OBSERVATION PERSONNELLE
Madame M..; 40 ans; mariée, sans enfant.
La malade vient consulter, le 20 décembre 1938, pour des douleurs épigastriques violentes, survenant par crises, sans horaire bien fixé, accompagnées souvent de vomissements, ayant entrainé une alteinte marquée de
l’état général.
Dans les antécédents, on note :
Une pleurésie sérofibrineuse à l’âge de 15 ans, ayant nécessité un an d’alitement.
Une fausse-couche (de trois mois) à l’âge de 25
ans.
En 1923, en parfaite santé, Madame M... part au Tonkin; elle est alors sujette, de temps en temps, à des épisodes d’entérite, diarrhées considérées comme ba-
nales dans ces pays chauds.
En 1927 ces phénomènes intestmaux s’aggravent et s'installent des troubles sévères se manifestant par de: crises de plus en plus violentes. Ces crises se renouvellent de plus en plus fréquemment altérant rapidement l'état général. Au début, elles se répétaient tous les
De
2 à 3 mois, puis tous les mois, durant 8 à 10 jours avec 10 à 15 selles par jour, selles, soit fécaloïdes, luisantes et grasses, soit glaireuses, dysenteriformes, jamais sanglantes, cependant, s’accompagnant quelquefois de douleurs coliques avec sensation de barre épigastrique, rarement d’épreintes et de ténesme. À l'examen microscopique des selles, présence d’une flore microbienne variée, mais on n'a jamais trouvé d’amibes dysentériques. Il semble que ce sont des flagellés intestinaux, du genie trychomonas ou giardia, qu’on pourrait rendre responsables de ces fausses dysenteries appelées localement « Cochinchinette », à moins que l’hypothèse puisse déjà être émise de la possibilité d’une diarrhée grasse d’insuffisance pancréatique.
Pendant 8 ans l’état général de la malade fut altéré par ces épisodes intestinaux qui n’ont pas réagi favorablement aux traitements successifs par le Stovarsol, le bismuth, l’émétine.
En 1936, état de santé satisfaisant, de façon relaive, avec alternatives de diarrhée et de constipation.
En novembre 1936, un matin, après son petit déjeuner, la malade ressent brusquement une douleur extrêmement violente, coup de poignard atroce, d’aboid locahsé dans l’hypocondre droit puis généralisé à tout l'abdomen, n'ayant pas entraîné de syncope; pas de vomissement ni nausée; ballonnement du ventre, sans conracture autant qu'il est possible de le faire préciser; sans arrêt des matières et des gaz. Dans le courant de la nuit apparition d’un ictère franc de la peau et des