‹ Étude Sur La Lèpre Tuberculeuse Ou Éléphantiasis Des GrecsChapitre 10 sur 20 · RUE · texte numérisé non relu

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intacts, les travées vasculaires, qui tiennent si peu de place à l’état normal, sont ici très-développées et remplies de globules rouges et blancs du sang.

Ce développement exagéré de circulation a compromis en tous sens les cellules dont les travées sont considérablement amincies. Autour des cellules chargées de graisse et malgré le gonflement de ces cellules, on retrouve dans tous les points des trainées de capillaires contenant des globules blancs et rouges.

En résumé, les lésions de foie sont de deux ordres :

1° Congestion générale de l'organe, tenant sous sa dépendance la cirrhose du foie ;

2° Surcharge adipeuse des cellules hépatiques.

Dans la rate il y avait une augmentation de volume des glomérules de Malpighi ; la surface externe était indemne de tubercules. Les auteurs, dans certains cas, en ont fait mention.

Le pancréas est presque toujours normal.

Quant aux glandes mésentériques, on les a toujours trouvées hypertrophiées; leur augmentation de volume tient sans doute aux ulcérations qui se développent à la surface de la muqueuse intestinale et en particulier sur les plaques de Pevyer.

Le péritoine et les épiploons n'offraient aucune altération de couleur ni de consistance chez notre malade, mais Danielsen et Bæck y ont quelquefois vu des tubercules: rien n'était respecté, et on les trouvait surtous les organes de la cavité splanchnique.

Dans la lèpre, les capsules surré 1ales et les reins sont presque toujours altérés. Ces derniers portent la trace de néphrites chroniques.

Chez notre malade, il y avait, par points, des traces de néphrite parenchymateuse et on apercevait l’épithélium flotter dans la cavité par suite d’une très-légère desquamation épithéliale.

C'est ce qui expliquerait pourquoi les urines étaient, à certains moment, si troubles et si chargées en cellules épithéliales et pourquoi on a constaté de l’albumine.

Pour nous rendre compte du mouvement d'irritation qui caractérise les transformations de la lèpre, nousavons examiné comparativement la peau d’un chien, au niveau d’une incision pratiquée quelques jours auparavant.

Au lieu d'un processus, à marche régulière, des couches superficielles aux couches profondes de la peau, nousavons observé presque tout le contraire. Dans toute l'épaisseur de la peau qui intéresse l’épiderme, le derme, le tissu souscutanéetquelquesfibres musculaires (comme on

peut le voir figure 14),

on retrouve bien les

cellules de nouvelle formation; mais elles sont

très-rares dans le derme ABC quira conservé ses fibres élastiques et

conjonctives. Au contraire, c'est au milieu

des vésicules adipeuses D, autour des faisceaux

musculaires F, que le

mouvement inflammatoire a son point de dé-

= FER parthmcestmdansisces

Fig. 14. points que le tissu de néo-formation s'organise par le processus bien connu, dans lequel les parois des vésicules adipeuses et les travées qui séparent leurs groupes, deviennent le siége d’une prolifération embryonnaire abondante. De plus, dans cette inflammation artificielle, le rôle des vaisseaux est loin d’avoir l'importance qu'il a dans la lèpre. La paroi

AT Poor des vaisseaux est peut-être là encore le premier siége de la prolifération. Mais, sauf l'épaississement de la paroi, les Vaisseaux sont peu nombreux; on n'observe ni ces dilatations, ni ces flexuosités, ni ces affaissements, ni cesinjections pseudo-sanguines, ni enfin cette régularité de prolifération péri-vasculaire que nous avons signalés précédemment.

De cette étude, on peut conclure que la marche d'irritation dans la lèpre est d’abord superficielle, puis profonde ; que les vaisseaux, pour une raison ou pour une autre (dans laquelle le système nerveux doit avoir une large part), jouent un rôle capital dans la genèse de cette maladie,

Nous ne pouvons que rapporter ce qui a été dit par les médecins suédois, sur les altérations de la moelle et de ses enveloppes ; jusqu'à présent elles n’ont pas été reconnues par d'autres observateurs.

Ces auteurs auraient trouvé une raréfaction des cellules ganglionnaires de la substance grise et une varicosité des filets nerveux primitifs, surtout dans les points sclérosés.

Parfois la substance de la moelle épinière a paru injectée et avoir acquis une consistance et une ténacité tout à fait anormales ; enfin on l’a vue perdre son volumeet s'atrophier au point de devenir grosse comme un crayon, Lesaltérations ont toujours été plus prononcées à l'égard des régions cervicale et lombaire.

On a remarqué aussi que les membranes, et en particulier le tissu séreux sous-arachnoïdien, étaient le siége d'une exsudation albumineuse du côté de la face postérieure de la moelle, avec prolongements sur les racines postérieures des nerfs, mais rarement sur la partie antérieure de la moelle.

