PRONOSTIC ET TRAITEMENT
Maintenant que nous connaissons, après l'étude du mécanisme, les conditions anatomiques de la /wratio erecta, il va nous être facile de comprendre et de justifier l'unique méthode de réduction à laquelle ont eu recours tous les auteurs dont nous rapportons les obser- ‘vations. Cette méthode, ainsi que le dit Srimsow, est certainement la meilleure, non seulement parce que dans chaque cas, elle fut couronnée de succès, mais encore parce qu'elle est logique et conforme aux indications anatomiques, +
L'anesthésie, nécessaire dans certains cas, ne fut pas toujours employée, puisque sur 7 observations où le traitement se trouve décrit, il en est 3 où l’anesthésie fut employée, 2 où elle ne le fut pas, 2 autres observations ne précisant pas ce détail.
Notons à ce propos que, chez le malade de VAUGHAN, la réduction'fut peu ou pas douloureuse, quoiqu'il ne fut pas anesthésié, Et il importe, d'autre part, de faire remarquer que la suppression de la douleur n’est pas ici le seul but visé par l’anesthésie, l'abolition de la contraction musculaire n'étant pas moins importante à obtenir, puisque dans deux cas, ceux de Grécormk et de
Macrownazp, la réduction, tentée d’abord sans anesthésie, fut impossible, tandis qu’elle se produisit aussitôt et presque d'elle-même, dès que l’anesthésie fut obtenue.
Quant à la manœuvre même de la réduction, elle comporte deux facteurs : d’une part, la traction opérée dans la direction prise par le bras, de façon à déclancher la tète humérale de dessous la partie inférieure de la glène ; d'autre part, en pressions exercées sur la tête humérale, cherchant à la diriger vers sa glène, et à lui faire prendre au retour le chemin suivant lequel elle s'était échappes
La traction opérée sur le bras sera faite par un aide qui empoignera celui-ci un peu au-dessus du coude ; elle sera dirigée, soit directement en haut, soit Le plus souvent en haut et en dehors, suivant la direction même du bras luxé. Pendant ce temps, le chirurgien lui-même, cherchant la tête humérale dans l’aisselle, la repoussera en haut vers sa glène.
On connaîtra que la luxation est réduite quand, comme dans l'observation de Gréaore, « un déclanchement se produira, suivi d'un bruit sourd de claquement », et, quand, d'autre part, les mouvements passifs de l’articulation seront redevenus possibles.
Comme soins consécutifs, il sera bon d'immobiliser le bras pendant plusieurs jours : 8 jours (GréaorRe), 10 jours (Osensacu), 3 semaines (Junp). Cette immobilisation sera assurée par un bandage de Velpeau ou une écharpe de Mayor bien appliqués.
Puis, certains auteurs, comme Osengacu, permettent aussitôt au malade de reprendre ses occupations, [1 nous