif, et admet d'autres prépositions devant cet infinitif, comme en finançais. Dans l'anglais moderne, toutes.les prépositions gouvernent le participe présent.
' L'inversion du nom compUment est beaucoup plus rare que celle du pronom^ comme en français.
THE KINO'S BNGLISH 42^
. The mater fiayre is of to make
(Ch. Eom, ofthe Bose^ k\.)
Than longen folk to go on pilgrimages And palmers for to seeken straunge strondes To ferne holwes kouthe in sondry londes.
(Gant. Taies, ProLy 12.)
IX. L'inversion du sujet et du complément est familière aux trouvères ; Chaucer en fait un fréquent usage :
Ici ne fui-je guères sage
Qui a celui qu'il plus haoU
Contre reison et contre droit
Ai ma fine amor atornée.
(Boman dé Troie,)
Mais en tous temps a fieur de tous la grâce Comme belle, gracieuse et plaisans.
(Eust. Des Champs, mss. fr., n^ 7219, fol. 102.)
Embrowdid was he, as it were a mede.
(Gant. Taies, '-Profoj^vtf, 82.)
Schort was his goune with sleeves long and wide Wel cowde he sitte on hors and faire ryde.
(Gant. Taies, Prologue, 93.}
Et de ce coup mal assis eurent les Français grand parlement ensemble, mais finalement pardonné lui fut des chevaliers pour complaire mieux aux Anglais.
(Froissart, liv. IV.)
Ainsi que ordownéixjX, ftit-i/ fait. ■
(Froissart, liv. I, chap. i, 37.)
Wel cowde sche carie a morsel and wel kepe That no drope ne fil uppon hire breste.
(Gh. Gant. Taies, Prologue, 130.)
Fui sweetly herde he confessioun And plesaunt was his absolucioun,
(Gant. Taies, Prologue, 231.)
Qu'en la fueille est plaisir pour sa verdour Et qui resjoit les cuers des vrais amans.
(Eust. Des Champs.)
Or veil cel songe rimaier Por vos cuers plus fere esgaier.
{Rom. de la Sose, V^ partie.)
Et quant il virent que nous aviens tournez les visaiges vers ans.
(Joinville, texte de M. N. de Wailly.)
Le français moderne préférerait ici le singulier (cœur) au pluriel ; car chacun n'en saurait avoir qu'un. L'anglais a conservé cette forme et en a fait une règle de sa syntaxe. Il faudrait dire en anglais : Ihe heurts oftrue lovers; your heurts ; our fuces.
XL L'emploi si fréquent de l'auxiliaire do pour remplacer un verbe déjà exprimé est aussi une imitation du français :
Miex ameriez-Yous Amangis le larron
Que vous ne feites moi, ne mon neveu Sanson ?
[G-ui de Nanteuilt ▼• 258.)
J*aime plus la fleur que la fùeille ne face
(Eust. Des Champs, mss. n^ 7219.)
(I love the flower better than I do the leaf).
He moste endure, as others doon, bis care.
(Gant. Taies, The milleres taie, 46.)
In al the parisshe wyf ne was ther noon That to the oflFryng byforn hire schulde goon. And if ther dide, ....
(Gant. Taies, The prologue U^,)
THfl KINa*S BNQLISH 1^9
XII. Le sens si idiomatique du verbe anglais toproveesi l^origine française, comme le mot lui-même :
Se bien ne votts prouvez, de la dolor morrai,
(Botn, de Berte ans grans piéèt édit. P. Paris, p. 12.)
(If you don't prove well. . .)
And sucb be was i-proved ofte sitbes.
(Gant. Taies, Prologue^ 485.)
XIII. Le vieux français nous fournit aussi des exemples du double superlatif anglais so very :
S'ot en un lieu un arbrissel De fleurs et de fueilles si bel, Et plein de si très bonne odoui^ Que nulz n*en aurait la savour*
(Le dit du vergier, Bibl. Nat., rnss, franc., a® 7221, fol. 1.)
Des oisiUons qui ens estoient Qui si très doulcement cbantoient.
(Ibid,, ibid.)
XIV. La syntaxe anglaise ne permet pas de placer un adverbe entre le verbe et son complément direct ; le vieux français admettait parfois cette construction :
Vous qui prisez et loez la flour tant^ Voulons par droit la fUeille soutenir*
(Eust. Des Champs.}
(You who praise the flower so much . . . )
A ha ! by God I hâve my taie agayn.
(Gant. Taies, Th$ prol. ofthe ivgfofBaihe, ^0*
Gattotbid I was, and that became me well. • •
(Gant. Taies, The prol, of the wyf of Batkût 603.)
XV. La phrase interrogatlve anglaise n'admet pas Fusage du pronom, lorsque le nom est exprimé; le vieuic français possédait aussi cette forme si logique :
Diront donc tes gestes, pour toi plas honnorer, Que tu feus à la journée du costé vainqueur ?
(Christ, de Pisan, mss. de Saint-Victor, n» 623.)
Gomment, dist Dieudonné à la brace quarréè, Porroit estre une dame à un homme assénée ?
(Ch. de Gestes, Charles le Chauve, 13345.)
Is this the lawe of king Arthures hous ?
Is everi/ hnight of his thus dangerous ?
(Gant. Taies, The wyf of Bathe iaU^ 233.)
... l^ al my mynde and myght agoon ?
