‹ Étude sur la langue anglaise au xive siècleChapitre 8 sur 51 · MORT D'ARTHUR · texte numérisé non relu

MORT D'ARTHUR

Mîne than worden, Ther com of se wenden, That wes an sceort bat lithen, Sceouen mid vthen :

Avec ces paroles, Arrive venant du côté de la mer, Ce qui était un petit bateau, Se mouvant avec les vagues.

^ Cité par Oliphant, Old and middle Sngl. p. 168.

* Vers 28602 et suivants. Cités par Barle d'après le ms., p. 48.

And twa wimmen Iherinne, Wunderliche idihte :

And heo nomen Arthur anan, And aneouste hlne uercden, And softe hine adun leiden, And fopth gunnen hino lithen.

Tha wes hit iwurthen, That Merlin seide whiien ; That weore unimete care,

0£ Arthures forth fare.

Bruttes ileueth zcte, That he beo on liue, And wunnie in Aualun Mid fairest aire aluen :

And lokieth euerc Bruttes zete, Whan Arthur cume lithen.

Et deux femmes étaient dedans De merveilleuse forme ; Et elles prirent Arthur aussitôt, Et immédiatement remportèrent Et doucement le déposèrent Et s'éloignèrent avec lui en mer.

Alors fut accompli Ce que Merlin dit jadis :

Qu*il y aurait des soins extraor-

[dinaires Au départ d'Arthur.

Les Bretons croient toujours Qu'il est en vie, Et habite à Avalon Avec la plus belle de toutes les

[fées.

Et les Bretons attendent toujours Qu'Arthur revienne par mer.

Layamon est un véritable littérateur, et nous trouvons chez lui la forme la plus épurée du dialecte du Wessex. M. Earle signale môme dans son style une certaine recherche des formes archaïques * et des traces trop accusées des vieilles règles grammaticales. M. Freeman, qui déclare que le Brut de Layamon est une trahison contre la langue et Vhistoîre de sa race^ n'en reconnaît pas moins sa valeur littéraire*. Quoi qu'il en soit, nous n'y retrouvons plus toutes les élégances transpositives de la langue d'Alfred ; les mots y gardent un ordre logique, alors môme que les prérogatives de la poésie pourraient les autoriser à s'en

* Earle, ThephiloL of ihâ Sngl, tongu9, p. 47.

* • It was treason against the tongue and history of his race for Layamon to translate the Brut into English. AU traces of national feeling must h%ye gone from the heart of the man who could waste so many good Wèris of English speech upon the silly taies of Brute and Arthur >, Fiwman, The Nom, cQnguttt, V, p. 5P?,

DIALBCTBS DU YIBIL ANGLAIS

écarter, mais son vocabulaire est encore pur de tout mélange normand *.

L'Ormw^wm, postérieur au J5rwf d'environ dix ans, est surtout remarquable par son orthographe. L'auteur, un certain Ormin ou Orm (d'où le nom du poème) eut la précoce idée d'établir l'accord entre la représentation écrite des mots de son dialecte et leur prononciation.Son procédé, qui a laissé des traces jusque dans l'orthographe moderne, consistait à redoubler la consonne après toute voyelle brève. Il en donne lui-même l'explication :

And whase wilenn shall this boc eflft otherr sithe writenn himm bidde icc that heH writo.

[rihht Swa summ this boc him tœ-

[cbethth And tbatt be loke well tbatt be An bocstafif write twiggess eggwbœr Ibœr ist uppo thiss boc iss writenn o tbatt wisp.

Loke weU tbatt be't write swa, for be ne magg nobbt eliess on Ennglissb writenn ribbt te

fword tbat wito be well to sotbe *.

Et quiconque se décidera de ce

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