AO LS
renaissance factice, un grand nombre de genülshommes ne dépassaient jamais le grade d’é6cuyer, et négligeaient de recevoir l’ordre de chevalerie. |
C’est un fait établi par les édits et décrets qui régissent l’ancienne noblesse, et qui disent, chose curieuse, qu’un chevalier ou écuyer peut être plus noble qu'un marquis, qu'un comte, etc.
En effet, ces titres, qui étaient réservés à la possession d’une terre féodale, pouvaient être donnés au chevalier ou à l’écuyer, qui, avec sa noblesse personnelle, se trouvait en position d'être lui-même marquis de tel domaine, comte de tel autre.
Tandis que bien des gens, fils de pères traitants ou financiers plus ou moins riches, se sont trouvés porteurs des titres précités, achetés le plus souvent par leurs pères, et enregistrés avec une merveilleuse exactitude à la Chambre des comptes et aux parlements.
Il paraît donc impossible de les regarder comme aussi nobles que le simple écuyer qui tient son titre depuis plusieurs générations par le fait des services militaires de ses ancêtres.
On distingua la noblesse en deux catégories, divisées chacune en trois classes.
La première catégorie, la haute noblesse, comprenait :
SU AU ES 1° Les princes; 2 Les ducs, comtes, vicomtes et barons; 3° Les simples chevaliers.
La seconde catégorie était formée :
1° Des chevaliers-bannerets, qui avaient le droit de porter bannière et devaient soudoyer cinquante hommes d'armes;
20 Des bacheliers, qui étaient des chevaliers nayant pas assez de biens pour lever bannière et qui servaient sous celle d'autrui;
3° De l’écuyer proprement dit, qui portait l’écu du chevalier.
Le titre de noble ne fut pas autrefois donné indistinctement à tout ce qui avait droit à la noblesse; les grands vassaux seuls, tels que les comtes de Flandres, de Champagne, avaient le droit de le porter.
Les ducs de Bretagne ne s’intitulaient -que nobles hommes, et les princesses nobles femmes.
Ce fut la nature des proprietés, leur importance, qui réglèrent à cette époque la subordination des rangs, l'état des personnes.
Les fiefs furent établis, après la conquête des Germains, mais pas sur toutes les terres; cependant, 1l n’y avait pas de fiefs proprement dits chez les Germains, parce que les princes n'avaient pas de terres à donner; les fiefs, à bien prendre, étaient des chevaux de bataille, des armes, etc.
Il est question des fiefs dans le Capitulaire de 153 (CaLuze, art. 10, p. 544).
Les /eudes ou fidèles (appelés comites par Tacite), hommes sous la foi du roi, les leudes , disons-nous, possédèrent des biens qui furent appelés des biens fiscaux, des bénéfices, des honneurs ou des fiefs, selon les différentes époques.
Ce fut sous la première race que presque toute la propriété devint féodale ; des tonds de terre, des portions de domaine, des gouvernements même furent conférés à titre de fiefs.
La noblesse était cependant indépendante du titre. |
Les titres, dans l’origine, étaient attachés aux fiefs ou terres nobles érigées par le souverain aux différents titres, et qu'il concédait, à la charge de foi et hommage d’une part, et de protection de l'autre.
Les fiefs étaient personnels et révocables sous Charlemagne (GréGoire DE Tours, Liv. vis et 1x, chap. 38); il en est aussi question dans l’édit de Clotaire de 615, Liv. 11, art..16; ils ne devinrent héréditaires que sous Charles-le-Chauve.
La noblesse jouissait seule du privilège exclusif de posséder des fiefs.
Sous Hugues-Capet, les grands vassaux, les grands feudataires, investis de la jouissance de leurs terres par les descendants de Charle-