Hath wyn byrevyd me jnyn eye sight î
(Gant. Taies, The Sompnoures iule, 370.)
XVI. On rencontre, de môme, dans le français des contemporains de Chaucer, un grand nombre de formes qui, dans ranglais moderne, passent pour des anglicismes, parce qu'elles datent de l'idiome primitif de Chaucer ; ce ne sont, en réalité, que des gallicismes yieillis :
Il fit le roi d'Angleterre écrire au Saint-Père.
(Froissart, chap. iz, I, éd. Méon.)
On dirait aujourd'hui : he made the king of England Write...
And eek that lusty sesoim of that May Made every wight to ben in such plesaunce.
(Gant. Taies, The knightes taie, 1626.)
Je ving au conte de Soissons cui cousine germaine j'avoie
espousée et lui dis.
(JoinyiUe, texte de M. de WttUy.)
(. . . whose cousin I had married)
THE KINQ'S ENGLISH ' ' 131
Les sires de Durfort et de Rosan, faits prisonniers par les
Français, furent relftchés sans rançon, à condition qyCils se tourne-
"raient français.
(Froissart, II, chap. m, 6.)
Le verbe to ium a encore le sens de se changer en, de- Tenir.
Ce n*était point sa coulpe qu'elle était partie de loi.
(Froissait, I, chap. xi.)
Le verbe to part a conservé le sens de se séparer.
Si en y eut grand plenté.
(Froissart, I, cbap. xv.)
L'anglais moderne fait un fréquent usage de ce joli mot (plenty), que nous avons perdu.
Comment le roy d'Angleterre accorda au prince de GaUes, son fils, qu'il mit le roi Dam Piètre arrière er son royaume.
(Froissart, I, chap. xv.)
. . . Toput the king back. into his kingdom.
Mes ne sont pas de la manière Qu'ils estoient du temps arrière *.
(Latf de Tyolet, vers xi et xa.)
L'anglais moderne a conservé toutes ces formes idiomatiques de la préposition-adverbe. C'est ainsi, par exemple, que le mot before résume le double sens de avant et devant, comme ce dernier le faisait en vieux français :
Le dimanche dont je vous parle qui fut le plus prochain detxmt le
jour Saint-Michel.
(Froissart, liv. lY, chap. x.)
^ Lais inédits de Tyolett de Guingamor^ de Doon^ du Zecheor et de Tydorel, mss. de la fin du xui^ siècle, publiés par Graston Paris. Romania, janyier 1879.
I3â BTUDB SUR LA LANGUE ANQLAISB AU XI Y^ SIÉCLB
On dirait en anglais : hefore Saint-MichaeVs day ; cette dernière forme [le Jour s^ Michel] est demeui*ée anglaise, elle aussi.
XVII. Le verbe il y a, devant un nom de temps, se traduit par un anglicisme très remarquable, bien différent de la tournure française correspondante; il est basé sur la valeur respective du passé défini et du passé indéfini dans la conjugaison anglaise. Cet anglicisme est aussi d'origine française :
A I good sir host, / hâve y-wedded be Thèse monethe two and more not pardé !
[Prol. ofthê march. tàUy 21.)
Les Escots sont à trois lieues près de ci, logés sur une montagne et nous attendent là ; ei p ont bien été ja huit jours*
(Froissart, liv. I, chap. xl.)
(et il y a bien huit jours qu'ils y sont. — They hâve been there thèse eight days) .
This lusty squyer, servaunt to Venus, Which that y-cleped was Aurelius, ' Had loved hire best of eny créature Two yeer and more. . .
(Gant. Taies, Th$ Franheleynes taie, 209.)
XVIII. La forme la plus ordinaire de la salutation en anglais n'est môme pas d'origine germanique ; nous la trouvons dans le vieux français du xii* siècle, et elle se maintient jusqu'au XV®:
Lors li dist la dame : Comment Le faites-^oous, biau très doux sire?
(Coucy, vers 3490.)
(Comment le faites-vous : How do you do.)
THE KINÔ'S BNGLISH 131
A donc le duc Richart vint à luy et lui demanda comme il le faisait.
[Chron doNorm , imprimée à Bouea en 1487.)
XIX. L'irrégularité du mot news, qui conserve 5 au singulier, est une trace de Tinfluence du nominatif latin sur les mots français correspondants.
Premièrement de cette fête fut-il grandi* nouvelles en tous pays,
(Froissart, liv. I, chap. xvi.)
Je vous merci, dames et damoisellos,
Des prières que fait avez pour moi
Quant l'on vous dit de ma mort les nouvelles*
(Bust Des Champs.)
XX. La proposition inflnitive, si fréquente en anglais, a été empruntée au latin par Tintermédiaire du vieux français :
Or s'avisèrent le roi d'Angleterre et ses oncles et les barons du
royaume qu'ils ordonneraient une très puissante fête à être en la
cité de Londres.
(Froissart, chap. xvi, p. 94.)
And bad bis wyf go knede it in a cake.
(Gant. Taies, Th9 reeves iale^ v. 174.)
XXL Le participe présent est la forme ordinaire du verbe anglais pris substantivement. Il pouvait être employé de la môme manière en vieux français :
Si vi ung songe en mon dormant Qui moult fut biax. . •
[Le Moman de la Rose^ i'^ partie )
Me remembryng
Of my lyvyng
My detb wyshyng. . .
eCh., Virelay, VI, p. 3i)5.)
