‹ Étude sur la langue anglaise au xive siècleChapitre 27 sur 51 · IMPARFAIT · texte numérisé non relu

IMPARFAIT

1"*° personne s. . ede, de, te.

2® id est.

3« id

1"*® personne pi.

2« id

3« id

ede, ed, de, te.

Le présent et l'imparfait du subjonctif se terminent uniformément en e, au singulier; en en ou e, au pluriel.

L'impératif présente beaucoup d'irrégularités. L'a du singulier de l'impératif anglo-saxon devient e ou disparaît. Le pluriel se termine en eth, parfois en th, parfois aussi il se confond avec le singulier.

L'infinitif conserve encore une terminaison dans la plupart des cas; c'est en ou e (angl.-sax.-aw^* Chaucer le réduit quelquefois à sa simplicité moderne. Gower supprime assez souvent le préfixe to, marque de l'infinitif, probablement à cause de la forme française.

Le participe passé irrégulier se termine en en, avec le

^ Nous rencontrons par exemple, tho pour those; thilke pour that.

THB KINa'S BNQLISH 457

préfixe y (a-s. gé); Gower supprime souvent ce préfixe trop saxon pour lui; Chaucer n'hésite pas à en faire usage même avec les verbes français. L'n de la terminaison du participe disparaît parfois. Le participe passé des verbes réguliers a déjà sa forme moderne.

Le participe présent se termine en yng; mais il rime souvent avec l'infinitif, ce qui prouve qu'il se formait aussi en yngë ou que l'infinitif avait perdu sa terminaison.

Withinne the temple he wente him forth pleyinge.

(Troylus and Cryseyde^ 267.)

On rencontre pourtant encore les vieilles formes en and:

There is fui many an eyghe and many an eere.

AwQ.y tand on a lord, and he not where.

{Tke sompnoures taîe, 352.)

Com lep^nt^ in, and chased out the f^ere.

(Thê sompnourêt taU, 457.)

Gower préfère la forme en ende * . Les verbes français reçoivent aussi ces terminaisons.

Signalons, en passant, une particularité très remarquable. Le verbe to he adopte l'auxiliaire to hâve pour former ses temps composés, à l'exemple du français. Les langues germaniques, ainsi que la plupart des langues romanes, font usage de l'auxiliaire être lui-môme.

At morlal bataUles hadde he b^n fiftene.

(The prologue, 61.)

This ilko worthi knight hadde hen also.

[The prologue^ 64.)

* Dialecte du centre.

Les verbes défectifs conservent encore certaines formes tombées depuis en désuétude. Voici les principales :

Can. — Ind. pr. s., Can, canst ; pi. connen, connQ^ konne, Qoonê, can.

Passé, s., couthe, cowthe, cowde; pi., couthem.

Infin. Conne.

Part. p. Couth, coud.

Dar. -^ Prés, s., dar, darst; pi., dare, dar, dor.

Passé, s., dorste, dursest ; pi., dorsle, durste. May. — Pr. s., may, mow, maist ; pi., mowe, mow, may, mowen.

Passé, s., mighte, mîght, mihte; pi., mighten, might.

Infinitif. Mow.

Mot. -^ Prés, s., mot, moot, must, most; pi., moten, mote, mot.

Passé, s., muste, moste, mostë ; pi., musten, mosten, moste.

Infinitif. Mote.

Owe. — Prés. Oweth (3® personne).

Passé, s., ought, aughte, aught ; pi., oughten, oughte. Schal. — Prés, s., schal, schalt; pi., schullen, schuln, schul, schal, sul.

Passé, s., scholde, schulde.

Will. — Prés, s., wil, wol, wole, wille, wilt, wolt, wole, woll; pi., woln, wol, wil, woUe, woll.

Passé, s., wolde, woldë, wold.

Infin. Wile, woUë.

Part. p. Wolde.

Wot. — Prés, s., wot, wost ; pi., witen, weten, wite, wote, wot, woot, wooten.

Passé, s., wiste.

Inf. witen, wite.

Part. pr. witynge.

Part, passé, wist.

Remarquons, en outre, des verbes impersonnels, empruntés au français, qui ont disparu de la langue moderne :

Eim faites serve himself that bas na swayn.

(The reeves taie, 107.)

THE KING'S BNQLISH

That on her wo, ne deyneth kim not to think.