Dans le crâne, on a trouvé aussi ces exsudations, particulièrement au point d'origine des 5°, G, 7e et 8° paires de nerfs. «

Le ganglion de Gasser aurait particulièrement attiré

l'attention des observateurs, à cause de ses altérationsauxquelles on a voulu faire jouer un rôle dans l’anesthésie du visage. C'était, comme dans la moelle, une exsudation séroalbumineuse épaisse et opaque, ayant collé ensemble les filets nerveux du ganglion.

Toutes les recherches ont été entreprises à une époque où l'anatomie pathologique de la moelle et de ses enveloppes était loin d’être aussi avancée qu’elle est aujourd’hui ; par conséquent il faut attendre que de nouvelles observations aient corroboré celles de Danielsen et Bœck, pour décider la part qu'il faut imputer au cerveau et à la moelle dans la série des accidents de la lèpre.

Chez notre malade, malgré la plus minutieuse attention, nous n'avons rien trouvé qui méritât d’être signalé. Les méninges étaient normales, sans plaques laiteuses et sans adhérence.Lecerveau,examinécouche par couche, possédait la dureté et l'aspect ordinaires, La moelle était saine, les racines rachidiennes étaient d'un beau blanc et sans trace d'épaississement des méninges à leur niveau.

Les veines spinales postérieures n'offraient pas cette dilatation et cette varicosité mentionnées dans certains cas par les auteurs, ainsi que le dépôt albuminoïde que l'on a constaté sur la membrane arachnoïdienne. En un mot, à l'œil nu, les centres nerveux, y compris les ganglions du grand sympathique, étaient parfaitement sains.

Seuls les sciatiques étaient épaissis, mais ne présentaient pas de tumeurs ou de tuméfactions sur leur trajet; nous avons vu ce que l'examen microscopique avait fait découvrir de particulier dans leur texture.

Voies circulatoires. — Chez le malade que nous avons examiné, le cœur n'offrait rien d’anormal. Mais souvent la surface externe porte des plaques laiteuses ou des adhérences avec le feuillet pariétal, dues à des endocardites

anciennes.

Les fibres musculaires ont paru dans certains cas subir un commencement de dégénérescence graisseuse.

Les cavités et les orifices n’offrent rien qui mérite de fixer notre attention ; mais elles peuvent accidentellement être le siége d’altérations valvulaires.se traduisant pendant la vie par les symptômes qui leur sont propres, et qui n'ont aucune liaison directe avec la lèpre.

Les ganglions lymphatiques du voisinage, à une période avancée de la maladie, s’hypertrophient et prennent une consistance plus molle,

Nous avons parlé des altérations des capillaires de la peau, des nerfs et de l'intestin qui sont de même nature, et consistent en un épaississement des parois; nous n'y reviendrons donc pas, mais nous ne pouvons quitter ce chapitre sans parler brièvement des altérations du sang et des hypothèses qui ont été émises par les auteurs.

Onestloin d’être fixé sur la nature deladyscrasie du sang. Il est bien évident qu'une maladie qui retentit aussi profondément que la lèpre sur le système cutané, doit entraver ses fonctions d'exhalation et modifier la composition du fluide sanguin; attendu que les produits excrémentitiels, ne pouvant plus s’éliminer par la peau, doivent forcément s’accumuler dans le sang pour suivre une autre voie d’excrétion, principalement celle du rein, qui est tout à fait insuffisante,

Nos observations personnelles ne nous permettent pas de dire quels sont les éléments qui prédominent dans le sang, car l'analyse n’en a pas été faite.

Je serais porté à croire que l’altération du sang ne survient que consécutivement à celle de la peau. On a prétendu qu'il y avait une augmentation des albuminates, que le sérum y était en trop faible quantité, et que cet excès d'albumine serait la cause des productions albuminoïdes que Danielsen et Bœck ont signalées sur les méninges, nous n'avons pas été à même de l’observer. La fibrine peut aussi être en excès.

M. Bautmy a trouvé, dans une analyse qu’il a faite du sang d'un lépreux, une augmentation énorme dans la quantité de graisse qui s'élevait à 5,064 p. 1000. L'hématine était aussi en abondance chez ce lépreux (11,428 p. 4000)

Par ces données, on voit que, chez les malades, les substances thermogènes et dynamogènes ne sont pas suffisamment brûlées dans les capillaires de la peau, d’où leur accumulation dans le sang; on conçoit donc le rôle que peut jouer la mauvaise alimentation chez un individu possédant une prédisposition héréditaire et soumis à des influences atmosphériques fâcheuses.

Il y a une relation intime entre la composition du sang et l'intégrité des vaisseaux capillaires ; en effet, le système nerveux tient sous sa dépendance l'élément musculaire des vaisseaux : donc il peut, en permettant ou en empéchant l’afflux d’une certaine quantité de liquide nourricier, avoir une influence sur la nutrition et la dénutrition des tissus, par conséquent sur la composition du sang. |

On a dit aussi que l’albumine et la fibrine en excès dans le sang diminuaient quand la poussée tuberculeuse avait eu lieu; il faut attendre de nouvelles analyses pour se pro-

noncer catégoriquement.

CELAP FEREMNVT,

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