XXn. Les articles défini et partitif étaient supprimés en yleux français à peu près dans le cas où on les supprime encore aujourd'hui en anglais *.
Scuyers vinrent qui prestement leur rendirent leurs glaives.
(Froissart, liv. J, chap. xv.)
Si qui après messe et boire tous montèrent sur les chevaux et se départirent de Calais en une compagnie»
(Froissart, liv. I, cbap. iv.)
Mais en un grand parc regardoye Ours, lions et viepars veoye, Loups et renars qui vont disant Au povre bestail qui s'ef&oye.
(Eust. Des Champs.)
^ La question de l'article anglais est si délicate et si importante, qu'il n'est pas inutile d'ajouter que la ressemblance signalée ici entre l'article anglais et l'article français se maintint jusqu'au xvi^ siècle, comme le prouve M. A. Benoist, dans son travail si intéressant sur la Syntaafe française. En voici quelques exemples concluants :
Bref en tous actes d'importance, il y a quelque mouvement particulier.
(Calvin, Inst, chron,^ II, 2, 17.)
Là où ineontinenee règne, dit Aristote, Vintelliffenee particulière de bien et de mal est ôtée à l'homme.
(Calvin, Tbid., 2, 23.)
Ils référaient le vivre et le mourir volontiers à V exercice de vertu.
(Amyot, PélopidaSy chap, ii.)
Et toutefois nous voyons que bonté s'étend bien plus loin que ne fa justice»
(Amyot, if. Catouy chap. zi.)
Harnais de guerre en ce pays-là sont Tous pleins de rets que les araignes font La rouille y mange épées émoulues A deux tranchants : lances sont vermoulues.
(Amyot, Nurna^ chap. xxxii.)
Harasser, c^est par fort et long travail abattre les forces à aucun et graver.
(Nicot, p. 329, coll. 2.)
THE KINa*S BNGLISH 4%
Jeunesse sur moy a puissance ; Mais vieillesse fait son esfort D'- m'avoir en s» gouvernance A présent faillira son sort. . .
(Charles d'Orléans.)
L'une c'est Foi, l'autre Bspéranee, Et la tierce, qui plus avance Toui aomme est vraie charités.
Les trois pommes, c'est vérités. . .
(Phil. de Vitry, éd.Tarbé, p. 94.)
And smale fowles maken mélodie,
(Ch. C. T., Prologue^ 9.)
A knigîit ther was, and that a worthy man, That from the tyme that he ferst bigan To ryden out, he lovede chyvalrye, Trouthe and honour^ fredom and curteisye.
(Gant. Taies, Prologue, 43.)
By God, if fwmmen hadde writen stories.
As clerkes hâve withinne her oratories, Thay wold hâve write of men more wiokidnes, Than al the mark of Adam may redres.
(Gant. Taies, Th9 prol, of the wyf of BatAe, 693.)
XXIII. Le déterminatif commun à deux ou plusieurs noms n'a pas besoin d'être répété en anglais, devant chacun de ces noms ; il en était de môme en vieux français :
Hors de cette mésaise et pauvreté.
(Froissart, liv. I, cbap. zxxvin.)
Et se réconforte un petit à la parole Qi prière Monseigneur Robert d'Artois.
(Froissart, liv. I, chap. xn.)
En quel haine et nuUivolence la roine était enchue.
(Froissart, liv. I, chap. xii.)
436 ÉTUDE SUR LA LÂNaUB ÂNGLAISB AU XIV« SIÈCLE
C'est loi duquel la vertu et bonheur Vous rend, ô Grecs, de liberté Thonneur.
(Amyot, chap. nr.)
Comme capitaine, il avait toute la force et puissance entière de son armée unie et assemblée en soi.
(Amyot, Pilop,^ cliap. nr.)
But rich he was of holy thought and werk.
(Cant. Taies, Prologue, 479.)
Amyd saugh I a Hâte stonde That for hir wrathe, yre and onde, . .
(Thê rom. ofthe rose, 147.)
•XXIV. La préposition &y forme, avec les pronoms réfléchis, une locution idiomatique assez singulière : By myself, by himself, etc. — signifient tout seul. Le vieux français nous fournit des exemples de la môme forme :
Les cloches de Téglise, de ce soyez certains, Sonnèrent tout^r eUes, sans mettre piezne mains.
(Le dit du buef.)
XXV. Chaucer a imité, en outre, des tournures françaises que la syntaxe anglaise a, rejetées depuis :
But helpeth ye that kan konnying and myght, Ye loyers, that kan make of sentement.
(Prologue to the légende 66.)
( . . • faire du sentiment.)
And hasteth yow. . .
{Thê sehipmannes taie, 157.)
(Et hâtez-vous.)
THB KINQ'S ENGLISH 437
For to be flre and to doon as us lest.
{The wyf cf Bathes taie, 80.)
( . . . faire comme (il) nous plaît.)
As for the more pan, I say not aile.
(Prof., The marehauudes tale^ 19.)
(Quant à la plupart. . . )
I wol not baye to do of such matière.
{The nonne presthis taie, 431.)
(. . . Avoir à faire d'une telle chose.)
If I to yow wold barm or vilonye.
{The nonne prest his taie, 467.)
(Si je te voulais du mal. . .)
