‹ Étude sur la lypémanie anxieuseChapitre 19 sur 24 · LD · texte numérisé non relu

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ment compte de son état mental ; il l'analyse dans son langage et dans de courtes notes qu’il nous a remises, avec une acuité remarquable.

Antécédents pathologiques. — Mère et oncle maternel morts d'une maladie de cœur. Il a deux sœurs dont l'une, son ainée, est paralysée depuis deux ans.

Alors qu'il faisait ses études dans un lycée en qualité d'interne, il à eu plusieurs fois « le spleen », le regret douloureux de la famille ; ce malaise moral allait jusqu'aux larmes et jusqu’à l'incapacité de tout travail. Quoique ne manquant ni de gaîté ni d’entrain, et nullement misanthrope, il a toujours été d'une sensibilité excessive, ressentant douloureusement les mauvaises paroles et les méchants procédés, et trouvant au contraire «un charme infini» — c’est son expression — dans les relations de franche camaraderie ou de bonne amitié ; un mot aimable, une appréciation flatteuse ou seulement juste, un service reçu le transportait de joie. La disparition d'un neveu qu’il adorait, qui marchait à ses côtés à l’armée de la Loire, et dont il n’a pu retrouver la trace pendant et après la guerre, lui a laissé un chagrin inconsolable ; c'est toujours avec une véritable angoisse que sa pensée s'est reportée vers cet événement. :

A l’âge de 15 ans est survenue l’ostéo-arthrite tuberculeuse dont j'ai noté la trace.

Au lycée, et jusque dans un âge avancé, pratiques solitaires (masturbation), malgré un penchant normal pour les femmes. | Lars |

En 1871, à la suite des fatigues et des privations endurées à l’armée de la Loire, catarrhe bronchique qui a duré dix ans, revenant chaque hiver et disparaissant à

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la belle saison. Durant l'hiver de 1894-95, atteinte d'influenza avec complication pulmonaire.

Maladie actuelle, — Les premiers troubles cérébraux semblent remonter à quatre ou cinq ans. M. X. n'était plus le même : ilne voyait plus les choses comme avant ; il attachait de l'importance à des événements minimes ; il se sentait moins disposé à rechercher ses amis, plus enclin à la solitude. Mais il déclare que le vrai début du mal doit ètre rapporté à l’influenza. C’est à la suite de cette maladie infectieuse qu'aurait éclaté l'anxiété, la souffrance morale qui estle fond de l’état mental,

Cette douleur est constante, paroxystique ; elle n’a point d'objet, ou plutôt tout sert à l’alimenter.

Le malheureux n'a point de répit : pendant ses repas, au cours de ses occupations ordinaires, au milieu de la partie de cartes quotidienne qu'il fait avec deux ou trois amis fidèles, durant nos conversations, il souffre. « Mon « mal n’est pas ou n’est plus une maladie, écrit-il. C'est « un état provenant de l’usure du cerveau et de l'usure. « du corps. Get état a un fond : la plus noire mélanco-

«lie, délire sans fièvre qui me torture. La mélancolie,

« née avec moi, entretenue par toutes les circonstances « de ma vie, irritée par tout ce que dans le mauvais lieu « où je vis, isolé et inoccupé, je pense, vois, touche, re- « grette, jalouse et appréhende, s'est exaltée dans la « conscience que j'ai de mon état, de ma déchéance et « de mon désastre. Elle s’appelle aujourd’hui le déses-

«poir ». Ailleurs voici comment il s'exprime encore :

« Le cerveau s’épuise, les nerfs crient dans un travail « sans fin, occupé sans cesse à contempler et à analyser

-« montriste état. » Etil ajoute : « c’est comme une mas-

« turbation continuelle ».

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