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semble préférable de ne lui faire récupérer que peu à peu’ ses mouvements. Ce fut là la pratique de Grécorre, qui, pendant 15 jours, soumit son malade à des massages et à des mouvements passifs de l’articulation, après quoi.il pouvait quitter l'hôpital avec l'intégrité complète de ses mouvements,
Ju», de son côté. soumit son malade à un traitement plus rigoureux ; après ses trois semaines d’immobilité complète du bras, il commenca seulement les mouvements de rotation et une légère abduction, qui, jusqu’à la 4° semaine, ne dépassa pas un angle de 30 degrés, Ce n'est qu’à là 6° semaine que Jun considéra son malade comme guéri : il avait recouvré l’usage complet de son articulation, dont tous les mouvements étaient parfaits.
L'exposé de ces différents cas nous permet de supposer, étant donné le petit nombre de cas que nous avons pu réunir, que le pronostic de la luxatio erécta est des plus favorables, En eflet, les complications sont très rares ; la réduction très facile,au moins sous anesthésique ; la durée de l’incapacité très restreinte,puisque dans le cas de Jupp seulement elle atteint six semaines, alors que dans tous les autres cas cette durée est bien inférieure. C'est enfin la guérison absolue avec intégrité des mouvements qui vient rendre ce pronostic encore plus favorable; et nous avouons que ce dernier point nous paraît merveilleux et presque inexplicable, quand nous nous reportons à nos expériences cadavériques et aux lésions que nous avons décrites comme nécessaires à la production de la /uxatio erecta.
Ogservarion [| (/nédite)
Due à l’obligeance de M. GRÉGOIRE
Luxatio erecta de l’épaul: gauche.
G. B. est un homme de 38 ans, peintre en bâtiments, qui entra à Lariboisière, dans le service de notre maître le Docteur Picqué, pour un traumatisme de l'épaule, le 13 avril
Cet homme jouit d’une parfaite santé, et, hors quelques affections banales de l’enfance, ne se rappelle pas avoir jamais été malade. Il a deux frères, également robustes ; et sa femme, comme ses enfants, sont d’une très bonne constitution.
Or, le 12 avril 1908, cethomme était monté sur l’extrême pointe d'une haute échelle et s’apprétait à peindre, quand, tout à coup, il sentit les pieds de l'échelle glisser sur le sol. Le sommet de l’échellereposait sur une poutre transversale ; au-dessous était le vide. L'homme sentit venir la chute inévitable et d’instinct se baïissa, saisit les deux montants de l'échelle sur le dernier échelon de laquelle il était juché.
L'échelle continua à glisser, quitta la poutre, et voilà notre homme faisant une chute de plusieurs mètres. Comme il avait saisi les montants de l'échelle, il se trouvait par conséquent plié en deux, de sorte qu'il arriva sur le sol tête première, ou pour mieux dire, ilse reçut sur les maïins, les bras dans le prolongement du tronc, ses têtes humérales regardant directement en bas. Ce furent en effet les deux bras qui supportèrent tout l'effort.
Il ressentit alors une douleur extrêmement vive au ni-