XXVI. Si, après avoir examiné l'anglais de Chaucer au point de vue des locutions françaises qu'il renferme, nous en arrivons à rechercher les mots eux-mêmes, nous en trouverons une quantité si considérable que le glossaire seul pourra nous donner une idée exacte de leur nombre. Il convient de signaler d'abord les termes qui ont été assez défigurés par l'orthographe et la prononciation, pour que leur origine française ne soit pas évidente à première vue :
Acate, acheter.
Algate he waytede so in his acate.
(Gant. Taies, The proL, 571.)
Aracej arracher.
The childrem from her arm tbey gonne arace.
(The elerhes taie, 160.)
ArUasters, arbalètes.
Of arblasters grete plenté were.
{Thê romaw^ of the rose, 4196.)
438 éxUDB SUR LA LANGUE ANOLAIS^ AU XIV« SléCLE
Aresone^ raisonner <iuelqu*un.
Eftsones Love hym aresoneth.
(Thé r0maun$ af tkê t^e, 0984.)
Aspierij épier.
For he was wys, and couthe sone aspye.
[The k»ifhtê$ tak^HZ.)
Astaatj état, pompe.
Wysdom^ humblesse, asCaat and hye kinrede.
(The knightes taie, 1932.)
Atamydj entamé.
And right anoon he hath Ms taie atamyd.
(The proU ofthe nonne prest, 52.)
Aument, augmenter.
For to aument and multiplie.
(The rom, ofthe rose, 5600.)
Averoibs, avare.
Thèse avérons folk som tyme mot hâve reste.
(The Frankeleynes taie, 482.)
Awmere, aumônière,
Were streite gloves with awmere of silk.
{The rom, of the rose, 2271.)
Ayel, aïeul.
I am thi ayel, redy at thy wille,
(The hnightes taie, 1619.)
Ayer, air.
In erthe, in watir, in ayer^ man to swynke.
[The pardoneres taie, 57.)
Ba, baiser.
Gom ner, my spouse let me ba thy cheke.
(The proL of the wyf of Bathe, 433.)
THB KINa'S BNaUSH 439
Barhre^ barbare.
Allas ! unto the barbre nacioun.
(The man oflatves taie, 183.)
Bocler, bouclier.
As brood as is a bocler or a large.
(Gant. Taies, The prologue, 471.)
Cantel, fragment.
Of no partye ne cantel of a thîng.
(The knighUs taie, 2150.)
Cautels, ruse.
Cautels who so useth gladly. . .
(A gooily ballade, 43.)
Courfew, couvrefeu.
Abouten courfew tyme, or Utel more.
{The milleree taie, 459.)
CovercJiief, couvrechef.
That werith on a amrchief or a calle,
(The wyfofBathee taie, 182.)
Coynes, coings.
That pèches, coynes and apples beere.
(The rom, of the rose, 1374.)
Cruwel, cruel.
Now blisful lorde 1 so cruwell thow ne be.
(Troyh and Cryseyde, 599.)
Culpoiins, coupons.
Fui fiinne it lay, by culpouns on and oon.
(Gant. Taies, The prol., 679.)
Cultre, couteau (culter).
Ile scharpeth schar and cuUre bysily.
(The milleree taie, 575.)
Egre, aigre.
. . . Then fro the egre wordes of thy frend.
(The taie of fitelibeus, 156.)
Farsud, farci.
His typet was ay farsud fui of knyfes.
(Gant. Taies, Prologue^ 233.)
Fermerere, infirmier.
So did our sextein, and our fermerere,
[The sompnoures ta^e, 151.)
^epown, jupon.
Of fustyan he wered a çepoun.
(Gant. Taies, The prologue^ 75.)
Maliire, malheur.
I wofull wight fuU of malure.
{Chaueers dream, 601.)
ManasCy menacer.
And whan men bcete him, he manased,
(The taie ofmeliàeuSi p. 176.)
Mauis^ muid.
An hundred mauis of whete greyne.
(The rom» ofthe rose^ 5593.}
Mavys, mauviette.
And thercat lough the mavys in a scom.
{The court of love, 1388.)
MayînpriSj mainprise, bail.
I bidde him to mayinpris, that thou graunt him me.
(The eohes taie, y. 743.)
MaysondetoCf maison-dieu, hdtel-Dieu.
To somme ntaisondewe biside.
(The rom, ofthe rose, 5622.)
THS KINQ'S KNQUSH Ul
Melley mêler.
Now lot mo melle therwith but a while.
(The chanounes ffemannes talôf 173.)
MenouVy mineur (frère mineur.)
Now frère menour, now Jacobyn.
(The rom. of the rose, 6341.)
Moneste. admonester.
For I yow pray, and eke moneste.
[The rom. of the rote, 3579.)
Monyours, monnayeur. ^
Taylagiers and thèse monyours.
[The rom. oftherose^ 68U.)
MoysouHj moisson.
And some ther beu of other moysoun,
[The rom. ofthe roie, 1677.)
Norys, nourrice.
And but thou do my norys honoure.
(Thepr. ofthe teyf of Bathe, 299.)
Nowel, Noël.
And Nowel I crieth every lusty man.
(The FranheUynee, taie, 519.)
Pilour, pillard.
The piUmrs diden businesse and cure.
[The hnightes tale^ 149.)
Pistil^ épître.
