‹ Étude sur la langue des Essais de Michel de Montaigne, présentée à la Faculté des lettres de LundChapitre 5 sur 14 · II. Du Substantif · texte numérisé non relu

II. Du Substantif

Certains substantifs, qui sont aujourd'hui du genre masculin, étaient féminins du temps de Montaigne, tandis que des noms, aujourd'hui féminins, étaient masculins, et quelques-uns tantôt masculins, tantôt féminins. Ainsi l'on trouve ce grand affaire et pour ces affaires particulières, ce debte, un grand dot, par cet étude, un exemple, un image, une mensonge, te mensonge, cette traficquc, ce vidange, cette heur. — Les formes féminines en - érice, - eresse, - esque étaient plus nombreuses qu'aujourd'hui.

Quant aux deux cas d'autrefois, il n'en reste plus de trace dans Montaigne, si ce n'est dans l'ellipse de la

préposition qui a lieu dans l'expression si Dieu plaist (également dans RABELAIS). De est supprimé après rien et que.

Ex. 11 n'est rien si contraire 1, 20. Que peut on imaginer plus vilain. II, 18.

Pour le génitif dans le bourg Sainct Pierre, l'ordre Sairict Michel, la langue moderne offre aussi des exemples de ce genre. Le rapport de l'objet possédé au possesseur» rendu aujourd'hui par la préposition de, s'exprime parfois dans MONTAIGNE par la préposition à. Nous disons encore la barque à Caron, Je denier à Dieu etc.

Ex. La liberté à ehascun de dissiper une parole. 1, 56.

Le bon vieillard Rasias, surnommé pour l'honneur de sa vertu le Père aux Juifs. II, 12.

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