(Quene Ânelydaf 184.)

Signalons enfin les verbes négatifs :

To be. •— Nam (I am not), nys, nere.

To Jiave. — Nath (he hath not), nadde, nad.

WiU. — Nylle (will not), nyl, noUe.

Wot. — Nat (know not), not. noot, nyste, nyston.

4« Adverbes et particules. — Les adverbes conservent généralement la terminaison anglo-saxonne. Plusieurs particules, de terminaisons variées en anglo-saxon, prennent chez Chaucer, e, es, ou s. (Agens, amonges, syns, togideres).

Il résulte de cet examen que ce qui reste des anciennes flexions dans l'idiome chaucerien est représenté, presque exclusivement, par la voyelle e, dont le son indécis les protège seul contre une disparition prochaine et nécessaire. Il en résulte, en outre, que si le fond de la langue demeure saxon, la substance en est devenue en grande partie firançaîse.

Plusieurs écrivains ont essayé de faire l'évaluation exacte des mots ftrançais qui ont trouvé place dans le vocabulaire anglais. Il semble, au premier abord, qu'un travail de ce genre ne soit pas de nature à exciter les passions. Il a pourtant donné des résultats si visiblement empreints de mauvaise foi, qu'il est impossible de leur reconnaître la moindre autorité. Hickes *, par exemple, affirme que les neuf dixièmes au moins des mots anglais sont d'origine saxonne, et il base cette affirmation sur ce fait peu probant que l'oraison dominicale ne contient que trois mots empruntés au latin ou au français.

^ Hickes, Grammaire angUhSiUKmne.

On pourrait aisément démontrer, par le môme procédé, que la langue anglaise ne contient pas un seul mot d'origine classique ; car il ne manque pas de passages formés de mots exclusivement saxons.

Sharon Turner * a étendu le champ de ses observations ; il a choisi, dans la Bible, dans les œuvres de Shakspeare, Milton, Cowley, Thompson, Addison, Locke, Pope et Young, des morceaux plus ou moins longs, formant un total de 1492 mots. Dans ce nombre, il n'en a trouvé que 296 d'origine étrangère, et il en conclut que les quatre cinquièmes de l'anglais sont saxons. En Allemagne, Meidinger, dans son dictionnaire comparatif des langues teutogothiques (p. 578), a suivi un système analogue, et il est arrivé à un résultat tout aussi défectueux.

Il n'est pas besoin d'insister pour montrer combien le choix des morceaux peut influer sur la démonstration qu'on prétend en faire sortir. Certaines pensées ne sauraient s'accommoder, en effet, d'expressions abstraites et littéraires presque toujours dérivées des langues classiques. D'un autre côté, les mots essentiels (déterminatifs, auxiliaires, particules) qui se reproduisent nécessairement dans toutes les phrases, sont tous saxons ; il n'est donc pas juste de chercher dans des passages détachés de textes choisis, si multipliés qu'ils soient, l'importance des deux éléments qui constituent la langue anglaise. Le choix des auteurs et le choix des passages décident seuls du résultat.

Puisqu'il s'agit du nombre des mots, ouvrons un dictionnaire et comptons. M. Thommerel * a fait ce travail sur le dictionnaire de Robertson, contrôlé au moyen des dictionnaires de Webster, Bosworth et Meidinger. Voici quel a été le résultat de ses patientes recherches :

* Sh. Turner, Hist. of the angl.-sax., I, p. 3, appendice i.

* Thommerel, Recherches sur l'anglo-sawon^ p. 91.

THB KINO'S ENaLISU 464

Total teutonique 13,259

Total romain 29,758

Total celtique et incertain. 355

Total général 43,3*72

L'anglais doit donc plus des deux tiers de ses mots aux langues classiques. Le tiers teutonique est, il est vrai, par sa nature môme, d'un usage plus fréquent et plus général que les deux autres.

Nous n'hésitons pas à ajouter que les deux éléments de l'idiome que nous venons d'étudier y sont déjà dans les mômes proportions que dans la langue moderne ; car, s'il est vrai de dire que le progrès des sciences a introduit dans l'anglais actuel un grand nombre de termes empruntés au grec et au latin, il n'est pas moins juste de rappeler qu'un nombre considérable de vocables vieux-français, signalés dans Chaucer, n'existent plus dans l'anglais du xix« siècle.

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