As saith seint Jame, if ye hïa pistil rede.
(The clerhes taie, 216.)
Pomegametiys , grenade.
Qi pomegarnettys a fulle gret délie.
[The rom. ofthe rote, 1356.)
U2 BTDDB SUR LA LANGUE AII0LAISS AU XIV» SlâCLB
Porailej pauvrailJe.
For to delen with Buchporaile,
(Gant. Taies, The prol, 247.)
Posse, pousser.
For wode, and posseth h3rm up and donne.
(L$gend of goode tvomen {Ph%Hi8)t 27.)
Pullaylle, volaille.
With caleweis or with ptUlayUe,
[The rom. ofthe rote, 7045).
PursevaunteSj poursuivants.
That pursemunies and herauldes.
{The Ewse offame^ 231.)
Pylen, piller.
What say we thanne of hem that pylen and doon extorciouns to holy chirche ?
(The persones taie, p. 332, 32.)
Quirhoily, cuir bouilli.
His jambeux were of quirboily.
{The taie of sir Thopae, 164.)
Rescailley racaille.
Of Jove, AppUo, of Mars and swich rescaiUe I
[Troylut and Cryseyde, 1»67.)
Rialle, royal.
He hath the corowned in so rialle wise.
{ChaucereSy A. B. G., s.)
Savere7i, savourer.
In confusion of hem that so saveren erthely things.
{The persones tale^ 339.)
Seher, sûr (securus.)
His privé comyng and the seker place.
I {TroyU and Cryseyde, 872.)
THB KINa*S SNGLISH U3
SofereHj souflfrir.
That was unapt to soferen lores hete.
(TroyU and Crjftê^de, 078.)
Sukkenye, souquenille.
And she hadde on a sukhenye.
(Tke rom. of th$ rottt 1232.)
Tentyfy attentif.
We schuUen do so tentfff besyness fro day to night.
(Tie taie ofmlibeui, p. 143.)
Ware-derere, garde-arrière.
Eeep ! keepl stand I stand 1 Jossa, imre derere !
[The reeves taie, ISl.)
Warice, guérir.
Al warice of this bitter peynes smerte.
{The Franheleynee taU, 128.)
Wastel, gâteau. •
With rostud fleissh and mylk and ivastel bred.
(Gant. Taies, The prol., 147.)
WerrCj guerre.
He gan firste fallen of the iverre in speche.
{Troy. and Cryseyde, 854.)
Wymple, guimpe.
And as she ranne, hir wymple leet she falle.
{Legend. of yoode women, 108.)
XXVII. Chaucer considère déjà si bien les mots français qu'il emprunte comme faisant partie de la langue anglaise, qu'il n'iiésite pas à y adapter des préfixes et des suffixes d'origine saxonne. Il fait, par exemple, précéder les verbes français de ge ou y, signe du participe passé saxon :
That Tarquyny shulde yhanisshed be Iherfore,
{Legend of good ipoumm, 184.)
Tcorouned ys with white levés lyte.
[Legend •/ good «vojim», 219.)
Les mots français, ainsi soumis aux formes de la grammaire anglaise, perdent parfois complètement leur physionomie étrangère. Le verbe Burn^ par exemple, tiré du français burnir (brunir) pourrait être confondu facilement avec le verbe to burn^ brûler.
Wrought al of burned steel, of whîch. . .
{The hnighus taie, 1125.)
As burned gold hyt shoon to see.
(The Eouee of famé, 297.)
An harnais as for a lustie knight Which burned was as silver bright.
[Gower, Conf* amanU^
XXYIIL La double origine de la langue anglaise a donné naissance à des doublets dont l'usage est intéressant à étudier dès Torigine. C'est ainsi que nous trouvons dans Chaucer :
Âct et deed Âid et ahet.
Baile et borrow Chief et head Strange et uncouth Nature et Kind Disese et wo JoUity et mirth Venerye et huntynge Palfreys et steedes Carpenter et wriht, etc.
THE KINQ'S BNGLISH 445
Parfois même, comme pour donner plus de force à l'idée par la répétition, Chaucer met les deux formes Tune à la suite de l'autre :
He was a wel good wrihi^ a carpenter',
(Gant. Taies, Prologue, 614.)
Il arrive aussi qu'un changement d'acception, survenu depuis dans l'un des deux termes, empêche de remarquer leur synonymie primitive *. Ainsi dans les vers suivants :
 knyght ther was and that a worthy man That, fro the tyme that he first bigan To ryden out, he loved chivalrye, Trouth and honour, free/iom and curteUye.
(Gant. Taies, Theprol.y 43.)
Nous soulignons deux doublets. Trouth était, en effet, synonyme de Jionour : « I plight thee my troth », signifiait « I pledge thee my honour. » Le mot freedom était employé dans le même sens que curteisye; il signifiait aussi politesse, bonnes manières.
XXIX. Nous devons signaler encore des traces d'une fusion plus intime entre les deux éléments de Tidiome anglais. Il y eut des mots composés formés de parties hétérogènes. Ainsi le composé Butt-end, gros bout, est formé du français l)out et du saxon end. Dans Besiege^ nous trouvons la préposition he (by) unie au verbe siéger, et ce terme hybride parvient à supplanter le vrai mot ^diTion'besittan;\Q verbe saxon bewray cède également le pas à detray, qui est d'origine mixte; et le terme môme qui désigne l'aristocratie nouvelle représente avec impar-
* Earle, The phiîol, of (he lEngU tangue^ p. 87.
tialité les deux éléments qui la constituent, genUe-man.
