‹ Étude sur la noblesseChapitre 7 sur 11 · D, QUE · texte numérisé non relu

D, QUE

faire inscrire au Catalogue de la noblesse française; nous ne le pensons pas: elle agirait ainsi contrairement à ses intérêtsles plusréels; plusque jamais elle doit désirer et accepter avec le plus vif empressement toutes les mesures qui peuvent et doivent la relever à ses propres yeux, lui rendre la considération à laquelle elle a tant de titres, et que les évènements, les usurpations lui ont fait perdre.

Ceux-là seuls parmi ses membres se refuseraient à l’exécution de la mesure, qui ne pourraient justifier toutes leurs prétentions; mais les vrais nobles et les porteurs de titres bien justifiés s'empresseraient, nous n’en doutons pas, de réclamer l'inscription; toute autre conduite pourrait dans l'avenir amener pour eux les plus oraves, les plus fâcheuses conséquences.

On fera, nous le répétons, un peu de bruit... moins toutefois qu'on ne le croit généralement; la partie saine de la population, surtout dans les départements, verra paraître avec satisfaction la loi nouvelle, qui mettra à néant tant de sottes et ridicules prétentions, et le bon sens public fermera l'oreille aux criailleries des parvenus orgueilleux, des usurpateurs éconduits et des ambitieux.

Tous ont, au surplus, prouvé d’une manière péremptoire, par leurs discours, leur conduite, qu’ils accordaient à la noblesse son mérite réel;

LS les premiers en l’acceptant, les seconds en l’usurpant, les derniers, en lui donnant dans les actes de mariage une grande valeur, puisqu'ils recherchent les gentilshommes fitrés, vrais ou faux, souvent sans fortune, pour avoir la satisfaction d’appeler leurs filles madame la comtesse, madame la vicomtesse, etc., etc.

Une chose digne de remarque, c’est que la noblesse ait pu résister à tous les abus dont elle a été le prétexte, à toutes les attaques dirigées contre elle.

« Tout le monde en veut, disait dernièrement un homme d'esprit, il faut donc qu'elle ait quelque chose de bien bon. »

Un célèbre jurisconsulte allemand du xvr siècle, en comparant l'accroissement de la noblesse au développement de la vie humaine, disait :

« Qu'elle acquérait la puberté dans les en- «fants, l'adolescence dans les petits-fils, et la « maturité dans les arrière-petits-fils. C'était, « suivant lui, la troisième génération qui puri- « fiait entièrement le sang et la race. »

L'Empereur Napoléon I‘, issu d’une race noble inscrite au Livre d’or de la noblesse italienne, était nouvellement entré dans la grande famille des souverains de l'Europe. Malgré l’auréole de gloire qui entourait son nom, malgré la puissance de ses armes, il sentait ce qui lui

are manquait encore, et il prononçait ces mémorables paroles :

« Que ne suis-je mon petit-fils ! »

Cette déclaration du plus grand génie des temps modernes est un argument puissant en faveur de l’excellence de la noblesse.

L'Empereur Napoléon IIT veut la régénérer,

lui rendre une partie de son ancienne splendeur. Ses nobles et généreuses intentions seront approuvées par tous les esprits sérieux et éclairés.

La loi nouvelle fera disparaître à jamais les démarcations, les rivalités qui existaient entre les anciens nobles.et les nouveaux ; elle les réunira en une seule et même famille.

La noblesse ne jouissant plus de privilèges qui indisposeraient contre elle, sa mission n’en sera que plus élevée; une fois épurée, relevée aux yeux de tous, elie n’aurait plus qu’une prérogative digne d'elle, celle de donner l’exemple d'une vie honorable, dévouée à tous les vrais intérêts de l’Empire.

EL

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