‹ Étude Sur La Lèpre Tuberculeuse Ou Éléphantiasis Des GrecsChapitre 6 sur 20 · ARE · texte numérisé non relu

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qui présente de très-bonne heure à la circonférence un cercle blanchâtre, analogue au cercle sénile des vieillards; plus tard, elle finit par perdre son brillant et son poli, pour s'ulcérer et amener la fonte de l'œil.

L'iris, dont la nutrition est si intimement liée à celle de la conjonctive, est fréquemment le siége d’iritis qui n’a pas une marche aiguë et n’entraîne pas les douleurs si violentes de l’iritis rhumatismal, par exemple.

Dans ce cas, l'iris perd sa coloration normale et la pupille se déforme très-vite. Il arrive quelquefois que de petits tubercules gagnent non-seulement l'iris, par propagation de la conjonctive à la cornée, mais encore se développent directement sur cette membrane, qui prend une teinte jaune, grise, sale; la pupille devient immobile et le malade perd la vue.

Les troubles du cristallin et de l'humeur vitrée ne surviennent que lorsque la maladie est très-avancée et ne sont pas encore assez bien connus pour que nous puissions en tracer un tableau fidèle ; néanmoins, dans certains cas, on a observé : que l’œil était rempli par une exsudation albumino-fibrineuse et que le fond présentait une légère suffusion exsudative sous-rétinienne.

Dans certaines circonstances, les lésions oculaires peuvent avoir une marche rapide et déterminer des douleurs lancinantes extrêmement vives, qui ne laissent aucun repos au malade. La fonte de l’œil soulage celui-ci ou du moins met un terme à ses douleurs.

À l'examen ophthalmoscopique, on n’a trouvé, jusqu’à présent, quand les troubles de la vue n'étaient pas trèsaccusés, qu'un peu de congestion des vaisseaux de la papille normale etune légère dépigmentation dela choroïde.

Nous avons insisté, dans notre chapitre de la symptomatologie, sur la déformation des organes protecteurs du globe oculaire; il est un point dont nous n’avons pas parlé et qui est le suivant : c'est que l’on voit survenir un ectro-

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pion, quand les tubercules sont devenus volumineux ou quand il s’est développé des ulcérations sur l’une ou l’autre paupière. On conçoit, dès lors, les conséquences qui peuvent résulter de ces occlusions imparfaites du globe oculaire.

Les glandes de Meibomius, irritées par le voisinage des tubercules, donnent naissance à une sécrétion plus abondante qui agglutine les cils.

Le toucher est gravement compromis par les altérations et les perversions de sensibilité, comme nous avons eu l’occasion de le démontrer. Il est clair que ce sens ne peut s'exercer à la suite des mutilations qui se rencontrent dans la forme dite lepra mutilans.

Les différentes manifestations de la syphilis peuvent se développer en même temps que les accidents de la lèpre; mais nous n'entrerons pas dans les détails, car le diagnostic sera facile à établir, surtout depuis les études approfondies qui ont été faites dans ces dernières années sur les manifestations cutanées de la vérole.

Les observations montrent que la blennorrhagie peut être contractée par les lépreux.

Le D' Brassac rapporte, dans l’intéressant mémoire qu'il a publié dans les Archives de médecine navale, des exemples d’éléphantiasis des Barbades, ayant précédé ou accompagné la lèpre; dans ce chapitre, il dit aussi que le piaw peut la compliquer; mais ces cas sont rares et ne se rencontrent guère que dans les pays étrangers.

Des phlegmasies viscérales surviennent parfois chez ces malades ; car on a constaté des affections du foie, de la rate, mais particulièrement des néphrites. On comprend que la peau fonctionnant mal, les reins qui suppléent à cet organe doivent avoir une activité plus grande, par conséquent, une tendance à l’inflammation, et si l’on joint à ces causes une dyscrasie du sang, on pourra facilement se rendre compte de tous ces désordres.

Le rhumatisme articulaire aigu se trouve mentionné

dans les auteurs, de même que les arthrites mono-articulaires. Les genoux, les articulations des phalanges sont des lieux de prédilection pour ces manifestations. Notre observation (5) en est un exemple. La femme qui fut l’objet de cette observation avait un empâtement de tout le genou droit ; les mouvements de flexion et d'extension étaient difficiles et douloureux, et en cherchant la fluctuation on la trouvait manifestement.

Ces arthropathies n’offrent dans leur marche aucun phénomène saillant ; elles durent longtemps et se terminent le plus habituellement par ankylose. D'autres fois, l'inflammation s'étend aux ligaments et à la peau, et le membre se détache, comme cela s’observe pour les doigts.

La gale se montre chez le lépreux, dont la peau fine et recouverte de squames offre les meilleures conditions au développement de l’acarus scabiei, qui trouve un abri protecteur sous les croûtes des ulcères. On ne doit pas en faire une forme spéciale comme le veulent Danielsen et Bœck, ces faits doivent étre simplement attribués à la malpropreté et à la contagion.

L’altération osseuse setraduithabituellementpar des douleurs nocturnes qui ressemblent aux douleurs ostéocopes de la syphilis, puis par un gonflement du périoste ou de l'os lui-même, qui finit par s’enflammer et se nécroser. Il s'établit alors un trajet fistuleux dans la peau, pour amener au dehors les produits de la suppuration et les séquestres.

Si on introduit un stylet dans la fistule, on aura les différentes sensations que l’on est habitué à rencontrer dans l’ostéite ou la nécrose.

Quand ces désordres se produisent aux pieds, on pourrait croire à un mal perforant ; mais le début, la marche de la maladie et la forme du trajet empécheront de commettre l'erreur. En effet, le mal perforant procède de l'extérieur à l’intérieur ; au contraire, dans la lèpre, le trajet fistuleux est consécutif à l’altération osseuse.

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