XXX. L'influence française agit môme sur les mots purement anglais. Les pronoms relatifs en sont un exemple frappant. Le vieil anglais n'avait qu'un relatif that; wMch était toujours interrogatif. Dans la période du mélange« tohich, à Texemple du français que^ s'empara aussi du râle dç that ^ Chaucer nous les montre souvent côte à côte.
Nought trowe I the triumphe of Julius Of which that Lucan maketb swich a bost,
(The tnan of lams talu ^00.)
XXXL Pour compléter nos observations sur l'importance de rélément français dans la constitution du King's English, il ne nous reste plus qu'à donner la liste des principaux vocables français qui sont tombés en désuétude depuis Chaucer, et la liste de ceux qui sont parvenus jusqu'à Tanglais moderne.
^o Mots tombés en désuétude.
Acate, aclieter.
Aohatour, acheteur.
Acoye, rendre calme, coi.
Adventayle (à ventaille), visière
de casque.
AdYoutr^e, adultère, Affile,i|)olir, affiler.
Affye, se fier.
Açgregged, augmenté.
Aguler, aiguillier, étui.
Amendit, amendé.
Amenuside, diminué.
Amercimentes, amendes.
Amonestyng, admonestation.
Amorettes, amoureuses.
Ancile, servante.
Anentised, anéanti.
Appert, ouvert.
* Addison, dans son EumbU pétition of who and which, eoBsidère tUt comme un simple parvenu qui a pris une place dont il est indigne. Il se trompe : that est le vrai relatif vieil anglais représentant la forme pe» Who et whîch sont du xni° siècle.
THB KINa*S ENGLISH
Ara ce, arracher.
Asegid, assiégé.
Atamyd, entamé.
Atempre, tempéré.
Avis, avis.
Awmere, aumônière.
Ayel, aïeul.
Ayer, air.
Ba, baiser.
Barbre, barbare.
Bêle, belle.
Bourde, bourde.
Bourdon, bourdon (do pèlerin).
Gantel, fragment.
Caraigne, carogne.
Cautels, ruse.
Celcitude, hauteur.
Ghaar, char.
Chalaundre, calendro.
Chante-plure, rit et pleure.
Charbocle, escarboucle.
Chevache, chevauchée.
Chiche, chiche, avare.
Cerges, cierges.
Clow-gilofre, girofle.
Compère, compère.
Conserve, conserver.
Controve, controuvé.
Conynges, lapins.
Cornemuse, cornemuse.
Cotidien, quotidien.
Coupable, coupable.
Covenable, convenable.
Covercle, couvercle.
Crois, croix.
Culpe, faute.
Culpons, coupons.
Defet, défait, découragé.
Deignous, dédaigneux.
Délices, délices.
Despend, dépenser.
Digne, digne.
Desputesoun, dispute.
Disteyne, déteindre. Doutable, redoutable.
Dure, durer.
Egalité, égalité.
Egalle, égal.
Egre, aigre.
Emplastre, emplâtrer.
Emprise, entreprise.
Ensample, exemple.
Entaile, entailler.
Entremesse, entremets.
En tune, entonner.
Facound, la faconde.
Fardeles, fardeaux.
Farsud, farci, bourré.
Fermacye, pharmacie.
Fermerere, infirmier.
Feyntise, ruse.
Flaumbe, flamme.
Flourouns, fleurons.
Foysoun, foison.
Frère, frère (moine).
Fumosite, fumées (du vin).
Garisoun, guérison.
Gamisoun, garnison.
Gaylard, gaillard.
Gepoun, jupon.
Gestes, gestes (chanson de).
Gile, ruse.
Gre, gré.
Groyn, groin.
Groyne, grogner.
Gygges, gigue (air de danse).
Gyterne, guiteme.
Humblesse, humilité.
Jambeaux, jambart.
Kalkulynge, calcul.
Lachesse, lâcheté.
Layneres, lanières.
Ligne, lignée.
Limere, limier.
Limayle, limaille.
Maistrie, supériorité, talent.
Maléfice, maléfice.
Malisoun, malédiction.
Malure, malheur.
Manace, menacer.
Mangery, festin.
Mansuete, doux.
.Maugre, malgré.
Mauis, muid.
Mavys, mauviette.
Mawmet, Mahomet.
Mayinpris, mainprise.
Maysondewe, Hôtel-Dieu.
Menour, mineur (frère).
Moble, meuble.
Moneste, avertir.
Monyours, monnayeurs.
Nachevetz, n'achève pas.
Noris, nourrice.
Parage, parage.
Parde, pardieu.
Pardoner, march* d'indulgences.
Parements, parements.
Parfay, par ma foi.
Payndemayn, pain d'amande.
Perle, perle.
Pie, pie.
Pilled, piller.
Pilours, pillard.
Pistil, épître.
Poraile, pauvraille.
Posse, pousser.
Pous, pouls.
Pover, pauvre.
Prospectyves , lunettes d'ap -
proche.
PuUaylle, volaille.
Purfiled, parfilé.
Purveans, prévoyance.
Pynoun, pignon.
Refreyde, refroidir.
Rescaille, racaille.
