RUE
L'intestin est rarement malade chez les lépreux ; ce n’est guère que vers vers la fin de la maladie, qu'on nt des troubles notables dans les fonctions du tube digestif.
Nous avons cependant pu constater que l’analogie était des plus grandes entre les lésions de la peau et celles de l'intestin.
On peut voir d’après les planches 12 et 13, qui ont été dessinées d’après une préparation microscopique, que c’est la muqueuse qui présente les altéra-
tions les plus avancées et que le
début a lieu dans la couche
superficielle à la base des pa-
pilles en C.
La couche sous-muqueuse ne se prend que consécutive- Fig. 12, ment.
La figure 13 montre que les points les plus éloignés de la muqueuse sont intacts : ce qui est remarquable dans le cas actuel, c’est la prolifération dans la couche musculaire, circulaire et longitudinale : cette prolifération peut avoir
lieu avant même que la muqueuse re soit prise, comme on! peut s’en assurer sur la figure 12.
Dans les deux préparations
que nous avons examinées, nous aVONS pu nous rendre compte de l'épaisseurconsidérable qu'avait acquis le tissu cellulaire sousmuqueux, de l’énorme volume des vaisseaux, en un mot dé l’'analogiequiexisteentreces destructions et celles de la peau.
La figure 13 représente la coupe de l'intestin au niveau
d'une ulcération, On remarque que la muqueuse A est envahie dans toute son épaisseur par le produit de nouvelle formation qui s'étend jusqu'à une partie du tissu sous-muqueux B. C'est à peine si l’on voit encore à la surface interne quelques rares villosités plus ou moins déformées.
Ces altérations, analogues à celles de la peau, sont le résultat de la prolifération périvasculaire qui entraîne une destruction et une nécrose moléculaires de toute la muqueuse, dont les glandessont prises consécutivement,etsubissent le même sort.
Les ulcérations de l'intestin peuvent se développer sur les glandes de Peyer et se cicatriser ou perforer la membrane intestinale. On a noté dans certains cas que la surface externe de l'estomac et de tout l'intestin était comme tapissée d'un grand nombre de tubercules de diverses grandeurs, avec adhérence des intestins entre eux. Ces altérations ne surviennent qu'autant que la maladie a régné longtemps sur la peau et a causé des ravages considérables.
Annexes du tube digestif.— Le foie a pu présenter des tubercules sur sa face extérne, ainsi que des traces de péritonite ancienne. Nous allons rapporter ce que nous avons vu chez notre malade, dont le foie n’offrait rien de particulier à l'extérieur, tandis que l'examen microscopique démontrait que ses cellules étaient en dégénérescence graisseuse, comme on l’a presque toujours constaté dans les examens sérieux qui ont été faits. De plus, autour de la gaîne des gros vaisseaux, on voyait une prolifération embryonnaire assez abondante ; cette prolifération se poursuit à peine dans les lobules; il y a donc un léger degré de cirrhose localisée autour des vaisseaux d’un fort calibre. À part ces lésions de nutrition, il existe, dans toute l'étendue de l’organe, une congestion qui se traduit différemment autour des groupes de cellules encore conservées, ou près des cellules adipeuses.
Dansle voisinage des faisceaux de tissu cellulaire encore