Rescous, rescousse. Roignous, rogneux.
Sauf, sauf.
Savete, sécurité.
Seker, sur.
Semblable, semblable.
Soudit, soudé.
Soulfre, soufre.
Spicerye, épicerie, épices.
Spitous, méchant.
Spousail, épousailles.
Sucre, sucre, sucré.
Sukkenye, souquenille.
Tentyf, attentif.
Ûndigne, indigne.
Unfamouse, non fameux.
Vergere, verger.
Volunte, volonté.
Voluper, capuchon (enveloppeur).
Warice, guérir.
Warnistore, garniture.
Wastel, gâteau.
Wastour, dévastateur.
Werre, guerre.
Wympel, guimpe, etc. *.
V . le Glossaire des œuvres de Chaucer (édit.Rich. Morris), I, p. 255 et suiv.
THB KINQ'S KNOLISH
%o Mots restés un usage.
abominable.
beauty^
cloister.
accept.
benigu.
comfort.
accident.
besiegc.
commcnd.
accord.
bible.
commission.
acquaint.
blaine.
common.
add.
blanch.
Company.
advance.
blanc-mange.
compass.
advantage.
boil.
compassion.
advocate.
bounty.
complain.
adventure.
caitiff.
complexion.
adverse.
cape.
concludo.
affection.
carpenter.
condition .
air.
carriago.
confound.
alas.
carry.
confusion.
aUy.
case.
conjoin.
amend.
castle.
conquest.
amiable.
cattle.
conscience.
appear
cause.
considcr.
appetite.
certain.
contagion.
array.
certes.
content.
art.
celcstlal.
contrary.
ascendant.
cbambor.
converl.
assay.
champion .
cook.
assemble.
chance.
cope.
assent.
change.
cordial.
assize.
charity.
corônation.
audience.
charm.
correct.
auditor.
chaste.
counsel.
authentic.
cheer.
countenance.
avaunt.
chief.
counterfeit.
azuré.
chivalry.
country.
balance.
chivalrous.
courage.
banish.
circuit.
course.
baptise.
circumstance.
court.
battle.
City.
courtesy.
bcast.
clear.
courteous.
450 ÉTUDE SUR LA LANGUE ANaLAISB AU XIV* SIÈCLE
covenant.
diligence.
famé.
cover.
discover.
feast.
covercliief.
discreet.
felicity.
crealor.
disdain.
felony.
créature.
dislodge.
fierce.
credence.
disport.
figure.
crime.
distress.
firmament
crowu.
divers.
flower.
cruel.
divinity.
foUy.
cure.
division.
fool.
custom.
doctor.
force.
dainties.
double.
forest.
damn.
doubt.
form.
dance.
dress.
fortune.
danger.
ease.
fratemity.
debate.
effect.
fruit.
debonair.
élément.
gay.
déclare.
emprise.
gênerai.
defence.
encbantment.
gentle.
degree.
en dite.
geometry.
delight.
endure.
glorious.
demand.
engender.
gluttony.
départ.
ensample.
govern.
describe.
envenom.
grâce.
description.
envy.
grant.
désert.
errant.
grieve.
deserve.
escape.
guide.
désire.
escbewe.
guile.
despise.
estate.
guUet.
despite.
eternal.
harbour.
destiny.
excellence.
harness.
destruction.
exchange.
haste.
de terminale.
excuse.
haunt.
devise.
expound.
honest.
dévotion.
face.
horrible.
devour.
faculty.
host.
diet.
fail.
hour.
différence.
faith.
humble.
digestible.
false.
humour.
THE KINO'S ENGLISH
idol.
martyr.
orison.
image.
mass.
ostler.
incense.
master*
pace.
incline.
matter.
pain.
increase.
measure.
paint.
infernal.
méat.
pair.
innocence.
médiation.
pale.
instrument.
melody.
parliament.
intellect.
memory.
parocbial.
intent.
mercenary.
party.
ivory.
merchant.
pass.
jailor.
mercy.
passion.
j angle.
merit.
patent.
jeopardy.
message.
patient.
jewel.
minister.
patron.
jocund.
miracle.
peace.
join.
mirror.
penance.
joUy.
mischief.
people.
journey.
mistress.
peradventure
joy-
moist.
perfect.
judge.
monster.
perpétuai.
justice.
moral.
persévère.
language.
mortal.
person.
large.
name.
perverse.
legend.
natural.
pestilence.
litter.
nicety.
philosophy.
lily.
noble.
physician.
lineage.
note.
piteous.
luxury.
notify.
place.
madam.
nourishing.
plain.
magie.
nurse.
planet.
magnanimity.
obstacle.
please.
magnificence.
obstinate.
plenteous.
malady.
office.
poignant.
malice.
opinion.
point.
manner.
oppress.
pomp.
mansion.
ordain.
poor.
mantle.
organ.
pope.
marriage.
original.
port.
possible.
rent.
solace.
poueb.
repent.
sort.
pound.
report.
souuding.
pourtray.
rêquest.
space.
powder.
respite.
spécial.
practisc.
restore.
spend.
pray.
révérence.
spouse.
preach.
robe.
squire.
préface.
rose.
stable.
prefect.
rote.
stately.
présence.
route.
story.
pride.
royal.
strait.
prince.
rude.
study.
principal.
sacrifice.
substance.
prison.
saint.
sublilly.
privily.
salvation.
sufifer.
prize.
sanguine.
suffice.
proceed.
sapience.
superfluity
proffer.
sauce.
supper.
promise.
save.
table.
prove.
savour.
talent. >^
purcbase.
school.
taste.
pure.
science.
tavern.
purge.
season.
tempest.
quaint.
second.
tent.
quanti ty.
secure.
term.
question.
sentence.
tbeatre.
quit.
sergeant.
tormentor.
ransom.
servant.
tower.
reason.
session.
traitor.
receive.
siège.
translation
recommend.
sign.
travail.
record.
similitude.
treason.
refuse.
simple.
tributary.
région.
sir.
turn.
release.
skirmisb.
tyranny.
remedy.
sober.
usage.
remission.
sojourn.
vain.
renown.
solemn.
vanisb.
THE KINQ'S BNGLISH 453
victual.
virtuous.
villany.
visit, etc. *
Virgin.
virtue.
vary.
very.
vice, victory.
XXXII. Maintenant que nous avons une idée de la nature et de l'importance des emprunts faits par Chaucer à la langue française, examinons comment tous ces néologismes s'adaptèrent, sous sa plume, au cadre fourni par la grammaire anglaise :
!• Substantif. Tous les noms anglo-saxons, terminés par une voyelle, avaient fondu ces terminaisons sonores en un e final uniforme, prononcé ou élidé selon les besoins du vers *. Cet e se trouve souvent absorbé, chez Chaucer et chez les écrivains de son école, par y ou w; parfois aussi il est transposé par l'effet des liquides l ou r.
Ile broughte my lady to tbe queene.
(Chaiicer's Dream^ 836.)
As Ihat thin herôorw chaungeth low and heighe.
(The Frankeleynes taie, 307.)
The throsWi-cock maad eek lay.
(The taie oftir Thopas, 58.)
Dans les noms français. Te final est toujours conservé, s'il est accentué ; s'il ne l'est pas, il est parfois élidé pour satisfaire aux exigences de la mesure.
Pacienctf is an heigh Yeviue ceriejn,
(The Franheleynes taie, 45.)
* D'après Earle, The philol, of the EngL lanff., p. 81.
* Voir les recherches de prof. Francis Child, dans les Mémoires de V Académie américaine, vol. VIII, p. 445-502, 3 juin 1862 ; et vol. IX, p.265- 314, 9 janvier 186G.
By sein^^ Mar^ / sayde this taveraer.
(The pardoneres taie, 223.)
Ces mots adoptent aussi la terminaison du génitif saxon qui est es ou, plus rarement, is :
Aiid chris/w blessed body thay to-rente.
(^0 ptrd. tak, 247.)
Which were me yeve by the -popes hond.
(The pard. taie, 460.)
^ By Goddii digneté, er it be nigbt !
(The pardoneres taie, 239.)
Mais parfois cette terminaison disparaît complètement, et nous avons alors simplement la forme du génitif français signalée plus haut * .
In bope to stonden in bis laefy gface.
(The prologue y 88.)
For Holy cbirc^^ ^ood moot be despendid on boly ckirche blood tbat is descendid.
(The reeves taie, 6i*)
Le pluriel est généralement caractérisé par la terminaison es (les terminaisons us et is sont des variétés dialectales) : Gower, en particulier, n'ajoute souvent que s.
As olde hook.es maken mencioun.
(Tht maUHcipléi taU^ 3*)
La terminaison en est un reste assez rare du pluriel en an de la première déclinaison anglo-saxonne.
*■ Voir page 122 (en son père verger).
THB KING'S ENOLISH 455
And thus shal Troie tome to Sisshen dede.
[Troylui and Cri/seyd$^ 91.)
Thou saist that ass^^, oxen and houndes .
(The prol. of the wyf of Bathe, 285. j
Les pluriels irréguliers, formés par le changement dé la voyelle (tooth, teeth; mouse, mice; man, men, etc.) qui existent encore dans la langue moderne, se retrouvent aussi dans Gower et Chaucer.
Les pluriels des noms français suivent naturellement la règle générale. Nous devons pourtant signaler certaines traces des formes françaises, comme celles-ci :
Goth, bringetli forth the y^Bsealx, quod he.
[Th$ monkes tak, 205.)
For withoute moving any ^aas.
(Chaucer's dr$am, 51 S.)
2*^ Adjectifs. La plupart des adjectifs d'origine saxonne se terminent en e :
And sayd, « o deere housbond, benedicite.
(The ¥Dyf of Etalas taie, 231.)
And whan that Pluto Batigh this f^rete wrong.
(The mareh. taie, 1110.)
Cette dernière trace de flexion a déjà disparu, surtout au pluriel, dans les adjectifs polysyllabiques. Cependant plusieurs adjectifs français s'accordent encore avec les substantifs qu'ils qualifient :
And eek in other T^ldiCes delitad^^.
(The FranheUynes taie, 171.)
Many ben the way^s espiritu^to that. . ,
{The persones taie, p. 204-3.)
Les degrés de signiâcâtion sont déjà comme dans l'anglais moderne :
Mother of norture, best beloved of aile And fress^^5^ flour. . .
[A goodly ballade^ 1.)
Les pronoms demeurent exclusivement saxons; ils ont déjà la forme moderne, sauf quelques différences orthographiques *.
3<> Verbes :